‹ Sur la fréquence de l'évolution maligne des kystes de l'ovaireChapitre 10 sur 28 · STATISTIQUES · texte numérisé non relu

STATISTIQUES

Nous avons consulté un assez grand nombre de tableaux statistiques publiés par divers chirurgiens français ou étrangers sur les résultats opératoires des kystes de l'ovaire.

Malheureusement la plupart de ces tableaux donnent surtout les résultats opératoires immédiats, alors que les résultats thérapeutiques nous importent seuls. Aussi avons-nous dû en éliminer la plus grande partie et nous borner à en examiner trois seulement.

Le premier de ces tableaux nous a été très obligeamment fourni par notre maître le docteur Cerné qui a également mis tous ses documents à notre disposition, et a quidé nos recherches de sa savante expérience.

Le second, du docteur Barrette de Caen, a été publié dans l’année médicale de Caen de 1895.

Enfin le troisième, du professeur Terrier, est l’ensemble des huit séries qui ont été successivement publiées dans la Revue de chirurgie de 1882 à 1891.

Dans ces diverses statistiques, nous avous noté, le nombre de cas opérés, le nombre de cas déclarés

malins au moment de l'intervention et enfin le nombre de récidives constatées.

ag —

air = : : :

Comparons-les dans le petit tableau ci-dessous.

RE Rene

| Nombre de cas déclarés malins Récidives Res Nombre | au moment de l'intervention .

| J Re — 7 sum) SANS de ua généralisations l'opérateur | . M AVEC , , Sans post-

| OPeres \généralisations|généralisations opératoires

| ou greffes ni greffes

ES | Pen | Cm EEs

Cerne tr 23 9 3 10 Barrette... 25 2 2 Terrier... 200 3 | 13 10

La plus simple de ces statistiques est celle de Barrette de Caen. Sur 25 cas, deux sont déclarés présenter des caractères de malignité au moment de l’intervention et tous deux récidivent.

À remarquer toutefois que ni l’un ni l’autre des deux cas ne présentait déjà de généralisation au moment de lintervention et qu’on eût été en droit de porter un pronostic assez favorable.

Dans la statistique du D' Cerné, sur 12 cas ayant présenté des caractères de malignité au moment de l'intervention, nous en notons 10 comme récidives certaines.

Sur ces dix, 7 sont mortes des suites constatées de généralisation, 3 autres malades sont parties n’ayant subi qu’une laparotomie exploratrice; elles n’ont pas été revues, mais leur malheureux sort ne peut être mis en doute.

Deux seules, et ce sont les malades des deux dernières observations, peuvent être comptées comme

quéries, mais sous toutes réserves croyons-nous. Car à

la lecture de ces deux obsérvations, malgré le relèvement rapide qui a suivi l'opération, on a tout lieu de craindre une récidive. Ces malades ne sont pas encore revenues voir le D° -Cerné, malgré ses conseils, et il n’est parvenu aucune nouvelle à leur sujet.

Leur guérison s’est-elle maintenue ?

Dans les hôpitaux de province, nombre de malades viennent des campagnes avoisinantes et il est souvent difficile de les revoir.

Un point également à remarquer c’est que toutes les récidivés ou généralisations se sont produites dans des cas présentant des caractères ‘de malignité au moment de l'intervention. On a cependant publié des cas de kystes de l’ovaire paraissant bénins au moment de l'intervention el ayant récidivé: Et cette récidive peut se produire très tardivement. Audry.cite le cas d’une récidive au bout de huit ans.

Et somme toute, siles kystes de l'ovaire, même d’allures bénignes, peuvent ‘aussi être assimilés à des épithéliomas, ce sont alors des épithéliomas bien enkystés, sans envahissement ganglionnaire .et présentant les plus grandes chances de quérison.

Mais comparons le pourcentage de nos trois statis-

tiques.

Crete 00: SU/U BANC ESS 8 0/0 Terrier: 2 5 0/0

Comment expliquer cet écart de 30, 3 à 8 et 5 ?

La fréquence plus grande du cancer en Normandie

qui a été signalée, pourrait créer dans cette région des circonstances particulièremént féfastes à l’évolu- Uon des kystes de Povaire. Mais alors la statistique de Barrette de Caen devrait donner aussi un pourcentage élevé,

Il est vrai que pour ce dernier nous wavons pu consulter qu’une seule série de ses interventions ; une autre série sérait peut-être moins favorable ?

L’enséemble des cas du D' Cerné, bien que formant un total relativement peu nombreux, est fourni par son service de clinique clirurÿicale de l’Hôtel-Dieu de Rouen, depuis plusieurs années. Et ‘de parti pris M. Cerné a opéré tous les cas qui se sont présentés à lui. Aussi cet ensemble de cas non choisis offre-t-1l plus d'importance qu’une série isolée.

Car il doit se trouver un assez grand nombre de kystes dégénérés non opérés, pour lesquels le chirurgien n’a pas voulu courir les risques d’une intervention non curative. Et cependant, comme on le verra plus loin dans les observations du D' Cerné, la laparotomie exploratrice, convenablement pratiquée, n'offre aucun danger et présente presque toujours des avantages. Aucune malade de M. Cerné n’a succombé des suites de la laparotomie exploratrice. Et cette exploration permet parfois de pratiquer une opération complète qui n’était pas jugée possible.

Si cette opération complète n’est pas possible, le chirurgien a tout fait dans l’intérêt de sa malade et

possède alors la certitude de sa malheureuse impuis-

sance»

La laparotomie, qui reste purement exploratrice, est à peu près constamment suivie d’une amélioration de quelque temps.

Naturellement le chirargien doit être très circonspect sur la conduite qu’il doit tenir après l’incision de la paroi, lorsqu'il s’est rendu compte de l’état des choses. Si la tumeur a largement envahi les organes avoisinants, il ne devra pas tenter une extirpation qui ne pourrait pas être complète et exposerait à de graves dangers d’hémorrhagies qui ne pourraient être enriyées, ou à de nombreuses déchéances intéressant

d'importants organes.

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