‹ Sur la fréquence de l'évolution maligne des kystes de l'ovaireChapitre 4 sur 28 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Ce n’est quère qu’au xvu° siècle, peu après la découverte de R. de Graaf (1677), que fut publié le premier travail sur l’hydropisie enkystée de l’ovaire (Th. Scharkopff. De hydropse ovarir, 1685).

Et il faut arriver en 1828 pour entendre Delpech de Montpellier formuler le premier, grâce à la pratique de lovariotomie, encore rare en France à cette époque, l’idée d’une analogie entre le cancer et les kystes de l’ovaire.

Mais cette opinion ne fut pas admise par les chirurgiens de l’école anglaise (Clay, Hutchinson, Spencer, Wells) qui continuèrent à considérer les kystes de l'ovaire comme des tumeurs d’une bénignité absolue.

Lorsqu'une récidive venait à se produire, c'était qu’ils avaient eu bel et bien affaire à un cancer dont la généralisation, inaperçue par eux, était déjà commencée au moment de l’opération.

Quant aux vrais kystes de l'ovaire, ils ne pouvaient donner lieu à de semblables complications.

Toute malade opérée et remise des suites de son opération devait être considérée comme complètement

hors de danger.

Qi.

Mais les ovariotomies se multipliant, il devint évident que, non seulement on constatait des récidives après l’ablation de simples kystes de l'ovaire, mais encore des généralisations et des métastases.

En 1874, le professeur Panas publie dans ce sens une observation typique.

Et en 1884 Bourguelle dans sa thèse inauguraie dit encore :

La dégénérescence cancéreuse a été quelquefois constatée à la suite de l’ovariotomie ; les cas cités sont relativement peu nombreux (2 0/0) ; cette dégénérescence ne nous paraît pas être le résultat de la structure du kyste, mais bien de la diathèse cancéreuse générale, qui peut avoir déjà produit au moment de l’opération des néoformations difficiles à diagnostiquer ».

Bientôt les travaux tendant à démontrer la fréquence de la malignité des kystes de l’ovaire se succèdent.

Poupinel, dans sa thèse inaugurale, en réunit 116 cas. Cohn, de Berlin, peut publier un travail sur 100 observations de dégénérescence, empruntées à la statistique seule de Schrôüder, chiffre colossal dont nous n’avons pas d’autre exemple.

Puis vient la thèse de Hadjès, apportant encore de nouveaux éléments. Et depuis s’il n’a pas été publié de nouveaux travaux d’ensemble, les observations isolées sont nombreuses.

Mais après cette période qui a suivi les découvertes de Malassez et de Sinéty, le calme est revenu. Et depuis quelques années la question est un peu restée en suspens, à tort nous semble-t-il. Car elle est loin d’être

résolue et les cliniciens, comme nous le disions plus plus haut, ont quelque tendance à revenir vers cette ancienne opinion, que les kystes de l'ovaire sont des tumeurs bénignes.

Et nous trouvons, dans la dernière édition du grand Traité de chirurgie publié sous la direction de MM. Duplay et Reclus, la phrase suivante :

« Les kystes de l’ovaire sont en effet dans la majorité des cas, des tumeurs de nature bénigne et la qué-

rison que donne leur ablation est définitive ».

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