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AVERTISSEMENT IM

des haies en fleurs, qui leur était plus que le Tibre et le mont Palatin.

Nos paysans sont leurs fils, fils éclatants sous des noms obscurs. Ils sont Latins. Quand le temps eut criblé Vapport du conquérant : lois, mœurs, langue, arts et jeux; quand les Légions inquiètes regagnèrent Rome pour toujours, et que la Gaule annonçant la France lut tout assimilé et tout façonné au fur et à mesure suivant son génie, il resta comme fruit significatif et dernier de culture, d'indélébile enseignement, la traiition agricole. Dès lors, les premiers, nos paysans eurent le souci d'une terre travaillée, aménagée, ordonnée, que Von possède pour la faire lever, pour en tirer profit et honneur certes, mais de même pour la joie seule de sa possession et des biens moraux quelle procure. Je veux dire la stabilité quelle engendre, la liberté quelle assure, la sagesse quelle conseille, la figure de participant à la vie lointaine et successive des êtres et des choses quelle donne enfin. Et rien na pu détourner le paysan de ce sillon quil a pris. Rien na rompu le charme au cours des siècles. Les fléaux du ciel, les calamités venues des hommes, les stérilités et les famines, les

dévastations et les tueries n'ont fait qu'attiser sa passion pour la terre qu'on coulait lui arracher ou qui périssait, et toujours, jalousement, furieusement, il Va défendue motte à motte, il a fait tête et boulé hors V étranger, du pont de Bouvines au ravin de Verdun... On ne force pas un cœur d'homme appuyé à son foyer!...

Les autres pays nont pas connu pareille association de la terre et de V homme dans une lutte millénaire pour la vie. Lutte par les armes, par V argent, par le labeur, par le sacrifice. Ils nont pas connu noîi plus pareille information mutuelle. Ils ne sont pas sortis Vun de Vautre comme chez nous, engendrés selon un type unique, qui, sur le relief du sol et sur la face humaine, reproduit comme un même coup de pouce, comme un dessin donné.

...Ailleurs, V amalgame est plein d'alliage. On a subi des invasions sans les rejeter, on a croisé les sangs. On a juxtaposé des peuples, de force incorporé des races. Ceux-ci ont souffert l'esclavage, et ceux-là la dispersion, et /< s mélanges qu'ils comportent. Et ces derniers, tard venus dans la famille humaine, bien que résolus et impérieux, pour ainsi dire, se font des os de toute substance...

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