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ÉVOLUTION. PRONOSTIC

Quelque temps après la guérison apparente d’un léger taumatisme cornéen (cette période de tranquillité, très variable, est assez souvent comprise entre 10 jours et 2 mois, rarement plus courte elle peut se prolonger jusqu’à plusieurs années) la malade, car il s’agit généralement d’une femme jeune, ressent un matin, au réveil, une douleur d’une violence extrême, en ouvrant les paupières (cet horaire est tout à fait caractéristique). Elle a l'impression qu’une pointe d’aiguille frotte sur l'œil, ou que ses paupières sont écorchées intérieurement. Souvent la douleur reste localisée au segment antérieur, mais elle peut aussi irradier aux paupières et au territoire du nerf sus-orbitaire. Pendant quelques secondes ou quelques minutes, il lui est impossible d'ouvrir ni de mouvoir les yeux, puis un flot de larmes s'écoule et assez brusquement tout redevient normal. L'ensemble ne dure généralement que 2 à 3 minutes, rarement un quart d'heure.

D’habitude la malade ne vient pas consulter pour cette première crise, car la cessation rapide des

phénomènes douloureux lui fait croire qu'un corps

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étranger s’est éliminé spontanément. Cependant, dans les mêmes conditions, le lendemain, ou après un intervalle de quelques jours ou de quelques semaines, dont rien ne peut faire prévoir la durée, une crise identique se produit et de nombreuses autres suivent, irrégulièrement espacées.

Habituellement cet état, fait de périodes inégales de calme ‘absolu, coupées de crises aiguës, a tendance à se prolonger extrêmement longtemps. De nombreux auteurs citent des cas durant depuis 5 à 10 ans et nous résumons plus loin une observation de Vogt où cette désespérante affection persistait depuis 16 ans. Cependant il est certain que des cas bénins évoluent spontanément vers la guérison ; les crises s’atténuent peu à peu, s'espacent et finissent par disparaître.

Les complications sont tout à fait exceptionnelles ; mais, quand il se produit des érosions répétées à courts intervalles, il peut arriver qu'un état chronique d’irritation produise une infiltration parenchymateuse ou que l'infection, gagnant les tissus voisins par la porte d'entrée épithéliale constamment ouverte, provoque kératite, hypopion et iritis (Hansen Grut, Jensen, Szili). D’autres fois l'érosion ne se cicatrise pas et Szilia pu en suivre une durant 2 mois, sans qu'il y ait d’ailleurs eu de crise douloureuse pendant cette période ; ce sont les cas où l’épithélium décollé sur les bords de la perte de substance s’enroule sur lui-même en parchemin.

Enfin, on à signalé quelques cas d’épanchements

hématiques dans les bulles. Sauf dans les cas tres rares où il y a infection, le pronostic visuel est toujours bon; le pronostic de durée étant subordonné au traitement et aux réactions individuelles aux premiers essais thérapeutiques.

Quand la malade, comme c’est fréquent, ne ressent aucune gêne au moment de la consultation, l'examen de la cornée à l'éclairage oblique, même après l’instillation de fluorescéine, peut être absoment négatif. Le miroitement de l'épithélium est parfait et l’on ne peut déceler la plus petite opacité. Il n'y a alors que deux procédés permettant d’asseoir le diagnostic sur une constatation objective :

Le premier, recommandé par Szili (assez précieux, quoique moins constant qu'il ne le prétende) consiste à se servir du miroir plan comme pour la skiascopie avec une lumière très faible ; dans ces conditions, la pupille, au lieu de prendre une teint: uniforme, a un aspect granité, comme si la cornée était couverte de poussières très fines, ou présente des nuages irréguliers. Ce signe est d'autant plus important qu'il a été constaté certaines fois avant les crises.

L'autre procédé est l'examen à la lampe à fente. Nous en reparlerons plus loin.

Quand il persiste une sensation de cuisson ou de simple gêne après la crise, les lésions sont plus facilemeut visibles : on constate, certaines fois, un très petit pli en arc de cercle, généralement à convexité inférieure, (aspect que pourrait prendre une bulle

entièrement vidée) et, d’autres fois, une véritabie

bulle, souvent assez grande, mais flasque et aplatie, ou encore un petit groupe de bulles peu remplies. Dans ces cas la fluorescéine ne prend pas.

Si l’épithélium malade s’est déchiré, on peut voir, soit une fente linéaire comme une cassure, soit une large érosion correspondant au territoire de la bulle initiale et l'épreuve de la fluorescéine peut alors grandement faciliter les recherches.

Dans toutes ces variétés la cornée est hyperesthésique ; mais il n’existe le plus souvent pas de photophchie (sauf quand il y a érosion) et les malades peuvent être facilement examinés.

Il arrive qu'on puisse provoquer une crise douloureuse en déplaçant la paupière, assez fortement appuyée, sur la cornée. Ce sont les cas où l’on voit un petit pli épithélial changer de place par cette manœuvre et celle-ci montre bien l’absence d’adhé. rence entre le parenchyme et l’épithélium. Hansen Grut l’avait déjà remarqué et faisait de cette constatation un des plus sûrs élémenis de diagnostic : « Sans exception, dit-il, que Ja bulle soit entière ou non, en attaquant la cornée à l’endroit malade avec une pince à iris, on peut retirer l’épithélium en couche entière ou par fragments. La perte de substance toujours considérable atteint parfois la moitié de la cornée ; mais, le plus souvent, seulement un tiers ». Un peu plus tard Jensen note que même dans les cas où on ne trouve pas de bulle on peut, à la pince, enlever l’'épithélium en lambeaux cohérents,

plus ou moins grands, laissant voir à leur place une

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