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lacune à bords escarpés, mais qu'il arrive parfois que le patient, en se frottant les yeux, provoque lui: même cette érosion ». La grandeur des lambeaux, pas plus que la forme de l'érosion résultant de leur enlèvement, n’est en rapport avec la gravité de la maladie. Il y a des cas où il ne reste qu’un petit feston épithélial marginal intact, d’autres où c’est un ilot central et il arrive que ce soit sur le même œil, au cours de deux récidives successives.
Plusieurs auteurs, dont Horner et Cauvin, disent avoir trouvé une hypotension manifeste dans les
heures qui suivent la crise. Ceci est contesté par le
plus grand nombre ; mais il est en tout cas certain
qu'on n'a jamais constaté d'hypertension.
On ne voit jamais de signes généraux ni pendant les crises, ni dans les périodes de calme.
A côté de la kératalgie relativement fréquente que nous venons de décrire, succédant à un léger traumatisme cornéen, il existe une forme rare de kératalgie intermittente, que certains auteurs ont cru tout à fait indépendante, et qu'à notre avis on doit, au contraire étudier en même temps, comme une variété grave de la même affection ; car en examinant de près les observations publiées depuis 60 ans sur ces sujets, on trouve tous les intermédiaires par gradations insensibles et il nous à paru impossible d'établir une séparation nette qui ne soit artificielle.
Des cas très différents de la forme commune ont été étudiés et décrit, par Franke en 1910, Salus
J, Quentin 2
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ën 1922 et Proksch en 1926 et c'est ce qui a poussé ces auteurs à en faire uneentité morbide différente, malgré l'analogie des lésions histologiques et cliniques qu'ils avaient eux-mêmes notée.
Dans ces cas, les malades affirment n'avoir subi aucun traumatisme (soit qu'il n'y en ait effectivement pas eu, soit qu'il ait été si insignifiant qu il n’ait laissé aucun souvenir, ce qui est très possible si l'on admet, comme Jensen et beaucoup d'autres, que le seul fait de se frotter les yeux puisse être une cause suffisante).
Brusquement, un matin au réveil, ils ont, à un œil, une crise douloureuse, exactement sembiable à celle déjà décrite ; exceptionnellement elle peut être bilatérale dès la première fois. En général, c'est au bout de 2 ou 3 jours que le deuxième œil est atteint à son tour. Les récidives alternent ensuite sur les deux yeux et sont habituellement plus fréquentes, plus douloureuses et plus longues encore que dans les kératalgies post-traumatiques.
Les lésions des deux cornées ont assez souvent une symétrie très nette et sont situées un peu au-— dessous du centre. Ce sont des bulles peu ou très gonflées de liquide, parfois assez grandes, toujours très visibles (ce qui est rare dans l’autre forme de kératalgie).
Mais, entre ces formes extrêmes, on pourrait placer un grand nombre d’observations qui feraient une transition graduée ; nous ne citerons que le type dont Hansen Grut avait déjà réuni 8 cas, qui lui
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semblaient d’ailleurs paradoxaux.Il s’agit de malades ayant présenté à un œil une crise kératalgique posttraumatique absolument typique (pour certains il avait constaté l'érosion initiale) et qui, 4 ou 5 jours après, avaient une crise et des lésions identiques à l’autre œil, sans qu'il y ait eu de ce côté le moindre choc ancien ni récent.
Ces différentes formes ne donnent pas plus de complications que la kératalgie post-traumatique, mais le pronostic doit être plus réservé quant à la fréquence et à la durée totale de ia maladie.
Une étude qui n'a pas encore été faite, mais qui donnerait peut-être des résultats intéressants, serait d'examiner systématiquement les deux cornées des malades atteints de kératalgie, car on peut se demander si même dans certains cas banaux la cornée présumée saine ne présente pas aussi quelques lésions discrètes, révélant un début de dégénéres-
cence épithéliale.
Lampe à fente.
Selon le moment où les malades sont examinés par rapport à la dernière crise les lésions sont assez différentes, mais il y a des éléments qu’on retrouve toujours et c’est à la périphérie, dans la zone d'extension du foyer, qu’il faut les chercher. Gallemaerts et Kleefeld ont observé un de ces cas, d’ailleurs assez rares, où l'éclairage oblique révèle une fente
linéaire dans l’épithélium aussitôt après une crise.
«A l'éclairage direct de la région ulcérée, préalablement traitée par une instillation de fluorescéine, on voit une fissure dans l’épithéliun cornéen ; cette brisure ressemble à celle que l’on observe dans la kératite dendritique (épithélium enroulé en parchemin, et infiltration diffuse). Le fond de l’ulcération est probablement constitué par la membrane de Bowmann. Elle se présente sous l'aspect d’une zone parfaitement libre, brillante et complètement anhiste. Son épaisseur ne peut être déterminée, sa transparence est parfaite. On voit admirablement apparaître, un peu en dessous de la membrane, le tissu propre de la cornée, avec ses corpuscules arachnoïdes et sa substance intermédiaire. L'éclairage indirect révèle la nature de l'affection. A l'endroit de la rupture épithéliale, on aperçoit une zone entièrement transparente, limitée par un bord grisätre, de translucidité variant selon les endroits. En s'écartant du foyer ulcéré, on découvre, sous l'épithélium, un nombre considérable de petites bulles microscopiques, de forme plutôt circulaire que polygonale ; la surface de même que les espaces qui les séparent, apparaît assez sombre tandis que le fond est parfaitement transparent. Ces bulles sont les points où l’épithélium va se détacher de la profondeur.
On comprend ainsi aisément la marche de cette affection. La mortification épithéliale n’est pas limitée à l'endroit où s’est produit la rupture, mais les processus de mortification se continuent dans une zone beaucoup plus étendue. |