‹ Sur La Kératalgie Dite TraumatiqueChapitre 18 sur 24 · AO" ES · texte numérisé non relu

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duisent la nuit ou au réveil, c’est parce que, pendant le sommeil, le système neurovégétatif et les fibres lisses ont la prépondérance et que chez ces malades dont le centre vasomoteur est hyperexcitable, la plus faible irritation provoque un réflexe angioneurotique déclenchant la crise. Proksch, qui adopte cette théorie, quelques années plus tard, ajoute que la fermeture des paupières est déjà, par elle-même, une cause favorisante, car leur battement pendant le jour provoquerait un léger massage qui empêcherait l'accumulation du liquide sous et intra-épithélial. Quoi qu'ilen soit de cette dernière hypothèse, la conséquence de la conception pathogénique de Salus estque la douleur doit provoquer le réveil et non survenir immédiatement après. Aussi présentet-il des observations où les malades affirment être réveillés par la crise douloureuse. Mais ses observations, en petit nombre, ne sont pas convaincantes. D'ailleurs il n’est pas souvent facile de faire préciser aux malades la succession chronologique des phénomènes, le réveil, l'ouverture des paupières et la douleur étant le plus souvent presque simultanés. Cependant tous les auteurs qui ont vu un grand nombre de kératalgies sont formels et il semble qu'on puisse en particulier faire confiance à Szili qui, outre des cas observés sur des médecins, a rapporté une auto-observation, extrêmement minutieuse et instructive quant aux symptômes subjectifs. [l raconte qu'après plusieurs crises très douloureuses survenues très nettement à l'ouverture

des paupières, il redoutait tellement les récidives qu'il s'était habitué à rester immobile sans ouvrir les yeux quelques instants après son réveil pour retarder leur apparition ; et à plusieurs reprises, ayant laissé s’écouler ainsi un temps appréciable, la douleur brutale s'était produite exactement en écartant les paupières. D'ailleurs, quand les crises sont assez nombreuses ilest exceptionnel que les malades ne fassent pas eux-mêmes ces constatations etun certain nombre prétendent diminuer la fréquence et surtout l'intensité des douleurs en prenant la précaution d'écarter les paupières de l'œil malade, très doucement avec les doigts.

Ces constatations et l'étude de l'anatomie pathologique ont conduit Szili à expliquer la production de la crise douloureuse par un facteur exclusivement mécanique. La disjonction, qu’on observe pendant toute la durée de la maladie et qui n’est pas douloureuse par elle-même, rend possible un glissement de l’épithélium sur le parenchyme ; or pendant le sommeil la glande lacrymale ne sécrétant plus et la mince couche de larmes ayant toujours tendance à être drainée par les canalicules, il ne reste bientôt plus qu'une infime quantité de liquide entre la conjonctive palpébrale et la cornée et il peut se produire entre elles un phénomène analogue à l’adhérence de deux lames de verre mouillées posées l’une sur l’autre. Si l’adhérence de la conjonctive palpébrale à l’épithélium est supérieure à celle de l'épithé-

lium au tissu propre, il se produira, à l'ouverture

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