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AE LA

tenté de dire que les seuls cas vraiment démonstratifs sont les échecs, mais on peut être tout de même moins absolu et il est admissible de compter comme guérison imputable aux médicaments,non seulement celles qui sont radicales à partir du premier jour de leur emploi, mais aussi celles qui surviennent en quelques jours lorsque la maladie durait depuis plusieurs mois avec des crises fréquentes. Avant de penser à la guérison il faut attendre au moins 6 mois (car dans la très grande majorité des cas les récidives se produisent pendant ce délai). Après ce laps de temps sa probabilité augmente et les cas de récidives après plus d’un an sont très rares.

Von Reuss n’hésitait pas à condamner ses malades à un pansement occlusif légèrement compressif pendant trois semaines, mais ce procédé très gênant ne semble pas plus efficace que les nombreuses pommades couramment employées.

La pommade à la cocaïne dont on se sert très souvent a donné lieu à maintes discussions à cause des altérations épithéliales qu’elle produit, mais ses partisans prétendant que la régénération étant habituellement trop rapide (ce qui favoriserait l'absence d’adhérence) il y aurait intérêt à la ralentir par la cocaïne. Sans qu'il soit démontré que la lenteur de régénération soit un facteur de solidité ils affirment que l’adhérence est meilleure et présentent des cas qui semblent en effet avoir favorablement réagi à la cocaïne.

De plus Salus et Proksch qui pensent que l’afec-

SN. S Se tion vient d'une hyperexcitabilité du centre vaso-moteur difficilement influençable directement, croient que l’action bienfaisante de la cocaïne viendrait de ce qu'elle atténue la sensibilité des terminaisons nerveuses et en même temps leurs réflexes.

En tous cas quoi qu’en ait dit Hansen Grut il est certain qu’elle n’est pas aussi nuisible qu’on pourrait le croire d’après ses eflets sur un épithélium sain.

Les pommades au xéroforme à 2 %, à l’orthoforme à 10 %, à l’iodoforme à 3 % ont été souvent employées et en particulier par Cauvin, Axenfeld, W yler, avec des résultats divers peu concluants, de même que la pommade à l’oxycyanure à 1/ 500 utilisée plus rarement.

Schreiber a vanté l’action de la pommade au rouge écarlate à 5 % qui accélèrerait la néoformation d’épithélium sain mais ses observations n’ont pas été confirmées.

Notons en passant que des injections sous-conjonctivales de cyanure de mercure et des applications de courant électrique tentées par Schroeder n’ont donné aucun résultat.

Le seul traitement médical qui semble, d’après beaucoup d'auteurs, assez supérieur à tous ceux que nous venons de citer est le collyre au nitrate d'argent

à 1 % ou même à 2%.

Parmi les autres procédés, les galvano-cautérisations ou simples chauffages ont donné quelques succès ; mais il faut faire une place à part aux arra-

RAD chements, raclages partiels et raclages complets de l’épithélium qui ont été depuis longtemps essayés.

Nous croyons que si les auteurs qui ont pratiqué l'enlèvement de l’épithélium ont obtenu des résultats si différents c’est qu'ils ne le pratiquaient pas de la même facon : quand on fait l’arrachement à la pince on ne péut prétendre détruire toutes les lésions. Il y a toujours en effet de fines languettes ou de petits üots qui restent adhérents, or nous savons que les altérations cellulaires sont très disséminées et qu’on en trouve souvent dans des zones de tissu normal. Les raclages partiels de même que les excisions de cicatrices pratiquées par Schrœder. et Bronner se heurtent à la même objection et plusieurs observations de Vogt sont démonstratives à cet égard (n* 21, 22 et 24); il note lui-même qu’ « après raclage partiel, même si la lésion semblait circonscrite, les récidives peuvent finalement envahir tout l’épithélium » et Gallemaerts affirme aussi que «le raclage de l'épithélium entrepris comme traitement curatif doit largement dépasser

la zone colorée par la fluorescéine ».

TECHNIQUE DU RACLAGE CORNÉEN TOTAL. — Après anesthésie par instillation de collyre à la cocaïne à 4 % (I gouttes à 5 minutes d'intervalle) on raële avec l'aiguille à corps étranger. Avec une extrême facilité on enlève la presque totalité mais il ne faut pas se borner là et c’est au contraire les parcelles restant adhérentes qu’il faut s’efforcer d’abraser, La

zone marginale est toujours plus diflicile à arracher et on a quelquefois intérêt à employer une très petite curette pour ne laisser qu'un mince feston marginal extrêmement adhérent et où d’ailleurs la lampe à fente ne révèle jamais de lésions. Dans 2 des 4 ou 5 cas où, pour essayer de faire une intervention moins traumatisante on avait enlevé l'épithelium en passant tangentiellement à la surface de la cornée la spatule à réduction de l’iris, il y eut récidive. On doit donc ne pas craindre de gratter assez fortement.

Les malades se plaignent peu habituellement des suites opératoires. Au bout de 48 heures on peut enlever le pansement, la régénération est faite. Pendant 2 ou 3 jours la surface cornéenne présente quelques irrégularités qu’on peut constater au Javal puis tout rentre dans l'ordre, En résumé nous croyons que dans les cas bénins ou pour les malades refusant l'intervention il faut prescrire un collyre au nitrate d'argent à 1 ou 2%.

Dans les AU tua il n’y a aucun intérêt à faire un raclage partiel dont les suites opératoires sont identiques et les chances de récidives beaucoup plus grandes. Le raclage total, à condition d’être pratiqué très minutieusement, a donné un pourcentage de guérisons très supérieur à tous les autres procédés comme on pourra s’en rendre compte par l'examen du tableau récapitulatif qui suit les observations

ayant servi de base à ce travail.

J. Quentin A

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