‹ Sur la Nature et le rôle du système musical traditionnelChapitre 3 sur 11 · PHRYGIEN · texte numérisé non relu

PHRYGIEN

TÉTRACORDE LYDIEN

mi

, la

/ sol

f ut

si

L mi

\ ré

\ sol

1 ut

1 fa

\ si i mi

j la

1 ré

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V la

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v la

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mi

v ré

ut

Les Grecs appelaient des « harmonies » les différents systèmes ainsi obtenus (le mot àpjjuma signifie façon d'accorder les cordes de la lyre). Les systèmes composés de deux tétracordes disjoints embrassent une octave; ceux qui sont composés de deux tétracordes conjoints n'embrassent qu’une septième ; si à ces derniers on ajoute une note à l’intervalle d’un ton au-dessous du tétracorde inférieur ou au dessus du tétracorde supérieur, on obtient une octave ; c’est ce que firent les Grecs, et les «harmonies» devinrent les diverses manières de diviser l'octave, autrement dit, les « tropes » ou « modes ». Voici le tableau de ces modes, déduit du tableau précédent par addition d'une note supplémentaire aux systèmes conjoints :

TETRACORDES

doriens

mi¬

ré*

ut,

si a

la,

sol 2

fa 2

mi 2

Dor.

/ la* sol.*

fa*

/ mi*

ire,

ut„

si,

la,

Hpd.

TETRACORDES

phrygiens

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la*

sol 2

fa*

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re 2

Phr.

soL

fa 3

mi- ) r ér>

\ ut r>

f SI,

la,

sol*

Hpphr.

TÉTRACORDES

lydiens

TÉTRACORDES

doriens

/ nt 3

si*

1 si*

f la 2

j la 2

1 ré 3

J sol*

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mi.

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i la.

1 ré.

1 ré.

sol*

' ut.

' ut.

fa 2

v si,

Lyd.

Hpl.

Mixol.

Les noms des modes, indiqués en abrégé au bas de chaque colonne, sont les suivants :

Dor. veut dire Dorien.

Hpd. — Hypodorien.

Phr. — Phrygien.

Ilpphr.

Lyd.

Hpl.

Mixol

Hypophrygien.

Lydien.

Hypolydien.

Mixolydien.

En déplaçant tout le système musical parallèlement à lui-même de manière à lui donner pour son le plus grave un son qui était d'abord intermédiaire, comme par l'emploi d’un clavier transpositeur, on obtient un changement de ton; si cette translation est faite au cours d’une cantilène, c’est une modulation tonale; et en réitérant plusieurs fois cette opération, on obtient tous les sons utilisés en musique. Les Grecs pratiquaient cette transposition dès le iv e siècle avant Jésus Christ. Les notes du système ainsi déplacé conservaient les mômes noms, quelle que fût la hauteur du point de départ.

Telles sont les données historiques lesplus essentielles de l’harmonique pythagoricienne, en envisageant seulement le genre diatonique, beaucoup plus important que les deux autres genres grecs (le chromatique et Y enharmonique), sinon aux yeux des Grecs eux mêmes, du moins par rapport à l’évolution de la musique. On voit qu’il n’existe pas. à proprement parler, de gamme qu’on puisse appeler la gamme pythagoricienne. D’abord l’idée d'un groupe de notes se reproduisant indéfiniment aux octaves inférieures ou supérieures n'est pas une idée antique. Les Grecs ne connaissent que des suites limitées d’intervalles : une consonance (rompoma», c’est-à-dire une suite de sons mélodiques remplissant un intervalle de quarte ou de quinte ; un système (aojrr^jia), c’est-à-dire une suite de consonances formant comme une consonance de consonances [w-zp tj pçumz ŒujjLcpwvttov), par exemple une octave (diapason), ou une octave plus une quarte, ou une octave plus une quinte. C’est par des additions successives de tétracordes à partir du diapason dorien, un dans le bas ( hypaloi ), puis un dans le haut ( hyperbolaïoi ), ainsi que d’une note grave supplémentaire ( 1 proslambanomène ), située un ton au-dessous de la note inférieure du tétracorde grave, qu’ils arrivèrent au dis-diapason, système le plus étendu dans lequel pouvait se mouvoir la mélodie, et auquel ils ont donné le nom de « système parfait», c’est-à-dire système contenant toutes les espèces d’octaves à la fois (i). Ce sytème se formule très nettement au moyen de la notation médiévale, encore usitée en Allemagne, où les lettres majuscules désignent les notes de l’octave grave, à partir de la, et les minuscules celles de l’octave supérieure ; b équivaut à si h à si & ; aa est l’octave de a .

Diezeugmcnoi Hyp erbolaïoi

A R jy E a / h c d 6 f 8 aa

Hypatoi Mtsoi ^ b C d

Synemmenoi

Mais il ne faut pas oublier que ce système parfait, composé des intervalles que nous avons indiqués, n’est que l’un de ceux qui ont été proposés par divers pythagoriciens.

(i) « Perfectum autem systema, dicitur, quod omnes continet consonantias, cum suis cujusque speciebus. » (Claudii Ptolemæi, Hannonicorum libri 1 res , lib. II, cap. iv, p. 105, traduction Johannes Wallis.)

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