‹ Sur la parthénogénèse arrhénotoque de la fourmi ouvrièreChapitre 2 sur 4 · SUR LA PARTHÉNOGENÈSE ARRRÉNOTOQUE · texte numérisé non relu

SUR LA PARTHÉNOGENÈSE ARRRÉNOTOQUE

Vu l’importance d’une telle observation, j’ai essayé, mais en vain et non sans grande dépense de temps, de la répéter. Je l’ai fait, non pas dans un, mais dans trente nids artificiels. J’ai installé des colonies faibles et des colonies nombreuses; des colônies de vieux et des colonies de jeunes individus, et, enfin, des colonies incontestablement vierges, formées de cocons accompagnés de 10 à 15 jeunes ouvrières écloses sous mes yeux. J'ai varié les conditions d’alimentation et celles de chaleur. Toujours, invariablement, je n’ai obtenu que des mâles.

L’année prochaine, je reprendrai ces expériences avec des ouvrières qui auront été maintenues, dans des conditions aussi variées que possible, avec des mâles.

Il serait très intéressant de voir Reichenbach recommencer ses expériences en s’entourant des précautions les plus minutieuses et, surtout, en installant, non pas un élevage isolé, mais plusieurs, afin de bien différencier les conditions daus les" quelles des faits exceptionnels pourraient se produire.

Pour des expériences de ce genre, il faut prendre des précautions d’une minutie extrême et tenir compte des causes d’erreur les plus imprévues.

Il faut, par exemple, bien veiller à ce que des Fourmis étrangères ne viennent pas s’installer dans les appareils.

Parmi les élevages que j'ai faits, l’année dernière, deux avaient été installés dans des conditions fournissant, chaque jour, une différence de température très considérable. Ils étaient placés sur une table, dans un grenier bas, couvert en zinc, où la température, assez peu élevée pendant la nuit, montait considérablement les jours où le soleil frappait la toiture.

Le premier de ces élevages, installé dans un nid formé de quatre vastes chambres (trois obscures et une éclairée) contenait quatre ou cipq mille ouvrières issues de cocons qui avaient été simplement tamisés et parmi lesquels se trouvait un très faible nombre de petits cocons mâles et, très probablement, quelques œufs et quelques jeunes larves introduits accidentellement dans les récoltes qui provenaient d’une vingtaine de nids naturels.

Le second nid était de mêmes dimensions mais contenait seulement cinquante ouvrières, de tailles variées, provenant

de quarante cocons attentivement examinés, un à un, à la loupe, pour éviter l’apport de tout œuf el de toute larve, et de dix jeunes ouvrières écloses sous mes yeux.

Au moment de mon départ pour les vacances, les deux élevages étaient en bon état; le second contenait, encore, environ 48 ouvrières el, dans les deux, il y avait des paquets d’œufs récemment pondus.

Trois semaines plus tard, on m’écrivait que le nombre des ouvrières contenues dans le deuxième nid était de plusieurs centaines et, à mon retour, le nombre en était encore augmenté. La cause de ce qui s’était passé était, en réalité, fort simple. Dans le premier nid les habitants étaient si nombreux et les chambres obscures si encombrées qu’il y avait toujours plusieurs centaines d’individus circulant dans la chambre éclairée et, en particulier, dans l’abreuvoir et dans les mangeoires. Chaque jour, en renouvelant ces dernières, on enlevait, sans pouvoir l’éviter, au moins une trentaine de Fourmis. Les mangeoires à netloyer étaient abandonnées, avec les Fourmis qu’elles contenaient, dans une cuvette en porcelaine placée sur la même table que les élevages et, comme les Fourmis ainsi libérées disparaissaient assez rapidement et que l’on n’en voyait que cinq ou six circulant sur la table, on ne s’en occupait pas davantage.

Mais le second nid, celui, qui à l’origine, ne contenait que 50 ouvrières, se trouvait avoir été moulé avec du plâtre gâché trop clair et qui, à la prise, n’était pas devenu assez dur. Poussées par leur instinct de creuser des galeries, et profitant d’une amorce produite par une bulle d’air, les ouvrières avaient pratiqué un étroit couloir qui mettait l’intérieur de leur nid en communication avec l’extérieur.

Je constatai qu’au lieu de disparaître au loin, les Fourmis libérées par le changement journalier des mangeoires circulaient pendant quelque temps, sur la table, autour des deux nids, finissaient par trouver le petit orifice du nid en plâtre mou, y pénétraient et s’y installaient définitivement. Malgré les conditions défectueuses de ces deux élevages, je continuai à les observer et constatai que les œufs pondus pendant la belle saison donnèrent exclusivement des mâles.

Il y a quelques années un petit groupe de Lasius aliénas, sans reine, est venu s’établir, spontanément, dans un de mes

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