‹ Sur la parthénogénèse arrhénotoque de la fourmi ouvrièreChapitre 3 sur 4 · SUR LA PARTHÉNOGENÈSE ARRHEMOTOQUÉ · texte numérisé non relu

SUR LA PARTHÉNOGENÈSE ARRHEMOTOQUÉ

nids artificiels qui était resté abandonné, depuis l’année précédente, sur le sol, dans un angle un peu humide d’un petit hangar situé dans mon jardin. Cet appareil avait été abandonné comme défectueux, parce que son couvercle, un peu incurvé, ne le fermait pas complètement. Il en résultait un petit espace par lequel les Fourmis circulaient avec leur progéniture. Le passage libre était long, mais n’avait pas une hauteur suffisante pour le passage d’une reine.

J’ai en ce moment, sur une pelouse de mon jardin, un appareil, bien fermé en dessus par une vitre et une plaque de plâtre, pourvu en dessous d’un petit orifice et qui est utilisé par des Formica fusca. J’avais placé cet appareil, rempli de terre, sur un petit nid naturel de Tetramorium et je pensais que la colonie y étendrait son nid comme je l’ai obtenu déjà plusieurs fois. L’année suivante, il n’y avait plus de Tetamorium, mais une belle colonie de Formica fusca s’était installée dans la terre au-dessous de l’appareil. Elle avait, presque complètement, vidé les chambres de la terre fine qui les remplissait et elle les utilisait, les jours de beau temps, comme chambres de chauffe pour le couvain.

Relativement à l’apparition des mâles au moment voulu pour les essaimages nuptiaux, je ferai remarquer qu’il n’a pas été fait, jusqu’ici, d’observation précise démontrant qu’une reine de Fourmi ait, chaque année une période déterminée de ponte d’œufs mâles.

Chez les Abeilles, la ponte d’œufs mâles est déterminée par une contraction ou par l’absence d’une contraction musculaire ; ce fait est déterminé par la rencontre d’un alvéole de dimensions spéciales; la construction de cet alvéole par les ouvrières est déterminée, dans tout jeune essaim, à un certain moment, par l’apparition de causes, sans doute assez précises, mais non encore bien mises en évidence.

Il n’est pas impossible qu’il y ait aussi, chez chaque reine de Fourmi, au cours de sa période d’existence imaginale reproductrice, période qui peut durer plus de dix années, une intercalation annuelle d’une période de ponte mâle déterminée, au moment utile, par des causes non précisées. Toutefois, non seulement je ne suis pas encore parvenu à le démontrer, mais il y a, au contraire, certains faits qui sembleraient

sut* LA PARTHENOGENESE ARRHENOTOQUË

indiquer que cette période pourrait bien ne pas exister. Dans ce cas, en dehors d’un petit nombre de mâles provenant d’œufs qui auraient accidentellement échappé à la fécondation (c’est sans doute le cas d’un mâle que j’ai trouvé isolé, au milieu du premier gâteau d’un nid de Vespa crabro, gâteau qui ne contenait que des ouvrières) tous les mâles des vols nuptiaux d’une espèce de Fourmis proviendraient uniquement de la ponte de reines non fécondées ou ayant épuisé leur approvisionnement de spermatozoïdes, et de la ponte des ouvrières des colonies orphelines ou des colonies exceptionnellement bien approvisionnées en nourriture.

S’il y avait une intercalation normale, annuelle, d’une période de ponte mâle, on trouverait, simultanément, dans chacun des nids d’une même espèce une certaine proportion, assez régulière, entre le nombre des mâles et celui des jeunes reines. Or, si avant l’époque des vols nuptiaux on examine un grand nombre de nids, ou constate qu’il y en a toujours beaucoup où les individus ailés, à l’état de nymphe ou à l’état d’imago, sont surtout, ou même exclusivement soit mâles, soit reines.

A l’appui de l’hypothèse de l’absence d’une intercalation annuelle, régulière et normale, d’une période de ponte mâle chez les reines de Fourmis, je rappelle qu’une reine qui a été conservée par Lubbock pendant plusieurs années n’a donné absolument que des ouvrières, et que j’ai fait moimême, exactement la même observation, sur une reine de Lasius alienus qui, après avoir, une deuxième fois, fondé une nouvelle colonie, n’a, durant les neuf années pendant lesquelles elle est restée en observation dans mon laboratoire, donné absolument que des ouvrières, sans intercalation d’apparition d’un seul mâle.

Relalivement à la fécondation ou à la non fécondation d’un œuf produit par une reine de Fourmi, de Guêpe ou d’Abeille, on admet, en général, que la fécondation est empêchée par une occlusion momentanée de l’orifice du réceptacle séminal tandis que la fécondation est produite par une concontraction de ce réceptacle. Quelques observations encore incomplètes, qui n’ont porté que sur les Fourmis, m’ont con-

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