‹ Sur la Pathogenie du Diabète InsipideChapitre 6 sur 26 · ARR RE · texte numérisé non relu

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B.- Anatomie et Histologie

Pour bien comprendre et pour bien exposer ce problème rappelons l’anatomie macroscopique et microscopique de l’hypophyse et aussi de la région du système nerveux avec laquelle elle est en rapport et dont l'importance a été si brillamment établie par CAMUS et ROUSSY.

a) HYPOPHYSE. — L’hypophyse est une petite masse impaire et médiane, à grand axe transversal, appendue à l’extrémité inférieure de la tige pituitaire, dont elle paraît être, à première vue, le prolongement.

Située en arrière du chiasma optique et en avant des tubercules mamillaires, l’hypophyse répond à la portion moyenne de la base du crâne ; elle est logée dans la selle turcique qu’elle remplit complètement.

Le mince pédicule auquel est fixé le corps pituitaire se rattache lui-même à un renflement médian, conique, de couleur grisâtre : le tuber cinereum.

Chez l’homme le volume de l’hypophyse est celui d’une petite noisette, son poids est d'environ 40 cgr.

Macroscopiquement l'hypophyse paraît constituée par deux parties :

1° Un lobe antérieur, le plus volumineux, de couleur rougeâtre ;

2° Un lobe postérieur, beaucoup plus petit, de couleur grisâtre.

Ces deux lobes sont séparés par une fente : la fente hypophysaire ou para-nerveuse, très marquée chez certains animaux.

Chez l’homme, cette fente est plus ou moins oblitérée et divisée par des tractus conjonctifs.

La tige pituitaire ne s'implante que sur le lobe postérieur, elle n’a avec le lobe antérieur que des rapports de contiguité.

Au microscope, l'examen de l’hypophyse montre l'existence entre les lobes, postérieur et antérieur, d’une troisième partie rattachée au lobe antérieur et séparée du lobe postérieur par la fente hypophysaire.

C’est la pars intermedia qui, chez certains animaux, entoure le lobe postérieur à la manière d’un manteau.

Elle se prolonge autour de la tige pituitaire par la pars tuberalis dont le contact étroit avec le plancher du III‘ ventricule rend très difficile l’ablation complète de la glande pituitaire sans lésion du tuber cinereum.

Examinons rapidement la structure histologique de ces trois parties.

Le lobe antérieur est formé de cellules groupées, tantôt en petits amas, tantôt en travées, près de la structure glandulaire. Entre ces diverses formations apparaissent de fines travées conjonctives et, surtout, de très nombreux capillaires dont le contact intime avec les éléments cellulaires est un des traits caractéristiques des glandes vasculaires sanguines.

Les cellules que l’on rencontre dans cette partie de l’hypophyse ne présentent pas toutes le même aspect morphologique. On voit sur les coupes des cellules bourrées de grains éosinophiles et des cellules cyanophiles (basophiles) caractérisées par la présence dans leur protoplasma granuleux de vacuoles qui contiennent les unes de la graisse, les autres des boules de colloïde intraprotoplasmique. A côté de ces

- Coupe sagittale schématique de l’Hypophyse

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et du Tuber Cinereum

— JLobe antérieur.

— Lobe postérieur.

— Infundibulum.

— Pars intermédia.

— Pars Tuberalis.

— Pie mère.

— Tige pituitaire,

—— Tuber cinereum.

deux sortes de cellules chromophiles, on trouve également des cellules chromophobes «— ou cellules principales — à protoplasma clair, à peine coloré et quelquefois visibles seulement par leur noyau. D’après R. CoLLIN les cellules de ce lobe de l’hypophyse, morphologiquement diverses, sont fonctionnellement une : la cellule principale représente l'élément initial ; elle se transforme en cellule éosinophile, puis en cellule cyanophile, d’abord granuleuse, puis hypercyanophile. Enfin, par fonte holocrine élémentaire ou trabéculaire, ces cellules donnent naissance à la colloïde hypophysaire. Dans le lobe antérieur cette colloïde demeure intercordonale pendant un certain temps, puis elle est excrétée.

Le lobe intermédiaire contient des cellules semblables à celle du lobe antérieur. Il est surtout caractérisé par la présence de vésicules de colloïdes, en nombre très variable, et par des flaques de colloïde logées dans le tissu conjonctif et dépourvues de tout revêtement épithélial.

Le lobe postérieur ou nerveux est formé de fines fibrilles collagènes et d’un très grand nombre de fibres névrogliques.

La partie la plus importante de ce lobe est réfractaire aux colorants habituels. Elle présente un feutrage tourbillonnaire dans lequel on aperçoit des cellules pigmentaires rassemblées ça et là en amas, et de la substance colloïde qui se trouve, en grains, dans les gaines péri-vasculaires et dans les espaces neuro-interstitiels.

L’histologie nous apprend, en outre, que la glande pituitaire (lobes antérieur et intermédiaire) donne naissance à deux sortes de produits : la substance colloide et des substances lipoïdes.

Le comportement différent de la substance col-

loïde vis-à-vis d’un même colorant a incité plusieurs auteurs, et plus spécialement KRAUS (1914), à admettre la pluralité chimique de cette substance. Rémy COLLIN, au contraire, pense qu’il n’y a pas lieu d'accorder de valeur chimique aux variations de l’aspect morphologique de la colloïde : ces variations seraient dues avant tout à des différences dans le degré de concentration de ce corps.

Les histologistes ont également établi que la colloïde formée dans le lobe antérieur chemine le long des fentes creusées dans le tissu conjonctif de l’organe, gagne la neurhypohyse et de là le tuber cinereum. Ils ont également décelé la présence de colloïde dans le liquide céphalo-rachidien ; quant à son passage dans le sang, s’il n’est pas démontré, il est extrêmement probable.

b) TIGE PITUITAIRE.— La tige pituitaire, comme nous l’avons vu, s’insère d’une part sur le lobe postérieur de l’hypophyse, d’autre part sur le tuber cinereum.

Elle est constituée surtout de fibres amyéliniques. On y retrouve, indépendamment des vaisseaux, de véritables flaques de colloïde, cernées par les fibres nerveuses. Celles-ci, qu’accompagnent des vaisseaux tortueux, décrivent de véritables tourbillons qui rendent leur poursuite difficile. On sait cependant qu’elles se divisent et s’épuisent à force de se ramifier, dans le lobe nerveux dont elles forment l’élément prépondérent.

Dans le lobe intermédiaire pénètrent également des fibrilles nerveuses qui passent directement par la tige pituitaire, ou proviennent du plexus de la neurhypophyse. Arrivées dans le lobe intermédiaire, ces fibrilles s’y arborisent au-dessous de l’épithélium qui tapisse les vésicules.

Quelques-unes de ces arborisations entrent en contact avec des cellules ovoïdes d’un type spécial, au moyen de petits boutons, ou de calices acoustiques.

Ces aspects décrits par CAJAL, GEMELI, TELLO, suggèrent l’idée d’un dispositif sensoriel, mais nous ignorons complètement à quelles sensations ce dispositif sert d’intermédiaire.

c) TUBER CINEREUM. — Le tuber cinereum, ou éminence cendrée, est une saillie arrondie, de couleur grise, qui forme la partie antérieure du losange opto-pédonculaire. Il est limité, en avant par les bords internes des deux bandelettes optiques, en arrière, par le bord antérieur des corps mamillaires.

Vu par sa face ventriculaire le tuber cinereum continue la forme générale d’entonnoir aplati présentée par le III° ventricule et forme ainsi l’infundibulum, dent le sommet s'enfonce plus ou moins dans la tige pituitaire pour former le diverticule de l’infundibulum.

Lorsqu'on étudie sur des coupes vertico-frontales la paroi tubérienne du III: ventricule on est frappé de son importance.

Mince vers son sommet, au niveau du cul de sac du tuber, elle augmente rapidement le volume vers sa base d'implantation. Elle présente ainsi, dans son ensemble sur une coupe vertico-frontale, l'aspect d’un triangle à sommet inféro-interne dont la hauteur varie singulièrement selon la coupe envisagée.

En avant, on voit apparaître la première ébauche de la paroi du tuber au niveau du chiasma optique ; en arrière, on la voit disparaître au niveau des corps mamillaires où elle se continue avec la substance per-

forée postérieure.

C’est au niveau de la tige pituitaire que le tuber

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cinereum atteint sa plus grande hauteur et sa plus grande épaisseur. En haut le sillon de MoNRo le sépare de la substance grise juxta-ventriculaire ; latéralement, il entre en rapport, d’avant en arrière, avec la substance perforée antérieure, la région souslenticulaire et la partie ventriculaire du thalamus antérieur.

Le tuber cinereum contient des noyaux gris et des formations blanches.

Les formations blanches sont :

1° Le faisceau du tuber cinereum qui apparaît sur les coupes sagittales comme un simple faisceau de fibres dirigé en haut et en arrière.

2° Des fibres éparses ou lachement groupées qui se dirigent vers le thalamus inférieur et la région sousoptique. Les unes proviennent des faisceaux que nous allons signaler maintenant, les autres prennent naissance dans le tuber lui-même.

3° Le pilier antérieur du trigone pénètre dans la région de l’infundibulum qu’il sépare grossièrement de la région sous-optique.

4° Le pédoncule inféro-interne du thalamus ne fait qu’effleurer la région pour s’en échapper par la partie dorsale.

5° L’anse lenticulaire envoie un faisceau de fibres qui vient se perdre dans la substance du tuber cinereum.

Les noyaux gris :

Ces noyaux ont acquis une grande importance depuis les travaux de CAMUS et ROUSSY qui attribuent à leur destruction le syndrome polyurique: La substance du tuber cinereum est tout entière parsemée de cellules en semis, peu colorées, mais nombreuses qui constituent :

Le noyau diffus, parvo-cellulaire du tuber cinereum.

De plus on trouve des groupes plus compacts, hyperchromophiles, ayant une tendance remarquable à rentrer en rapport avec les formations blanches de la région. On peut en distinguer chez l’homme trois principaux :

1° Le noyau péri-ventriculaire juxta-trigonal qui entoure le pilier antérieur du trigone à la facon d’un manchon beaucoup plus épais au niveau de la partie interne juxta-ventriculaire. Ces éléments sont serrés, et tranchent violemment sur le fond par leur chromophilie.

2° Le noyau ventral du tuber qui forme une masse grise plus étendue que la précédente, située à la partie ventrale du tuber, en dedans de la bandelette optique. Ce noyau augmente d'importance à mesure que l’on se dirige en arrière. Il se termine alors sans limite précise, en se poursuivant par des traînées avec le noyau magno-cellulaire du corps mamillaire.

En dedans, quelques traînées semblent le relier à son homologue.

3° Le noyau de la bandelette optique qui est surtout formé de cellules placées à la partie dorsale de la bandelette mais qui contient en outre quelques éléments jusque vers la partie ventrale de la bandelette optique.

Enfin, il existe un petit noyau moins important : le noyau supra-optique accessoire bien isolé et situé en haut et en dedans du précédent.

Nous connaissons maintenant la constitution anatomique de l’hypophyse et du tuber cinereum ; étudions rapidement leur embryologie, car les constatations que cette étude va nous permettre pourront être d’une grande utilité dans l’interprétation des documents anatomo-cliniques, physiologiques et thérapeutiques qui forment la base de ce travail.

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