SOINS PRÉ-OPÉRATOIRES
Le traitement médical des perforations intestinales de la fièvre typhoïde n’est qu’un adjuvant de leur traitement chirurgical. Il doit être mis en œuvre dès le diagnostic de perforation, alors même que ce serait un diagnostic douteux, mais il ne doit retarder d’aucune sorte l'intervention.
Il consiste :
A mettre le malade à la diète absolue. Toute ingestion de liquide étant supprimée. De simples lavages de bouche sont autorisés et l’hydratation nécessaire à l’organisme sera assurée par des injections sous culanées de sérum.
À appliquer de la glace sur l’abdomen et sur le cœur (Villaret).
À soutenir le cœur à l’aide de l’adrénaline en injection intramusculaire (un demi à un centimètre cube de la solution au 1/1000 toutes les 6 heures) ou de l’huile camphrée (10 centimètres cubes trois fois par jour).
Si les douleurs et les contractions intestinales sont trop vives, mais seulement lorsque le diagnostic de perforation ne présentera plus de doute et que l’interven-
tion sera décidée, on pourra faire une injection de morphine qui permettra au malade d’attendre l’opération avec plus de calme ; cependant si le malade est très faible mieux vaut ne pas employer de dépresseurs.
Chantemesse est d'avis de faire une injection intramusculaire de nucléinate de soude de o gr. 50, thérapeutique administrée systématiquement par Mickuliez à tous malades qui doivent subir la laparotomie, car elle est suivie d’une poussée de leucocylose qui augmente la résistance du malade. En tous cas ce médicament n’a pas d’inconvénients et entraîne souvent une amélioration de l’état général.
Dès le diagnostic de perforation il faudra mettre le malade dans la position de Fowler — c’est-à-dire assis dans son lit; même chez un malade faible, il faut essayer, en mettant un plan vertical résistant derrière les orcillers, de lui faire conserver celte attitude. C’est en effet là un moyen d'empêcher l’ensemencement complet de toute la cavité péritonéale, puisque les liquides intestinaux se collecteront dans le petit bassin et le Douglas, et ainsi l'absorption des toxines sera moins considérable,
L'ANESTHÉSIQUE î
La question de l’anesthésie est importante puisqu'elle “est un facteur du choc opératoire à ne pas négliger. 5 C'est pourquoi on doit si possible employer l’anesthésie locale ; en effet bon nombre d'opérations pour perforations intestinales ont été pratiquées avec succès par ce moyen etétant donné sa moindre gravité elle doit être définitivement adoptée.
Cependant il est des cas où elle peut être insuffisante el elle devra être complétée par une anesthésie générale très légère, On donnera de préférence du chloroforme, à cause de la ‘congeslion des poumons qui existe presque toujours dans la typhoïde. Les Américains préfèrent l’éther prétendant que c’est un stimulant, diminuant le choc déterminé par l’anesthésie, mais il facilite peut-être les complicationsbroncho-pulmonaires post-opératoires.