‹ Sur la philosophie des mathématiquesChapitre 25 sur 43 · LA >OTIO>^ DU TEMPS · texte numérisé non relu

LA >OTIO>^ DU TEMPS

mensions. Bien qu'on n'emploie jamais ces locutions, le seul fait qu'on pourrait les employer montre bien, qu'en cinématique, le rôle du temps est celui d'une variable indépendante quelconque.

Il en est autrement en dynamique, branche de la mécanique où interviennent les forces. Voici comment on surmonte, ou on croit surmonter, dans certains ouvrages, cette difficulté.

Pour mesurer le temps il faut définir deux temps égaux, et la somme de deux temps. Or, considérons un phénomène qu'on peut reproduire à volonté, dans des conditions telles, qu'il puisse être considéré comme identique à lui-même. Par exemple l'écoulement du sable en un lieu déterminé, dans un sablier déterminé. On admettra que la durée de cet écoulement est toujours la même. Si alors un phénomène commence avec l'écoulement et fiait en même temps que lui, on dira que sa durée est égale à celle de l'écoulement. Si un phénomène commence avec l'écoulement, si un second phénomène commence quand le premier finit, et si ce second phénomène finit avec l'écoulement, on dira que la durée de l'écoulement est égale à la somme des durées des deux phénomènes.

On suppose ici qu'on a à sa disposition un phénomène type, ayant une durée constante et pouvant se

52 SI u i.\ Piiii.osoi'iiir. DIS MA riiKMA iiQi i:s

reproduire à volonté et commencer quand on veut. C'est pour la mesure du temps l'analogue du corps solide qu'on peut déplacer pour mesurer les distances. Mais pour la distance, on admet qu'on trouve toujours la même quel que soit le solide servant à la mesure. On doit admettre la même chose pour le temps.

Dans la pratique, on prend comme phénomène type la durée de la rotation de la terre, mais si ceci suffit dans la pratique, ce n'est peut-être pas suffisant pour l'astronomie. Si la loi de lattraction universelle est absolument vraie, on doit très probablement admettre que la rotation de la terre s'accélère un peu, d'une seconde par siècle environ.

Il y a un autre phénomène qui pourrait servir de type : c'est la durée de vibrations produisant une lumière déterminée. Cette durée est extrêmement courte, l'unité de temps pratique pourrait être, par exemple 500 trillons, ou un quadrillon de ces vibrations.

Page 1