‹ Sur la philosophie des mathématiquesChapitre 9 sur 43 · DU RAISONNEMENT DANS LA VIE COURANTE · texte numérisé non relu

DU RAISONNEMENT DANS LA VIE COURANTE

*0n oppose quelquefois le raisonnement scientifique, au raisonnement dans la vie courante. En quoi sont-ils analogues, en quoi sont-ils différents ? Je vais examiner ce point très brièvement.

Dans la vie courante, on fait des inférences. Les principes sur lesquels on se fonde sont de nature très variée. Quand un juge dinstruction fait ce raisonnement : (( Uq tel, accusé d'un crime, était à quarante kilomètres du lieu où ce crinie a été commis, dix minutes avant l'heure du crime, donc il n'est pas coupable. » Le principe sur lequel il se fonde, c'est que personne n'a le don d'ubiquité, et que dix minutes ne suffisent pas pour faire quarante kilomètres. C'est là un exemple de raisonnement fondé sur un principe certain. D'autres fois, le principe n'est qu'extrêmement probable. « C'est aujourd'hui dimanche et il fait beau, donc un tel est sorti. » Inférence fondée sur les habitudes du personnage mais pouvant tomber en défaut. Les lois, les règlements peuvent fournir des principes. (( 11 a pris le train à telle heure, donc il est allé dans telle direction. » Le principe dans ce cas est tiré de l'indicateur des cliemins de fer.

LA PIISSA>CE DU RAISONNEMEM'

On voit que les inféreDces dans la vie usuelle diffèrent des inférences scientifiques, par la nature des principes, parfois fort incertains ; on est le plus souvent obligé de se contenter d'une probabilité. De plus ces inférences ne forment pas ces longues chaînes Iqui caractérisent le raisonnement mathématique. Mais l'essence du raisonnement est toujours la même, il n'y a pas deux manières de raisonner.

DEUXIEME PAKTIE

Page 1