‹ Sur la plageChapitre 31 sur 32 · LES VERÎDS ET LES FIOLES · texte numérisé non relu

LES VERÎDS ET LES FIOLES

Je sais des gens, pour les autres sévères.

Dont les vertus, en apparence austères.

Me font toujours un peu rire. — Pourquoi?

Eu les voyant, je pense malgré moi,

Aux boutiques d’apothicaires.

Lorsque le gaz, épandant ses clartés Sur ces flacons dorés, étiquetés,

Fait luire aux yeux de barbares paroles En un latin suspect, — sur ces fioles.

Si vos yeux se sont arrêtés,

Ils ont cligné sous leurs lueurs splendides.

Rubis, saphirs et topazes liquides,

Tout cet éclat, c’est Vaqua communis,

En bon français, simplement l'eau du puits.

Colorée avec des oxydes.

Puis vous voyez briller sur maint flacon.

Eu lettres d’or : « Baume catholicon,

Orviétan, thériaque, cantharides; »

Mais la plupart de ces flacons sont vides :

Du verre creux et puis un nom.

Les flacons pleins : « Purgatif, émétique.

Tisane amère; » on les vante, on explique Qu’ils sont peut-être un peu mauvais, mais sains, En les payant cher aux pharmaciens.

Et puis du prix, dans l'arrière-boutique.

Le soir venu, d’excellent appétit.

On soupe, on jase, et l’on boit et l’on rit En se moquant de la pratique.

LU

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