LA COMÉDIE DE SOCIÉTÉ
A Nice, pendant la belle saison, on joue beaucoup la comédie de société ; un de nos consuls, que l’on a comparé à M. de Ségur à la cour de la grande Catherine, est un des meilleurs acteurs et, en conséquence, très-recherché.
Il y a quelques jours, le matin, dès l’aube, son domestique est réveillé par un dialogue très-animé dans la chambre de son maître ; il écoute : une des deux voix est celle de son maître, il la reconnaît, il l’a encore dans l’oreille, il l’avait grondé la veille au soir; mais l’autre est une petite voix étrange et flûtée. Estce un homme? Est-ce une femme? Il écoute de plus près.
— Ah! monsieur, je suis tout émue, dit la petite voix.
C’est une femme, il n’y a plus à en douter.
Notre drôle voudrait bien la voir, il ne connaît pas cette voix-là...
— Est-ce madame"^? Elle ne vient jamais ici !... Est-ce alors mademoiselle***?
Mais les trous des serrures, dans lesquels on a imaginé récemment de mettre les clefs, ont surtout été inventés pour que les domestiques puissent surveiller leur maîtres.
Pierre, Paul ou Jean applique son œil et voit... son maître tout seul, qui marche, gesticule et parle, avec sa voix ordinaire et son chapeau, puis s’enveloppe d’un châle et se répond avec la petite voix flùtée en question.
— Quel malheur! monsieur est fou; j’aurais dû le prévoir : hier déjà, il avait l’air tout chose.
Il court chez un ami du consul, qui accourt en toute hâte et trouve le premier rôle répétant tout seul et se donnant la réplique de façon à se faire illusion à lui-môme.
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SUH LA PLAGE.