‹ Sur la production de tumeurs épithéliales dans les nerfsChapitre 5 sur 7 · V. CORNIL · texte numérisé non relu

V. CORNIL

de l’économie, forment une classe bien nettement limitée. Les névromes de même nature, multiples et sur le trajet de plusieurs nerfs que nous avons observés dans ces trois autopsies, offrent également entre eux une grande similitude, et nous les choisissons pour type de notre description, après quoi nous indiquerons les caractères différentiels des deux autres faits.

Les nerfs atteints étaient, tantôt compris au milieu d’une masse considérable de tissus indurés (ganglions lymphatiques, tissu cellulaire, muscles, etc.), comme cela avait lieu dans l’aisselle, tantôt ils passaient au milieu d’une petite tumeur squirrheuse secondaire de la grosseur d’un petit pois à une fève, comme on le voyait pour les nerfs intercostaux.

Dans le premier cas, après avoir disséqué la région axillaire et brachiale, on mettait à nu les nerfs qui passaient là dans des canaux formés par l’induration des tissus voisins. Les nerfs n’étaient pas adhérents à ces tissus, et l’on pouvait les isoler facilement avec le manche du scalpel. Mais à ce niveau, ils présentaient une augmentation de volume généralement régulière, fusiforme, ou plusieurs renflements; la longueur de ces névromes variait de 5 millimètres à 5 ou 8 centimètres; leur volume était le double ou le triple de celui du nerf sain. Un ou plusieurs des nerfs émanant du plexus axillaire pouvaient en être le siège.

Dans le second cas, la plèvre costale était parsemée de granulations et de dépôts squirrheux secondaires. Le tissu cellulaire sous-pleural en possédait aussi qui adhéraient à la surface des côtes. Les nerfs intercostaux passaient en plusieurs points au milieu de ces petites tumeurs, ou se trouvaient placés à leur partie latérale. En disséquant les nerfs, on voyait que leur surface était libre d’adhérences, et qu’au niveau du tissu dégénéré qui les avoisinait ils présentaient eux -mêmes un petit névrome.

Ces tumeurs des nerfs, quels que fussent leurs rapports avec les parties voisines, avaient toujours les mêmes caractères à l’œil nu et au microscope : leur surface était lisse, de couleur grisâtre, opaline; après en avoir fait une coupe transversale, on constatait la même coloration grise semi-transparente, et une dureté assez grande du tissu nouveau. Le névrilème seul paraissait atteint de

cette dégénérescence, tantôt dans toute l’épaisseur du nerf, tantôt seulement dans sa partie périphérique. Les faisceaux primitifs de tubes nerveux, dissociés et écartés par cet épaississement du névrilème, conservaient leur coloration blanche habituelle. Par la pression ou par le raclage, on obtenait, sur la surface de section des parties dégénérées du névrilème, un liquide ténu, peu abondant, légèrement louche.

Ce liquide , examiné au microscope , montrait un grand nombre de noyaux et de cellules. Les noyaux, ovalaires ou arrondis , à nucléole brillant , mesuraient de 0mm,00ô à 0,009; les cellules étaient qietites, le plus souvent rondes ou polyédriques à angles mousses , mesurant en moyenne de 0,007 à 0,012. Un petit nombre seulement d’entre elles arrivaient à un diamètre de 0,016 (lig. Zi).

En examinant des coupes minces de ces nerfs (ce qu’on pouvait faire à l’état frais, vu leur dureté squirrheuse), on s’assurait que les cellules du liquide obtenu par le raclage provenaient de petites cavités ou alvéoles (G, fîg. K] creusées au sein du tissu cellulaire du névrilème. Ces cavités alvéolaires, en contact les unes avec les autres, séparées seulement par des faisceaux peu épais de tissu conjonctif, contenant lui-même des noyaux de tissu conjonctif et des capillaires, étaient sphériques ou ovalaires, ou polyédriques. Leur plus grand diamètre. mesurait de 0mm,030 à 0,060, et leur plus petit diamètre pouvait descendre jusqu’à 0.016. Ces alvéoles étaient remplies par des cellules (Z', fîg. à) et par des noyaux qui n’ affectaient pas en général une disposition régulière par rapport aux parois de l'alvéole. Ces cavités étaient si petites en certains points, qu’elles ne pouvaient contenir, sur la partie enlevée par la préparation, que deux ou trois cellules.

Cette structure des parties transformées du névrilème était exactement la même dans tous les névromes des trois observations de squirrhe du sein, et la même aussi que celle des autres tissus examinés (ganglions lymphatiques, tissu cellulaire, plèvre, péritoine, etc.). La petitesse des cellules et des alvéoles s’y montrait comme un caractère constant.

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