‹ Sur la séparation des méthylamines Au point de vue analytiqueChapitre 19 sur 26 · II. — DosAGE DES QUATRE BASES MÉLANGÉES · texte numérisé non relu

II. — DosAGE DES QUATRE BASES MÉLANGÉES

Méthode de Bresler (1)

C’est, à notre connaissance, la seule méthode complète qui ait été indiquée.

D'après cet auteur, en épuisant un mélange sec des chlorhydrates des quatre bases (ammoniaque, monométhylamine, diméthylamine et triméthylamine), par le chloroforme, on les sépare en deux groupes : d’une part les chlorhydrates nsolubles d’ammoniaque et de monométhylamine, d’autre part les chlorhydrates solubles de diméthylamine et de triméthylamine.

J'ai vérifié la rigoureuse exactitude de ces faits en traitant par le chloroforme des sels purs et bien desséchés de chacune des bases. Ceux-ci, introduits rapidement dans un petit extracteur de Soxhlet, étaient soumis à l’action de ce dissolvant chaud pendant une heure.

Les chlorhydrates d’ammoniaque et de monométhylamine sont en effet complètement insolubles dans le chloroforme, à condition que celui-ci soit exempt de toute trace d’eau et d'alcool (2).

Les chlorhydrates de diméthylamine et de triméthylamine s’y dissolvent totalement et avec facilité.

Le fait est encore exact lorsqu'on opère sur des mélanges en proportions connues des chlorhydrates purs.

Voici d’ailleurs quelques-uns des essais effectués :

(1) Breszer. D. deut. Zucker, 1900, n° 42 et 43, p. 1593 et 1627, et Ann. ch. anal. [6], 1901, p. 28 et 29.

(2) Pour priver le chloroforme d’eau et d’alcool, on l’agite par deux fois avec de l’acide sulfurique pur. On le décante, on l’agite ensuite avec du carbonate de potasse sec ; enfin on le distille.

Quantités

—— —— Mises en œuvre Trouvées Chlorhydrate d’ammoniaque 0 gr. 478 0 gr. 480 — de diméthylamine 0 gr. 175 0 gr. 175 Chlorhydrate d’ammoniaque 0 gr. 178 0 gr. 180 — de diméthylamine 0 gr. 318 0 gr. 315 Chlorhydrate d’ammoniaque 0 gr. 306 0 gr. 302 0 gr. 349

— de triméthylamine | 0 gr. 345

Pour doser, dans la partie insoluble, l’'ammoniaque et la monométhylamine, Bresler transforme, après évaporation du dissolvant, leurs chlorhydrates en sulfates qu'il traite par l’alcool absolu chaud, jusqu’à ce que celui-ci ne laisse plus de résidu par évaporation : le sulfate de monométhylamine doit s’y dissoudre, le sulfate d’ammoniaque rester insoluble.

J'ai répété sur ces deux sels, avec l'alcool absolu, des essais analogues à ceux que j’ai rapportés plus haut et constaté que l’insolubilité du sulfate d’ammoniaque dans l’alcool bouillant était en effet absolue, mais que la solubilité du sulfate de monométhylamine dans ce même solvant, nulle à froid, était très faible à chaud et rendait extrêmement pénible cette dernière opération.

Disons d’ailleurs que Duvillier et Buisine (1), au contraire de Bresler, ont utilisé l’insolubilité du sulfate de monométhylamine dans l’alcool absolu pour séparer cette base d’autres bases dont les sulfates y étaient solubles.

Le procédé, tel que l’a indiqué Bresler, comporte enfin le dosage de la diméthylamine et de la triméthylamine par leurs

(1) E. Duviuer et A, Buisine. C. R., t. LXXXIX, p. 710, 1879.

Lg

chloroplatinates, dosage que nous avons étudié et critiqué précédemment (V. page 52).

Ajoutons en terminant que cette méthode a l'inconvénient d’être fort longue et délicate; si les résultats qu'elle fournit étaient à l’abri de tout LprOhes il n’y aurait pas lieu de le regretter, malheureusement il n’en est pas ainsi, comme nous l'avons vu au cours de son étude détaillée.

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