CHAPITRE PREMIER
Clinique
Avant de discuter les différents procédés de traitement de la distension chez le prostatique, pour en arriver aux avantages qu'offre la sonde à débit ralenti, il est indispensable de faire succintement une description du prostatique chez lequel apparaît cet accident. Guyon, dans son Traité sur les affections chirurgicales de la vessie et de la prostate, en fait une description demeurée encore aujourd’hui classique.
La rétention chronique incomplète chez le prostatique peut apparaître brusquement à la suite d’une crise de rétention aiguë, plus généralement elle apparaît de façon insidieuse.
Le malade ne vide pas sa vessie. Un résidu se constitue qui augmente progressivement et aboutit à la distension non seulement de la vessie, mais des voies urinaires supérieures. Cette phase du prostatisme qui seule nous occupera 1ci, est très grave, car la rétention qui la caractérise est la plus méconnue, la plus difficile à traiter, la plus insidieuse.
Les malades à cette période, se présentent sous
trois aspects chniques différents :
PS À Mona
19 Tncontinents. — Le malade se plaint de perdre ses urines. Cette incontinence qui est d’abord simplement nocturne pour devenir par la suite permanente, est, en réalité une fausse incontinence, car le malade urine par « regorgement » la vessie étant distendue au maximum, et évacuant son trop-plein au fur et à mesure que les reins sécrètent. Ainsi le prostatique ne présente plus de mictions ; 1] est constamment mouillé par l'urine, ce qui lui fait répandre une odeur urineuse caractéristique.
20 Pollakiuriques. — D’autres fois le symptôme dominant est la pollakiurie. Elle est presque toujours plus marquée la nuit que le jour, et nettement influencée par le genre de vie du malade.
30 Dyspeptiques. — D’autres fois encore, le malade consulte pour des troubles tout autres qu'urinaires. C’est d’ailleurs au médecin que presque toujours il s’adresse. Tantôt, 1l accuse de l’amaigrissement, perte de l’appétit, de la pâleur, revétant parfois l’aspect cachectique. Tantôt, ce sont des troubles digestifs qui l’amènent à consulter : perte de l’appétit, vomissements, digestions difficiles, sécheresse de la bouche, soif intense, dégoût des aliments. Une faute grave consisterait à attribuer tous ces signes généraux et digestifs à une affection médicale générale, néoplasme, etc. Les signes urinaires passent alors au second plan, au point que le malade omettrait parfois d’en parler