‹ Sur La Symphyse Tuberculeuse Du PericardeChapitre 18 sur 32 · DA EE · texte numérisé non relu

DA EE

Aulopsie pratiquée vingt-quatre heures après la mort. A l'ouverture de l'abdomen, les anses intestinales sont adhérentes les unes aux autres, et très fortement à la paroi abdominale. La cavité péritonéale n’existe plus. En cherchant à séparer les anses intestinales, on voit que les adhérences sont molles, constituées par des fausses membrane de formation récente. De place en place, il existe entre ces fausses membrane des cavités remplies de liquide citrin.

Ces lésions sont généralisées à tout le péritoine. Au niveau du bassin, une fausse membrane épaisse, com- -parable à un ligament large, divisait la cavité pelvienne en deux parties, la postérieure était remplie de liquide sanguinolent contenant en suspension un caillot volumineux. Nulle part on ne constatait de tuberculose entre les anses intestinales. Le foie et la rate étaient recouverts d’une coque épaisse de néomembranes de formation bien antérieure à celle des fausses membranes qui agglutinaient les anses intestinales, et fortement adhérentes au diaphragme.

Il existe une symphyse pleurale totale double constituée par des néomembranes épaisses. Les plèvres adhérent intimement à la surface externe du péricarde, et il est impossible de les détacher du médiastin supérieur rempli par un tissu fibreux extrêmement épais, englobant l'aorte, l'œsophage, la trachée, et tous les &r-

ganes du médiastin supérieur.

Les poumons sont recouverts à leur surface d'une coque fibreuse de 2 centimètres d'épaisseur qui les réunit à la paroi thoracique, dont ils sont inséparables : les scissures ayant totalement disparu ils ne constituent qu’un seul bloc. Sur des coupes, on constate de la congestion dans toute leur étendue. On ne voit pas de tubercules dans les néomembranes pleurales; mais le poumon droit contient dans sa partie moyenne un tu-

bercule caséeux ancien de la grosseur d’une noisette et enkysté par une couche épaisse de tissu scléreux. À la racine des bronches à droite, il existe quatre petits ganglions caséeux, enkystés, dont l’un est infiltré de substance calcaire. Le poumon gauche ne présentait pas de lésions tuberculeuses, pas plus que les ganglions bronchiques correspondants.

Si on n'apercevait pa à l'œil nu de tubercules dans les tissus de la symphyse pleurale, l'examen histologique y démontrait l'existence de nombreux nodules embryonnaires autour des vaisseaux, et quelques follicules tuberculeux typiques avec cellules géantes.

CŒUR. — Il est impossible de séparer le cœur du péricarde. Sur une section de cet organe, on voit le cœur entouré par une coque fibreuse de 2 centimètres d'épaisseur. Au niveau de la pointe, on trouve, au milieu de ce tissu fibreux, un tubercule caséeux de la grosseur d'un petii pois. Au milieu de cette coque on trouve également, de place en place, des espaces lamelliformes contenant une substance d'aspect caséeux. L'examen. extemporané de cette matière caséeuse a montré qu'elle contenait un grand nombre de bacilles tuberculeux.

Le myocarde est pâle, décoloré : il n'existe pas de lésions valvulaires. |

FOIE. — Il est recouvert d’une couche épaisse de néo:membranes, volumineux et présente l'aspect typique du foie muscade, avec, par-places, quelques petits foyers hémorragiques. Nulle part on n’aperçoit de tubercules.

La rate est augmentée de volume, de consistance ferme, de coloration rouge vineux sans tubercule appréciable. Elle est également recouverte d’une couche épaisse de néomembranes qui la font adhérer forte-. ment, en haut, au diaphragme. Les reins sont congestionnés, surtout au niveau de la substance médullaire.

Leur décortication se fait facilement : ils ne sont pas granuleux à leur surface, qui est recouverte de nombreuses étoiles de Verheyen. Le rapport des deux substances paraît normal.

L'intestin ne renferme pas de lésions tuberculeuses. Le cerveau et les méninges sont sains.

Examen, histologique :

Poumons : congestion énorme, les capillaires alvéolaires sont tellement distendus par le sang que les limites des alvéoles sont marquées sur certains points uniquement par des traînées d’hématies. Les parois alvéolaires sont épaissies, scléreuses par plat, et au milieu des anses vasculaires qui les recouvrent on retrouve une grande quantité de noyaux arrondis, ovalaires ou fusiformes.

Dans l’intérieur des alvéoles, on voit un assez grand nombre de cellules épithéliales et d’hématies, et quelques très volumineuses cellules remplies de granulations pigmentaires. Les parois. des vaisseaux sont fortement épaissies. Ils sont gorgés de sang, et quelques veines, rares d’ailleurs, sont thrombosées. Les bronchioles présentent pour toute lésion une infiltration modérée de leur couche externe.

Les coupes pratiquées sur le gros tubercule du poumon droit montrent une partie centrale caséeuse entourée d’une coque conjonctive épaisse. Il existe une large zone de sclérose autour de ce tubercule. Dans ce tissu de sclérose existent de nombreux vaisseaux embryonnaires et d’autres dont les parois sont très épaissies. Quelques-uns de ces vaisseaux sont entourés d’une couronne de cellules embryonnaires constituant des nodules, mais nulle part on ne trouve de nodules tuberculeux typiques, ni de cellules géantes.

Coupes de la symphyse pleurale. L’adhérence des deux feuillets de la plèvre est constituée par une néo-

membrane composée de fibrilles conjonctives parcourues par de très nombreux vaisseaux embryonnaires, et par quelques vaisseaux plus gros à parois épaissies. Beaucoup de ces vaisseaux sont entourés de nodules embryonnaires, dont certains ont tous les caractères de follicules tuberculeux avec cellules géantes. Il existe quelques petites hémorragies dans la partie contiguë à la surface des poumons.

Coupes de la symphyse cardiaque

Sur une coupe perpendiculaire à la surface du cœur, on voit les couches suivantes :

1° Tissu musculaire du cœur peu altéré. Congestion énorme des vaisseaux du myocarde. À la surface du myocarde, sclérose légère interfasciculaire.

2° Couche graisseuse sous-péricardique contenant quelques vaisseaux dilatés à parois épaissies.

3° Feuillet viscéral du péricarde extrêmement épaissi, constitué par du tissu fibreux adulte dont les fibres sont séparées par des rangées de noyaux ovalaires ou fusiformes. Sur l’une de nos coupes, il existe, dans ce feuillet, une large fissure contenant un caillot fibrineux.

4° Néomembrane. Cette couche est constituée par un tissu jeune, friable. À un faible grossissement on la voit traversée en son milieu par une bande fortement colorée par l’'hématéine. Elle est aussi divisée en trois bandes, une centrale, deux latérales.

A. Première bande latérale composée d'un feutrage de fibrilles extrêmement fines dirigées en tous sens, au milieu desquelles on voit de nombreuses cellules épithélioïdes, des lymphocytes peu abondants, et des vaisseaux embryonnaires en quantité considérable.

B. Bande moyenne. Elle contient un nombre considérable de leucocytes monucléaires groupés en nodules ou en couches, et séparés par quelques fibrilles

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