‹ Sur la trépanation du crane = La trépanation guidée par les localisations cérébralesChapitre 11 sur 27 · I.AP · texte numérisé non relu

I.AP

On s’en rendra, du reste, un compte meilleur encore en étudiant la figure 3, copiée sur celle-ci, où j'ai fait mettre en blanc les circonvolutions dont j’admets les facultés motrices.

Je conclus de mes études que c’était la détermination de cette région qu’il fallait faire. J’eus l’occasion, en février 1876, de signaler le fait à la Société de chirurgie , à propos de courtes remarques que je fis sur l’observation de trépanation communiquée par M. Marvaud. Dès ce moment je m’étudiai à la recherche de la région motrice, et peu après j’en parlai à M. Broca.

Mon excellent maître m’apprit alors qu’en 1871, chez un homme atteint d’abcès cérébral ayant noté des symptômes d’aphasie bien caractérisés, il avait déterminé sur le crâne, le siège de la troisième circonvolution. En ce point, il avait trépané. Malgré l’ouverture d’un abcès et une amélioration immédiate, le malade avait succombé en moins de quarantehuit heures.

En dépit de l’insuccès, le principe de l’opération était posé, c’est là ce qui m’a fait dire et écrire que le premier, le seul, je crois, M. Broca, a guidé une trépanation crânienne par un phénomène de localisation cérébrale, et, par conséquent, il est l’initiateur de la méthode.

Peu après, M. Broca me donna un mémoire sur la topographie crânio-cérébrale, ou sur les rapports anatomiques du crâne et du cerveau {Revue d’ anthropologie, 1876, t. V, n® 2), où il venait de publier cette observation, avec une remarquable étude sur les procédés suivis par les anthropologistes, pour déterminer les rapports du crâne et du cerveau.

Bien qu’un principe opératoire eût été posé, la méthode

. d’emploi des localisations cérébrales était bien loin d’être , constituée ; le centre du langage n’est pas un guide facile à ' employer, et seule, cette notion n’aurait eu que des appli- I cations bien rares. C’était cela qui m’avait fait concevoir ! autrement l’utilisation des divers centres moteurs, et leur ^ recherche collective ou séparée.

I Depuis la belle opération de M. Broca, la science avait j marché, l’étude du centre de la parole s’était complétée,

1 l’étude des centres moteurs s’était faite ; on pouvait admettre I comme suffisamment prouvée la localisation fonctionnelle; on pouvait admettre aussi que les travaux modernes en avaient déterminé le siège suffisamment, au point de vue I qui nous occupe.

En même temps, et d’une manière générale, l’étude du cerveau et de ses rapports s’était perfectionnée tous les jours, témoin le propre travail de M. Broca, si complet et si instructif à tous égards.

En cet état de choses, le chirurgien avait une voie toute 1 tracée, chercher à utiliser largement les conquêtes de la ! science moderne, en détacher des points susceptibles d’une application pratique immédiate.

Je m’étudiai à prendre dans la science tout ce qui pouvait permettre une application grossière, suffisante, rapide, par conséquent chirurgicale, et je crois y être parvenu en : m’aidant de certains faits d’expérimentation cadavérique.

J’ai étudié un nombre considérable de documents au point de vue chirurgical ; j’ai fait sur le cadavre des mensurations chirurgicales et des expériences. C’est le résultat de ces études que je publie plus complètement aujourd’hui, après les avoir exposees dans bien des circonstances diverses. Il sera facile de voir que je ne les ai pas inventées en un jour, et que j’ai eu raison de dire qu’il s’agissait pour moi d une étude relativement ancienne. Même avant les pu-

blications nombreuses que j’ai faites, j’en avais bien souvent exposé en public tous les termes b

Cette démonstration-ci est plus longue et plus complète, et j’ai cru devoir la faire précéder de considérations générales importantes, qui se rapportent, en résumé, au développement des propositions suivantes.

La doctrine des localisations motrices dans l’écorce cérébrale est admise.

Les traumatismes et toutes lésions intéressant la région corticale motrice amènent des paralysies déterminées, ou, dans de certaines conditions, des manifestations convulsives localisées.

Les lésions d’une seule région amènent certains troubles de la motricité.

Ceux-ci peuvent servir à diagnostiquer la région, ou des ' points compromis de la région motrice.

Une intervention opératoire peut se faire dans ces conditions, et remédier plus ou moins complètement aux troubles de la motricité.

(1) Trépanation du crâne, faite le 22 novembre 1874, pour une fracture de la voûte sans plaie communicante. — Guérison complète, par le docteur Just Lucas-Championnière. (Bullelin de la société de chirurgie, séance du 17 mars 1875.)

Des indications tirées des localisations cérébrales pour la trépanation du crâne. {Bulletin de l’Académie de médecine, séance du 9 janvier 1877.)

Des indications tirées des localisations cérébrales pour la trépanation du crâne. — Méthode opératoire. {Bulletin de la Société de chirurgie, séance du 14 février 1877.)

Discussion sur les localisations cérébrales. {Bulletin de la Société de chirurgie, séance du 26 décembre 1877.)

Compte rendu de la Société de chirurgie. — Coup de feu dans la région temporale gauche. — Trépanation. — Guérison. {Journal de médecine et de chirurgie pratiques, mars 1876. — Art. 10195.)

Des localisations cérébrales, du rôle qu’elles peuvent jouer dans le diagnostic et le traitement des maladies cérébrales. — Trépan. {Journal de médecine et de chirurgie pratiques , octobre 1876. — Art. 10335.)

La trépanation guidée par les localisations cérébrales. {Journal de médecine et de chirurgie pratiques, février 1877. — Art. 10425.

Remarques au sujet du rapport de M. Gosselin sur la trépanation et les localisations cérébrales. {Journal de médecine et de chirurgie pratiques, juin 1877. — Art. 10539.

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