‹ Sur la trépanation du crane = La trépanation guidée par les localisations cérébralesChapitre 15 sur 27 · CAS DE LOCALISATION PARALYTIQUE CONFIRMANT LA THÉORIE · texte numérisé non relu

CAS DE LOCALISATION PARALYTIQUE CONFIRMANT LA THÉORIE

Les 139 cas positifs enregistrés sont sans doute loin d’avoir tous la même valeur. D’abord le siège de la blessure est rarement désigné avec assez de netteté pour qu’il soit possible de rapporter la lésion, dans tous les cas, à la moitié antérieure du pariétal, c’est pour cela que je me suis contenté de ce renseignement : siège, le pariétal.

En dehors des hommes accoutumés à la crâniométrie, il est probable que les Américains sont soumis aux mêmes illusions que nous et ne donnent pas au pariétal son étendue réelle sans la mesurer.

Je n’ai pas, bien entendu, rapporté tous les cas que j’ai trouvés ; mais j’en ai cité un certain nombre en les divisant par groupes, selon la nature et l’assemblage des paralysies. Je montrerai comment ces paralysies sont telles que la théorie les attribue aux centres corticaux : partielles, incomplètes, susceptibles de se modifier, guérissant quand la suppression des lésions déterminantes est possible. On pourrait dire qu’elles sont analogues, presque identiques aux lésions expérimentales, elle se groupent de même, elles se séparent de même, elles sont limitées à une portion de membre ou étendues à un groupe musculaire considérable, elles sont suivies de dégénérescences, etc., etc.

Commençons par les paralysies groupées.

Voici d’abord, parmi ces exemples les plus curieux et les plus instructifs, ceux qui appartiennent aux lésions des deux membres inférieurs. On sait que la pathologie médicale ne donne rien sur ce sujet, la pathologie chirurgicale éclairera probablement ce point de l’histoire des localisations céi'ébrales.

Observation XXIII.

Paralysie des membres inférieurs.

Page 290, § 4, Thomas Hayley, plaie sur le pariétal gauche, au voisinage de la suture sagittale. Paralysie des membres inférieurs. Application de trépan trois jours apres la blessure. Amélioration rapide, disparition de la paralysie dans la semaine. Le malade est pensionné, plus tard, pour cause d’altération de l’intelligence avec faiblesse générale.

Observation XXIV.

Paralysie des membres inférieurs.

Page 281, § 1, Jonathan G. S., vingt-huit ans, blessé le 25 mars 1865, par balle conique immédiatement sur la suture sagittale. Fracture des deux pariétaux sur une ligne allant d’une oreille à l’autre. Sensibilité et intelligence intactes, mais paralysie des deux jambes. Application du trépan et enlèvement d'esquilles profondément insérées sous la table interne.

Après l’opération, le malade ne souffrait plus et pouvait remuer les jambes. Il guérit.

En octobre 1865, il fut pensionné comme ayant une hémiplégie gauche. On remarquait alors que les orteils du pied gauche étaient constamment froids et sans sensibilité.

N’est-on pas frappé de ce groupement, les deux membres inférieurs ayant été pris alors qu’il existait un enfoncement du crâne sur la ligne médiane tel qu’il pût atteindre des deux côtés le centre moteur du membre inférieur, c’està-dire le plus élevé ?

Et il s’agissait bien ici des lésions dues à la compi’ession, car, celle-ci supprimée, elles disparurent définitivement dans un cas et temporairement dans l’autre.

L’association de la paralysie du b'>'as droit et de l'aphasie est une des plus communes ; voici quelques cas:

Observation XXV.

Page 197, § 1, William Duffy, volontaire, 28 ans, blessé le 17 septembre 1862 par une balle conique pénétrant le pariétal gauche environ à son union avec le temporal, traversant en bas et en arrière et logée dans le cerveau. Il fut insensible une heure environ ; alors on enleva la balle. Le bras droit et la main étaient paralysés. Il se remit peu à peu. Le 29 juillet 1863, il avait presque recouvré l’usage de la main et du bras. Il fut pensionné et, le7 avril 1869, le chirurgien l’examinant pour la pension, constate la paralysie du bras droit, l’articulation de la parole défectueuse.

Observation XXVI.

A la page 31, le nommé Allen D. K., 20 ans, reçoit un coup de baïonnette sur le pariétal gauche. Aphasie, paralysie du bras droit. Extraction d’une esquille de quatre centimètres de long et un centimètre et demi de large.

11 guérit en conservant un état mental défectueux, le parler est hésitant, il bégaie, les bruits perçus à travers la cicatrice sont très-pénibles.

A l’examen pour la pension, cinq ans après, on constatait son état d’infirmité absolue, bien que la paralysie n’eût pas persisté.

Mais si les paralysies des centres peuvent être groupées, elles peuvent être isolées; dans bon nombre de cas, le bras et les jambes ont été vus isolément paralysés.

Voici par exemple une série de paralysies du bras. -

Observation XXVII.

Page 291, § 6. Hezéchiel Jackson, vingt-quatre ans, fracture du pariétal droit par obus, paralysie du bras gauche. Trépanation trois jours après la blessure, guérison sans paralysie et seulement avec des douleurs de tête occasionnelles, ce qui fut vérifié plus tard à l’examen pour la pension.

Observation XXVIII.

Page 277, § 5. Le nommé John F. D, fracture par balle du pariétal gauche à environ 12 millimètres en arrière delà suture coronale, et 25 millimètres de la suture sagittale. Le lendemain de la blessure, la paralysie du bras droit, avec mouvements convulsifs de l’avant-bras, estconstatée. Application du trépan, enlèvement de cinq fragments de la table interne fort étendus. La dure-mère était blessée, mais non perforée; guérison progressive de la paralysie. L’homme était, trois ans après, placé dans la réserve des vétérans.

On peut citer de môme un certain nombre de paralysies Imitées à la jambe.

Observation XXIX.

Page 113, § 3. Bootb John, plaie par balle conique vers la partie supérieure et postérieure du pariétal droit. Paralysie de la jambe gauche. Celle-ci persista plus tard et il fut pensionné comme paralytique.

Observation XXX.

Page 276, § 7. Sergent Lafayette. Plaie par balle conique le long de la suture sagittale. Vu, pour la première fois, le vingtième jour; état assez favorable; mais paralysie partieUe de la jambe gauche.

Le vingt-troisième jour, trépanation. Il y eut, les jours suivants une grande amélioration. La paralysie de lajambe disparut en deux semaines. Plus tard issue d’esquilles. Ultérieurement, pendant qu’il était en congé, de nouveaux accidents survinrent sur lesquels on ne donne pas de détails, et mort trois mois et demi après la blessure.

On le voit, contrairement à ce qu’observe la pathologie médicale, la paralysie du membre inférieur seul peut être observée. Elle a toujours été vue avec une lésion osseuse voisine de la suture sagittale.

Comme Ferrier l'a montré chez les animaux, les centres des membres sont décomposables chez l’homme. Les preuves abondent. En se reportant à l’observation que j’ai publiée dans tous ses détails, on en trouve la preuve la plus remarquable et la plus complètement étudiée, puisque mon malade avait non une paralysie du membre supérieur, mais une paralysie de la main , de l'avant-bras, du bras ; les muscles de l’épaule étaient bien conservés.

Les mouvements compromis peuvent être bien plus limités encore.

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