PARALYSIES TRÈS-LIMITÉES
Observation XXXI.
Page 227, § 3. M. R. Armour, blessé par balle conique sur le pariétal droit, enlèvement d’une esquille. Guérison, mais persistance d’une paralysie' partielle de la main gauche.
L’observation suivante est plus curieuse.
Observation XXXII.
Page 283, § 2. Le capitaine Alvin M. W., blessé le 13 décembre 1862 par balle fracturant le pariétal gauche au voisinage de la bosse. Il fit plus d’un mille à pied pour venir à l’hôpital.
La parole était altérée, hésitante, d’une lenteur inaccoutumée. Le médius et l’annulaire de la main droite étaient paralysés. Pour l’index et le petit doigt, il n’y avait qu’une légère diminution des mouvements et de la sensibilité. Intelligence conservée, douleurs de tête, pouls lent et plein.
Le trépan fut appliqué par M. Le'n'is Twice. Ablation de plusieurs fragments dont l’un de trois quarts de pouce de diamètre. La dure-mère n’était pas altérée. Immédiatement après l’opération, la parole articulée revint, et les doigts
furent moins engourdis. Le 2 janvier 1863, la paralysie avait disparu. Cependant plus tard le registre des pensions dit que cet officier porte une perte de substance crânienne de la dimension d’un dollar d’argent, et ajoute que la langue et la main droite sont partiellement paralysées.
Pour en finir avec les faits qui montrent des paralysies limitées, signalons une observation de paralysie du membre inférieur et supérieur, moins la main.
Observation XXXIII.
Page 226, § 1. Le caporal Irza Sarborough, trente-quatre ans, blessé le 3 mai 1863 par une balle de mousquet qui fractura et déprima une portion des deux tables du pariétal droit, près du vertex. Il fut reçu à Stanton hospital le 8 mai. Les membres inférieur et supérieur gauches étaient paralysés, sauf les doigts de la main, qui pouvaient être légèrement fléchis. La paralysie était limitée au mouvement, le sentiment était conservé.
Il se plaignait de douleurs de tête et présentait quelques troubles de l’intelligence sans délire. Les pupilles étaient contractées, paresseuses à Faction de la lumière. La peau était moite et sans chaleur. Pansement à l’eau et cà la glace, purgatif salin, peu d’aliments. Le 10, le malade pouvait fléchir le coude gauche. Le 23, les mouvements étaient revenus au bras gauche, mais peu énergiques ; les pupilles étaient dilatées et paresseuses ; on releva un fragment déprimé... Le 7 juin, détachement d’une esquille considérable de la table interne. On vit alors la dure-mère et le cerveau. Le 12, la paralysie de la jambe gauche avait diminué. Le 1" août, le malade marchait avec une canne; le 17 août, il eut son congé.
En 1866, il fut réexaminé pour la pension. Il avait une paralysie partielle du côté gauche, plus marquée dans la jambe que dans le bras. Les membres étaient atrophiés et maigres, quoique présentant des mouvements 11 soullraitde maux de tête et de douleurs vives dans les membres paralysés. Il avait delà difficulté à s’exprimer. En 1868, il était toujours pensionné.
Ici la paralysie manque à l’extrémité du membre supérieur, puis elle diminue des points les moins paralysés vers les plus paralysés.
Un cas aussi curieux, si différent, par ses allures, des paralysies habituellement observées, acquerrait bien plus de valeur encore s’il était plus détaillé que dans ces courtes observations.
En se plaçant toujours au point de vue purement expérimental, il faut signaler un cas où une opération paraît avoir détruit d’un seul coup tout ou partie des centres moteurs altérés déjà. Les détails manquent.
Observation XXXIV.
Hernie cérébrale. Mort.
Page 302, § 6. Charles T., dix-sept ans, blessé le 11 sepembre 1862 par balle conique ayant frappé l’angle antérieur du pariétal droit, fracturant les deux tables, puis se logeant sous la peau dans la région occipitale. L’intelligence était conservée, le côté gauche était paralysé. Le douzième jour, la balle fut extraite. Fracture très-étendue, hernie du cerveau volumineuse. Celle-ci fut réséquée. Le lendemain, la paralysie du côté gauche était plus complète.
Elle s’améliora pourtant un peu plus tard, mais une série d’accidents cérébraux survint, et le malade succomba le 17 décembre.
S’il faut en croire cette observation très-succincte, une partie des centres moteurs avait été atteinte, excisée ou blessée, et cette véritable expérience avait amené une paralysie.
L’étude purement chirurgicale de ces documents n’est pas moins instructive pour constater d’une part que c’est bien la lésion périphérique qui détermine les phénomènes paralytiques, et, d’autre part, qu’en intervenant, on supprime brusquement les accidents, on guérit le malade. Peut-être même faut- il aller plus loin encore, et affirmer que les phé-
nomènes paralytiques commandent l’intervention rapide, en dehors même de tout autre symptôme fâcheux.
Voici, en effet, la seule observation que j’aie trouvée où soit signalée une guérison sans intervention opératoire.
Observation XXXV.
Paralysie , guérison spontanée.
Page 294, § 2. William H. Hogan fut blessé accidentellement le 15 janvier 1863 par un coup de feu. La balle fit un séton sous le cuir chevelu en fracturant le pariétal droit au voisinage de la bosse pariétale. Au moment de la blessure, il avait une paralysie complète du côté gauche, a-t-il dit. Le 23 janvier, à l’hôpital, il n’avait plus de paralysie. La portion d’os frappée se nécrosa et il guérit bien.
On pensera que cette observation ne saurait faire grande autorité. Toujours est-il qu’on devra en tenir quelque compte.
Je signalerai encore comme cas de guérison sans opération sur les os, le suivant :
Observation XXXVI.
Paralysie guérie sans opération.
Page 219, § 1. Georges Ramsey, blessé le 8 février 1862 par balle conique, qui entra à deux centimètres et demi en arrière de la suture fronto-pariétale gauche, et à cinq centimètres au-dessus de l’oreille gauche, et se dirigea obliquement en arrière. Insensibilité, respiration stertoreuse. On enlève quelques esquilles; dans la soirée, respiration stertoreuse; le malade fume sa pipe. Dans la nuit, quelques mouvements convulsifs du bras et de la jambe gauche. Le côté droit paraît complètement paralysé. On enlève un caillot qui fermait la plaie, et on couche le malade sur le côté gauche, pour permettre l’écoulement des liquides, A partir de cet instant, amélioration rapide, retour prompt delà parole et des mouvements de droite, et guérison complète, bien que le projectile soit supposé rester dans le crâne.
On accordera que si] cette observation prouve quelque chose, ce n’est pas la guérison spontanée des paralysies par traumatisme.
Après cela plus rien qu’un bon nombre de cas montrant les résultats obtenus par l’intervention opératoire surtout hâtive.
Quelquefois les résultats acquis n’ont pas paru persister dans leur intégrité, des dégénérescences secondaires auront probablement détruit les parties touchées, surtout quand la compression a persisté quelque temps. Nous en avons déjà vu des exemples plus haut. Aussi, tandis que l’intervention rapide a donné des guérisons immédiates, l’absence d’intervention dans les cas de paralysie ne paraît guère avoir donné de guérisons.