‹ Sur la trépanation du crane = La trépanation guidée par les localisations cérébralesChapitre 18 sur 27 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

NATURK ET FORMES DES PARALYSIES ET DES CONVULSIONS OBSERVÉES DANS LES PLAIES DE TÊTE

La lecture de ces observations assez nombreuses, comme on le voit, et de bien d’autres que je n’ai pas rapportées, enseigne tout ce qu’il est possible d’apprendre aujourd’hui sur les troubles de la motricité par traumatisme cérébral. A dessein, j’ai quelque peu négligé, dans mes exemples, les phénomènes convulsifs qui n’ont toute leur valeur que quand ils sont limités.

Les paralysies résultent bien d’une lésion superficielle du cerveau en rapport avec le pariétal. Elles apparaissent exactement comme dans les destructions cérébrales des expériences physiologiques.

Comme en chirurgie une lésion n’est jamais représentée par un point, mais comprend une certaine étendue, il s’ensuit que souvent les paralysies sont groupées d’une façon correspondante aux centres voisins les uns des autres, auxquels la lésion a fait subir un sort commun.

Leur groupement est analogue à celui observé dans les paralysies par ramollissement, mais sans être identique. Gomme pour celles-ci on trouve la paralysie du côté opposé à la lésion.

Face et aphasie.

Aphasie et bras.

Bras et face.

Membres supérieurs et inférieurs.

Mais, en outre, on les trouve quelquefois bien plus limitées que pour celles d’origine pathologique (Voir p. 90). Dans les cas de lésions pathologiques, les limitations restreintes sont passagères, les paralysies se complètent rapidement.

Dans plusieurs observations on voit le membre inférieur compromis seul. Chose plus singulière encore, dans quelques cas la paralysie, portait sur les deux membres avec une lésion du sommet de la boîte crânienne.

Leurs caractères sont remarquables. Souvent le mouvement seul est compromis ; elles sont vagues, incomplètes. Elles peuvent varier dans leur intensité, selon qu’il y a plus ou moins de phénomènes inflammatoires, plus ou moins de compression. On voit souvent des groupes jmusculaires leur échapper.

Si une paralysie primitive est susceptible de guérir spontanément, ce n’est que dans des cas très-rares. Elle peut se réduire, diminuer.

Le plus souvent elle augmente et s’enchaîne avec les paralysies secondaires.

Celles-ci qui se rapportent à l’inflammation, suppuration, gonflements des parties molles, peuvent, dans quelques cas, être attribuées probablement à des hémorrhagies secondaires.

Il est rare qu’elles ne viennent pas avec des symptômes concomitants, et elles alternent fréquemment avec les convulsions.

Après les opérations, ou bien la paralysie est brusquement supprimée, ou bien elle cède lentement ; les phénomènes inflammatoires ne disparaissent pas brusquement.

Mais il n’est pas rare de voir qu’une paralysie disparue, diminuée après l’opération, revient plus tard et avec elle

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surviennent des atrophies des membres. Il semblerait que l’inflammation continue du tissu cérébral entraîne sa régression et sa disparition fonctionnelle définitive ; on observe là des dégénérations secondaires véritables.

Ce fait nous enseigne deux choses : à savoir que chez l’homme il ne se fait pas ordinairement de suppléance à proprement parler. Le centre n’est pas remplacé. 11 ne faut pas compter sur ce mode de retour de la fonction.

En outre, nous savons par là que l’irritation et la compression directe non-seulement anéantissent momentanément l’action du centre, mais exposent à des dégénérations secondaires. L’intervention hâtive est donc une nécessité de premier ordre toutes les fois qu’il est manifeste qu’un centre est compromis dans ses fonctions.

Les paralysies, généralement incomplètes au début, sont souvent précédées ou suivies de phénomènes d’excitation, même elles peuvent alterner avec des phénomènes d’excitation: convulsions.

Les convulsions sont rarement générales d’emblée. Les plus communes sont celles qui débutent dans un membre, et lorsqu’elles vont s’aggravant et se multipliant cela s’observe d’ordinaire avec une aggravation de l’état général qui peut être considérable.

11 y a des malades chez lesquels elles restent limitées au membre paralysé, et d’autres chez lesquels le membre paralysé n’y participe en aucune façon, comme dans mon observation.

Si les convulsions se généralisent, elles peuvent être identiques de tous points à celles de l’épilepsie vraie.

Les convulsions générales se rencontrent quelquefois dans des cas de fracture hors la zone que nous étudions ; elles sontpeu connues, probablement générales, d’emblée, et, jus-

qu’à nouvelles observations, il y a une grande réserve à mettre dans les conclusions à leur sujet.

A l’occasion du traumatisme, on peut observer des accès d’épilepsie vraie, d’hystérie, même des convulsions d’hémorrhagie cérébrale spontanée. Toute l’attention des observateurs doit être appelée sur ce diagnostic. Il suffit d’affirmer, en passant, qu’il y a là des difficultés considérables pour le diagnostic.

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