‹ Sur la trépanation du crane = La trépanation guidée par les localisations cérébralesChapitre 20 sur 27 · HO · texte numérisé non relu

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ajouter, on trouve tout naturellement avec les doigts l’apophyse orbitaire externe, même quand les téguments sont fort œdématiés.

Pour le hregma, il est un peu plus difficile à obtenir; cependant, il y a plusieurs procédés simples, grossiers,

Fig. 11. — B bregma, R sommet de la ligne rolandiqiie, R’ extrémité inférieure de cette ligne. Figure quadrilatère représentant environ l’espace ou peut être appliqué le trépan. F3 pied de la troisième frontale. C D R’, trois couronnes du trépan sur la ligne Rolandique.

suffisants, puisque j’ai dit qu’une erreur énorme n’empêche pas d’obtenir le point.

Voici pour les procédés grossiers :

Quand la tête est dans la position du regard horizontal, un plan vertical passant parles deux conduits auditifs passe par le bregma, plan auriculo-bregmatique.

Je suppose que l’on place à cheval sur la tête un ruban

métrique à peu près perpenuliculaire au regard horizontal et passant par les deux oreilles, appliqué sur les conduits auditifs. Juste au milieu du ruban, au sommet de la tête, se trouve le bregma.

J’ai pris aussi une feuille de carton échancrée de façon à se mettre à cheval sur la tête. J’ai traversé ce carton par une tige horizontale (un crayon) à la hauteur de l’œil. J’ai fait que ce crayon perpendiculaire à la feuille eût la direction du regard horizontal, que la feuille de carton à cheval sur la tête fût bien en face des deux conduits auditifs et au

Fig. 12. — Tèle rasée; le regard est horizontal; un carton échaiicré est à cheval et sur le plan hi-auriculaire.

sommet de la tête. Ju-ste sous le milieu du carton, j’ai marqué le bregma au point noir marqué sur la figure.

Quelquefois le repère est bien facile à trouver, parce qu’on sent très-bien le bregma à travers les téguments. On peut, du reste, avoir recours aux procédés de mensuration pour s’assurer que la sensation est bonne.

Mais si on n’est pas pris à l’improviste, mieux vaut employer un instrument de précision emprunté à M. Broca, l’équerre flexible, figure 13. Cet instrument, pour les mensurations du crâne, est une équerre formée par deux lames d’acier souples. Au sommet de l’équerre et un

peu en arrière est une petite tige de bois perpendiculaire et bien mousse, destinée à être introduite dans le conduit auditif externe gauche. La branche horizontale de l’équerre est pliée sous la sous-cloison du nez. La branche

Fig. 13. — Équerre flexible de M. Broca.

verticale repliée sur le sommet du crâne indique le plan auriculo-bregmatique et le bregma pris en avant de l’équerre. J’ai déjà dit que l’écueil de ces mensurations était que l’on se rejettait toujours trop en avant. J’ai pris habituellement le point du bregma en arrière de la branche verticale de l’équerre, puis j’ai compté 5 centimètres et demi derrière ce point pour fixer le point supérieur de la ligne rolandique (fig. 14).

Ce tracé de la ligne rolandique est chose tellement simple et tellement sûre, qu’après l’inspection de ces figures, quiconque voudra s’exercer, arrivera facilement à découvrir le sillon de Rolando.

Je l’ai fait un grand nombre de fois, en me guidant d’a-

bord 9ur les données anthropologiques, sur les chiffres que j’ai cités plus haut, 45 et 48 millimètres, et j’ai échoué. D’abord, assez régulièrement, toutes mes opérations se sont trouvées faites trop en avant, jusqu’au jour où j’ai résolu de suivre un peu plus les chiffres que m’indiquait mon expérience personnelle. La véritable raison en est que le cerveau n’atteint pas complètement la ligne médiane, et que le sillon de Rolando prolongé par l’imagination aurait une ex-

Fig. 14. — L’équerre est en place.

trémitô supérieure plus postérieure que celle qu’on observe.

Les moyens de mensuration que j’ai indiqués étaient déjà bien grossiers, leur valeur était encore amoindrie par les fautes relatives aux quantités trop faibles, et cependant, dans tous les cas, dans toutes les expériences, les couronnes de trépan découvraient tout ou partie de la circonvolution ou du sillon recherché.

Gela tient d’une part à ce qu’une couronne de trépan ordinaire représente une surface considérable (18 à 22 millimè-

très de diamètre), et d’autre part à ce que la région est trèsétroite.

Que l’on considère la figure 11, malgré ses défauts, elle représente à peu près la région où peut être placée la pyramide du trépan. La région circonscrite par une figure losangique est même trop grande. En bas, elle s’étend trop en arrière. En haut, la ligne est trop voisine de la ligne médiane, car on ne doit pas, en règle générale, appliquer le trépan sur le sinus longitudinal supérieur ; et il faut bien éloigner le champ opératoire à 15 millimètres de la ligne médiane.

Dans ces conditions, voici à peu près les dimensions de cette région en dépassant largement, en avant et en arrière, ses points que j’ai indiqués : en hauteur, 8 centimètres; en largeur, 3 et demi environ. En mettant les choses au plus large, en comprenant presque toute la moitié antérieure du pariétal, on donnerait 5 centimètres de largeur.

Trois couronnes de trépan placées dans un tel espace seraient parfaitement suffisantes pour explorer toute l’étendue de la région motrice. Or, on sait que bien des fois il a été appliqué quatre, cinq ou six couronnes de trépan sans inconvénient, ce qui m’a permis de dire qu’il pourrait y avoir avantage à couvrir la région motrice de couronnes de trépan ; il y a bien des cas où des blessés auraient dû leur guérison à une semblable opération, qui sont morts d’abcès cérébraux ou même des suites immédiates de la compression.

Aussi, je dis que la méthode de recherche que j’ai instituée est chirurgicale, parce qu’elle est pratique et grossière, et cependant toujours efficace, parce que la lésion recherchée a toujours une certaine étendue. Je ne connais aucune observation de lésion limitée à un point idéal. Dans ce cas, d’autres signes la feraient retrouver. Habituellement la lésion est assez étendue pour que le centre de la région motrice soit plus ou moins atteint, et je dis hardiment qu’en cas d’incertitude sur le siège exact de la lésion motrice, il serait

sage de placer la première couronne au centre de la ligne rolandique.

Quand j’ai ajouté que cette recherche était plus facile, plus sûre qu’une ligature d’artère, je n’ai rien exagéré. Nous avons tous enseigné à lier la carotide externe ou la sous-clavière, ce qui est bien des fois plus difficile ; et, quoi qu’on en dise, heureusement nos élèves auront moins d’occasions d’appliquer cet enseignement que d’utiliser les notions directrices que je viens de donner.

Il suffit de lire des observations de plaies de tête pour rencontrer des cas où cela eût été utile.

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