MANŒUVRE OPÉRATOIRE
Pour nous résumer, quelle sera la conduite du chirurgien dans un cas de traumatisme de la tête avec troubles moteurs pour utiliser les préceptes précédents ? La tête est rasée, la ligne rolandique est tracée. Voici les principes à suivre :
Une hémiplégie totale peut appartenir aux noyaux cérébraux, n’avoir pas une origine corticale. Cependant, si elle n’a pas été complète d’emblée, si elle est irrégulière ; en examinant toutes les raisons ou preuves, on peut admettre un traumatisme de la région motrice amenant par exemple la compression dans une grande étendue, épanchement ou enfoncement. En ce cas, une couronne de trépan devra être placée juste à. chevcd et au milieu de la ligne rolandique du côté opposé à la paralysie (fig, 11 G.).
Pour les monoplégies ou pour les convulsions bien limitées à un membre ou à une portion du membre, on songerait à la lésion isolée d’un centre moteur. S’il existait une monoplégie du membre inférieur, on a tout lieu de croire que la lésion siège en haut sur les circonvolutions ascendantes, plutôt sur la pariétale, et on enlèverait une couronne de trépan vers la partie supérieure de la ligne rolandique.
S’il existait une paralysie du bras et de la jambe, on penserait à une altération comprenant soit les deux tiers supérieurs des circonvolutions ascendantes, soit le lobule paracentral. On appliquerait alors la couronne à Ip, partie supéi'ieure do la ligne, un peu plus bas que pour le cas précédent, sauf à en appliquer une nouvelle au-dessus pour agrandir l’ouverture.
S’il y avait une paralysie du membre supérieur seul, la lésion étant probablement sur le tiers moyen de la circonvolution frontale ascendante, la couronne sera placée sur le tiers moyen de la ligne rolandique et un peu en avant.
Les paralysies du facial inférieur indiquent une lésion du tiers inférieur des circonvolutions ascendantes ou le pied de la deuxième frontale. Ici la couronne sera posée sur le tiers inférieur de la ligne rolandique et un peu en avant.
Dans le cas d’aphasie simple, la couronne devrait être placée plus bas, au-dessous de l’extrémité inférieure de la ligne et en avant, /“L
Puis, heureusement la question se présente moins complexe encore, car plusieurs centres étant atteints, la surface à libérer est plus vaste encore.
C’est là que nous guide la combinaison de localisation paralytique.
Deux membres inférieurs (sommet de la ligne et partie supérieure du crâne).
' Membre inférieur et supérieur (partie moyenne et sommet).
Membre supérieur et paralysie faciale (tiers inférieur et en avant R’).
Membre supérieur et aphasie en bas et en avant de la ligne.
Paralysie faciale et aphasie tout à fait en avant de la ligne et au-dessous de son niveau.
Cette seule énumération indique les régions à découvrir, et je n’ai pas à y insister.
Le procédé'de recherche est assez grossier pour qu’il n’y ait pas beaucoup lieu de se préoccuper de la race du sujet, mais s’il s’agit d’une femme il faut diminuer les mensurations que j’ai données et les remplacer parles suivantes : — bregma au sommet de la ligne rolandique, 30 millimètres;— apophyse orbitaire externe AOE au point A, 65 millimètres; — AR’ reste le même, 3 centimètres.
Que le chirurgien n’oublie jamais enfin que la grande perte de substance est souvent nécessaire pour libérer les centres et annihiler l’action du processus inflammatoire.