‹ Sur la vieChapitre 12 sur 56 · NOIX DE BRUMAIRE · texte numérisé non relu

NOIX DE BRUMAIRE

d'hier : il y a cinq ans que ce chaste époux de la Loi veut être ministre. Et pourquoi, sinon pour en faire à sa guise?

La Loi, l'Égalité, la Démocratie, et la Patrie aussi, majuscules à gros tétons : elles nourrissent leur homme, ces vaches à lait. Et, pour finir, ne sont-elles pas des titres de journaux ? Quelle preuve!

Ces pauvres gens sont bien à plaindre, et je les plains : il est inique, à Paris, qu'un homme n'ait pas un écu par jour pour vivre avec sa famille; et ils meurent de faim, quand les deux livres de pain valent neuf sous.

Mais dirait-on pas que la France doit périr sur riicure, ou donner la pièce ronde à tous ceux qui ne l'ont pas? Or, si la France périt, qui la leur donnera?

Le roi de Prusse.

Les violents mènent tout. C'est pourquoi les meilleurs d'un parti et les plus sages ou ne sont pas écoutés, ou sont avilis, selon qu'ils s'arment de leur sagesse ou <|u'ils rabdi(|uenl; et presque toujours, d'abdication en abdication, ils obéissent aux plus fous et aux plus méchants. Jusqu'à ce qu'une violence supérieure mette à la raison tous ces violents, les rangeant tous sous un niveau uni(|ue. Car il faut toujours que l'ordre se fasse.

La tyrannie des violents finit toujours par la tyrannie d'un violent, parce qu'un vrai maître est toujours plus fort (pie mille esclaves en révolte.

L'homme qui n'accepte pas l'idée de l'ordre est un

esclave, eût-il le trirègne sur le front et toutes les couronnes.

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