‹ Sur la vieChapitre 20 sur 56 · AUX PORTES DE THÈBES · texte numérisé non relu

AUX PORTES DE THÈBES

La ville s enfonce dans les ténèbres. J'ai dépassé la dernière porte. J'ai été trop au delà, et sans retour.

0 monstre, c'était toi, la vie. Tu étais ta propre énigme.

Tu ne m'as pas fait peur. Jamais je ne t'ai craint, non, pas même un instiinl. Jeune comme j'étais, il était trop facile de te vaincre. Je t'ai vaincu, enfant; je te vaincrais dix fois encore. Je ne le veux plus. Vaincre Hestaisé; mais l'usage de la victoire?

Je te regrette, maintenant. Je suis venu, ce soir, au

Icarrefour où je t'ai comballu dès l'aube: nous nous

jsommes mesurés, alois. Dans toute la force, combien

l'ai \)en tremblé devant toi. Je me scMilais le plus fort.

te te regrette, et tes lèvres qui souillaient tantôt le feu

)uge, tantôt la glaciale peste. Je révais, ce soir, de te

îtrouver. peut-être.

D'autres dragons, depuis, sont nés sous mes pas. Je les ai terrassés comme toi, sans peine. Mais ici et làbas, dans la Ville et sur ce tertre, à l'ombre de la porte un autre monstre s'est assis, qui m'a chassé de mes palais, a renversé ma table et banni le sommeil de mon lit, — un monstre silencieux, qui jamais ne parle, qui ne pose point de questions et n'attend pas de réponse, un monstre invincible celui-là.

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