‹ Sur la vieChapitre 22 sur 56 · BARBARES BONS A LA GUERRE · texte numérisé non relu

BARBARES BONS A LA GUERRE

C'est un grand avantage d'être barbare à la guerre. C'est l'avantage d'être sans cœur. On poursuit ses desseins. On en accable l'adversaire. La pitié est un sac qui fait ployer le dos, une besace de mendiant, oii tout entre, et qui s'enfle à chaque pas de ce qu'on ramasse sur la route. La pitié n'est pas un bagage de soldat. Un conquérant doit être sobre de corps et d'àme. Rien n'est plus lourd à porter qu'un cœur d'homme: une armée qui traîne une telle charge, rampe sur les routes et ne brûle plus les étapes.

Point de cœur, peu de nerfs et des jambes. On peut aller loin de la sorte : peut-être jusqu'à Moscou. Surtout si l'on est couvert par la cavalerie de Saint-Georges.

Quelques-uns des grands capitaines ont été les plus méchants des hommes. Durs, secs et maigres, ils ont un air d'insectes géants, faucheurs de peuples, véhi-

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