AUX PORTES DE TIIKBES
coule un regard qui brûle, et qui rit en dessous de la souris.
Gare à toi, trotte-menu. Le splendide chat noir, un de ses sabres entre les dents, l'autre au poing, fond sur toi, l'arme haute. Tu vas sentir le tranchant du métal d'Okugawa ; car te voici, tel on fend un poisson pour le vider, décousu de la vessie qui crève comme une ampoule, jusqu'à l'accordéon tendu de la trachée, — te voici péché dans le lac de ton sang par le noble Samouraï, guerrier au titre héréditaire du comte Kori-Yama.
Le peuple, qui se soucie de son droit, n'est plus en état de faire prévaloir sa force. On parle de son droit, pour se défendre contre une force que l'on croit supérieure. Et on ne parle même pas de sa force, contre le droit qu'on offense : on l'exerce.
Laissez les chancelleries se lancer leurs obus d'encre, et leurs torpilles de papier. Là, une batterie en vaut une autre. La paperasse trouve toujours à qui parler. Ce n'est point aux diplomates qu'il faut voir : mais aux nations.
Les chanceliers barbouillent et raturent dans les bureaux. Mais les peuples agissent. Ce sont leurs émotions qui parlent, et qui se font entendre, même à Pétersbourg; même à Moscou; même au fond du Kremlin. Les diplomates ne voulaient pas la guerre, parce que la J^ussie ne la veut pas. Le Russe ne veut jamais la guerre; mais jusqu'ici il l'accepte toujours; il en soutient toujours le poids.