LATIN ET SOKBON.NE
Coiniiient faire eiàluiidre à ces cheniineaux de Sorbonne, que le latin c'est du français j)arlé à Rome? et le françiiis, du latin [>arlédans l'Ile de Franco ?
Le bienfait du latin est qu'il passe dans les habitudes spirituelles du Français qui ne le sait plus. Tout est dans la manière, et comment on se sert du peu qu'on a. C'est justement en quoi consiste la police d'une nation, sa civilité à tous les moments de la vie. Latin, discipline à former l'honnête homme, qui est le Français l>arlant bien sa lanj;ue.
Oui, il y a tout le problème de la Cilé dans ce latin, que les uns vénèrent, que les autres d«''daignent, que si I)eu pratiquent. Le latin est une grande aflaire sociale. La politique y est, comme elle est dans tout.
Pour un Français, le latin est un exercice à mieux être ce qu'il est.
Il tend à créer une classe d'hommes maîtr»^s de leur esprit, t't dotiés d'idées générales : d'hommes qui savent choisir. L'éducation latine a fait tous les hommes rois, depuis les juristes de Philippe le Bel jusqu'à Bonaparte.
Le vice mortel du temps où nous sommes est la confusion de Ujutes les valeurs. Bien plus: l'impuissance à les reconnaître. Fn tout, ceux qui choisissent ne savent pas choisir. Ix^ur choix, en tout, se porte fatalement sur ceux qui ne devraient pas être choisis. C'est pour- [quoi on marche sur la tête. VA la Sorlx)njie marque le fpas, pour montier qu'elle pense.
Parcourant les ordres ^e la nation, au plus simple
regard ce cliaos se révèle : rien n'est à sa place, ni personne.
On voit bien que la vague primaire s'étend, à mesure que le latin se dessèche. Ce que perd le latin, la matière le gagne.
Le lalin, encore un couj), délient tous les titres de noblesse du français. La culture sans latin est une culture de parvenus. Ils s'établissent dans les pensées et dans la langue, comme des émigrants sur les steppes des pays sans histoire.
Le latin fait des Français véritables, parce qu'il fait des aristocrates.
Aristocrate, aujourd'hui, veut dire l'homme qui a le sens des valeurs, au milieu d'une plèbe qui l'a perdu. Aristocrate, l'homme qui sait la langue qu'il parle, ou qui tâche à la savoir. Aristocrate, le peintre qui peint et qui dessine. Aristocrate, l'artiste qui a le respect de son art, et qui ne le ravale pas à se laisser confondre avec le premier coquin venu, barbouillant, modelant, écrivaillant pour tuer le temps et jouir de sa paresse.
Avoir le sens des valeurs. Toute la politique, depuis 1815, est fondée sur le non-sens des valeurs. C'est au nom de Napoléon qu'un Badinguet s'est rendu maître de la France. Tl ne savait pas le latin, celui-là, quoiqu'il fit semblant de lire César : dès son jeune âge, il avait appris l'allemand ; et il écrivait aussi des fiches. Ayant beaucoup fichaillé sur les canons, il s'est cru un grand honmie de guerre. Et son léna a nom Sedan.
Présentement, le non -sens tourne à la haine. Un