MOT
— Je me fais violence, en efTet. Il n'est pas d'autre victoire.
I/OMIUÎE.
— Oh! plains-moi; et te plains en moi-même. Veux-tu t'anéantir ainsi en ce que tu as été? Pense à ce que nous fûmes. Et d'abord, quelle force pour la souftrance.
MOI
— De bonne heure, fai su que la souffrance est l'exercice de la force.
L ' o M ini i: .
— Compassion |)our tout, c'était ton vo'u.
MOI
— Et c'est mon acte. Compassion pour tout. Mais ma compassion n'a rien à faire avec l'humilité d'une âme née pour se plaire à l'hôpital. Dans ma compassion, il n'y a qu'un désir d'amour, une passion d'excellence.
Rtr. AUDS s un LA PLAINK 175
L'idée de la rédemption \nn\v soi et pour les autres domine tout.
l/OMlJUE.
— Crois-tu que ce monde puisse être raclieté de son infinie vanité? et surtout par l'orgueil?
— Crois-tu (}ue ce monde ne doive pas être racheté ? Et de quoi te soucies -tu s'il l'est? Le point est que je le veuille.
Savoir, dans la puissante compassion, si je n'ai pas mis le monde en moi, bien plus que je ne me suis mis dans le monde. Je ne veux pas me perdre : nec confundar in aetcnmm.
L'orgueil, je ne sais; mais oui. la belle force. Et que chacun, à l'unique question, n'ponde comme moi.
— Faut-il d(>nc pas vivre pour les autres?
MOI
— Fadaises ! Jju'gon social! Il ne faut rien. iMais il faut être. Onicon^pie arrive à èlre est pour les autres, (jui ne sont pas. S'il est vraiment, il les élève à l'être. Aujoin'd'liui je suis, (*t je suis jujur eux: que font-ils pour moi? J'ai toujours été seul. El je le reste. Mais une présence visite ma solitude. J'ai mes rendez- vous avec la nature, où la nature ne manque pas. Et telle est ma consolation.