CHAPITRE VI
Absorption des rayons & du radium E dans lès corps composés en solution.
C’est sous forme de solutions que nous avions d’abord songé à étudier les corps composés. Mais les résultats obtenus nous avaient immédiatement amené à penser que l'état de dissolution dans l’eau modifiait le coefficient massique d'absorption. Nous avons donc abandonné cette méthode comme méthode principale, mais les résultats qu’elle a fournis peuvent être rapprochés d’une façon intéressante de ceux que nous avons obtenus avec les corps composés hydratés (chapitre V, $$ 5 et 6). Nous décrirons donc le dispositif expérimental employé dans ces anciennes expériences, le calcul des résultats bruts et les résultats proprement dits. Nous envisagegons ensuite leur interprétation et les conclusions qu'on en peuttirer.
$ 4er. Dispositif expérimental. — Pour étudier l’absorption dans les corps composés en solution, nous avons utilisé une petite cuve de verre à parois minces analogue à celles qui ont été employées pour détérmiher les coefficients d'absorption dans les liquides (chapitre V, $ 3), les deux faces parallèles minces étant écartées cetté fois par un bâti de verre de 1 mm. d'épaisseur, le tout étant collé au baume du Canada. La figure 16 représente cette cuve. Nous employions une seule cuve, en y introduisant successivement des solutions de concentrations différentes préparées à l'avance avéc lé plus grand soin, à raison de 10, 20, 30, 4o, 5o g. de sel pour 100 cm* de
l GEORGES FOURNIER
solution. Une pipette neuve à pointe fine était affectée à chacune de ces solutions et servait au remplissage de la cuve, puis à sa vidange. Entre chaque mesure la cuve était lavée plusieurs fois à l’eau bi-distillée, puis soigneusement séchée.
Enfin, pour utiliser au mieux le faisceau de rayonnement, étant donnée la surface utile de la cuve, nous avons remplacé le canaliseur carré de 20/20 mm. par un canaliseur rectangulaire de 20/30 mm. sans rien changer d’au-
tre au dispositif expérimental. La cuve était posée directement sur le cana-
Fig. 16.
liseur.
$ 2. Calcul des résultats. — Nous avons appliqué cette méthode à des solutions aqueuses, mais il est évident qu’elle serait également valable pour d’autres solvants.
Rappelons que nous cherchons à mesurer, non pas le coef- Jicitent massique d'absorption de La solution, mais celui du sel dissous. Nous ferons l’hypothèse suivante : tout se passe comme si le rayonnement traversait d’ abord une lame d'eau pure qui réduit son intensité dans une certaine proportion, puis une lame de sel pur, dans lequel il s’absorbe encore, avec un coefficient que nous cherchons à calculer.
Les masses superficielles respectives de ces deux lames hypothétiques dépendent de la concentration de la solution. Désignons par :
a, l'intensité du rayonnement après interposition de la cuve vide ;
b, l'intensité du rayonnement après interposition de la cuve pleine d’eau pure ;
c, la concentration de la solution, en grammes de sel Pour 100 cm de solution ;
, 4 SUR L ABSORPTION DES RAYONS f PAR LA MATIÈRE D
d, l'intensité du rayonnement après interposition de la cuve pleine de la solution de concentration c ;
e, l'épaisseur de la lame liquide, en centimètre ;
pe, la masse spécifique du sel étudié.
Considérons un centimètre carré de la surface utile de la cuve (surface traversée par le rayonnement). Le volume correspondant de la lame de solution est e cmÿ. Puisque 100 cm de solution renferment par définition c g. de sel,
. cie : ce e cm* en contiennent —— CE occupant un volume de —— cm. 100 100 9
ere 100 p
sel dissous, et l’eau occupe le volume restant, c’est-à-dire
Sur les e cm° envisagés, il y a donc cm* occupés par le
— 3 i ele e oo p CI. Le poids de cette eau estdonc:e (: RTE ) Le Les masses superficielles des lames d’eau et de sel hypothéti-
er 4 4 A C 2 L quement séparées sont donc: e (: ETS —)g./em pour l'eau
ES w./cm? pour le sel, puisque nous avons raisonné 100 D° P , P q % F
pour une surface de 1 cm?.
Lorsque nous avons introduit de l'eau pure dans la cuve, nous avons créé une lame d’eau pesant superficiellement e g./cem?. D’après les définitions que nous avons données ci-dessus, cette lame produit un abaissement d'intensité caractérisé par la différence des logarithmes : log a — log b. Dans le cas de la solution, la lame d’eau qui pèse superficiel-
lement e (x — ) g./em? produit donc un abaissement
d'intensité caractérisé par :