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temps et devient parfois accélératrice ; 1l en va de même pour les iodures organiques et l’iode libre, et cela rappelle l’action
du corps thyroïde, riche en iode et régulateur de la nutrition.
Ces mêmes corps, opposés à la benzaldéhyde, sont exclusivement antioxygènes ; opposés au styrolène — carbure éthylénique — ils ne sont que prooxygènes. On voit que l’acroléine, qui réunit les deux fonctions précédentes, subit successivement les deux effets.
Le soufre et ses composés sont d’actifs antioxygènes des aldéhydes. DELÉPINE fl avait constaté d’ailleurs que les composés organiques sulfurés, luminescents dans l'oxygène par suite de l’autoxydation, ne s’oxydent jamais qu’en très petites quantités et en avait conclu qu'ils étaient leurs propres antioxygènes.
Le blocage de la partie oxydable dans la molécule antioxy-
gène supprime son activité : les phénols éthérifiés n’agissent plus, ni les sulfones R — SO? — R’ provenant de l’oxydation des sulfures organiques : R — S — R'.
Des actions pro et antioxygènes apparaissent dans les corps azotés ou cyanés : les ferro ou ferricyanures, l’acide cyanhy-
drique lui-même peuvent être activants, de même le phos-.
phore, l’arsenic, le bore, le silicium et leurs dérivés.
Les composés du fer, considérés comme uniquement accélérateurs, peuvent gêner des oxydations : l’hémoglobine ellemême, le transporteur d’oxygène par excellence, ralentit l’altération du furfurol, de l’acroléine, du $sulfite de soude.
On trouve des actions retardatrices au cobalt et à ses dérivés.
Cette simple énumération révèle l’'étonnante généralité de ces actions catalytiques, jusque là limitées à des cas isolés, la complexité de ces phénomènes où l’on voit un même corps agir en sens inverse sur deux produits oxydables, souvent même inverser son action au cours d’une même catalyse; elle montre enfin la puissance de ces inhibiteurs dont 1 molécule, dans le cas de l’hydroquinone, protège encore efficacement 40.000 molécules d’acroléine contre deux modifications différentes : oxydation et condensation.
Cet ensemble de découvertes devait susciter de nombreux essais d'explication, les théories admises n'étant pas adaptées à des faits aussi nombreux. Nous ferons appel, dans c: qui suit, à un récent exposé de M. C. DUFRAISSE À sur la catalyse d’oxydation.
1) La théorie de l'anticatalyse : L'opinion ancienne, selon
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PR UE D or — 19 —
laquelle l'oxygène se fixe sur le corps protecteur plus vite que
sur le corps protégé, était déjà insoutenable après les travaux de Lumière. On peut songer à généraliser l'explication de Titoff, reprise par Reinders et Vlès, pour les sulfites : l’antioxygène transforme en composé inactif un catalyseur positif toujours présent à l’état de traces : le cuivre dans le cas du sulfite.
Assurément, il arrive souvent qu’une réaction soit déclenchée par des traces d’impuretés ; toutefois, malgré l’autorité de MATIGNON %, il est difficile d'admettre que ce soit là l’explication la plus générale. Non seulement on ne peut jamais affirmer la pureté absolue d’un corps, que les « superpurifi- cations » arrivent parfois à souiller davantage, mais il faudrait encore qu'un même catalyseur positif pût être bloqué par des antioxygènes extrêmement variés, lesquels sont parfois beaucoup plus actifs que les meilleurs accélérateurs connus. De plus, on a vu par la simple énumération des corps étudiés par Moureu qu'il n’y a guère de composé même complexe qui n'influe sur l’autoxydation dans un sens ou dans l’autre. Si l’on explique par la formation d’un complexe inerte l’action ratardatrice des cyanures sur des oxydations catalysées par le fer, on ne comprend plus que les complexes cyanés connus du fer : ferri et ferrocyanures, soient doués d'activité.
Enfin, l’inversion de l'effet catalytique, ce que Moureu et Dufraisse appellent expressivement la « parenté des catalyses inverses » échappe à cette théorie.
2) La désactivation : Pour expliquer que toute transformation physique ou chimique progresse à une vitesse finie, on admet, depuis Arrhenius, qu’une molécule ne peut entrer en réaction qu'après passage à une forme «active » ou «excitée » ou « de tension » dans laquelle elle possède une énergie supplémentaire acquise par absorption de radiations (activation photochimique) ou par les chocs moléculaires (activation purement thermique).
Un antioxygène peut alors agir en « désactivant » les molécules excitées d'oxygène (A. JoB 54) ou du corps oxydable ou des deux. J. PERRIN ® explique ainsi la fluorescence en supposant qu'une molécule excitée est désactivée par l'approche d’une molécule voisine, l'énergie en excès étant libérée sous forme de radiations. Comme la fluorescence peut être ralentie par des antioxygènes, même sans action chimique, F. PERRIN % en a déduit que l'effet antioxygène est un eflet de désactivation. Toutefois, si l'énergie supplémentaire des