‹ Sur l’autoxydation de complexes organo-métalliquesChapitre 15 sur 54 · LI E · texte numérisé non relu

LI E

molécules actives est uniquement le résultat des chocs moléculaires, comme dans les réactions à l’obscurité, on ne peut admettre que les antioxygènes diminuent la concentration en molécules actives, car celle-ci est le résultat d’un équilibre qu'un catalyseur ne peut déplacer.

On est amené ainsi à invoquer le mécanisme des réachons par chaînes, imaginé par BODENSTEIN 7 pour les réactions entre gaz, étendu par CHRISTIANSEN f aux solutions et que BACKSTROM %? a admis pour l’autoxydation de la benzaldéhyde : l'énergie dégagée dans l’oxydation d’une molécule activée sert à en activer une ou plusieurs autres qui entrent alors en réaction et ainsi de suite. L’antioxygène diminue la vie moyenne des molécules activées et réduit d'autant les chances de propagation de ces chaînes, d’où le ralentissement.

Cette théorie, très séduisante, est peut-être, de l’avis de Dufraisse, trop générale et tend à faire des antioxygènes des inhibiteurs de toutes les réactions, à moins que les autoxydations n'aient le monopole de la réaction par chaînes. De plus, l'inversion catalytique ne s'explique pas très bien.

Moureu et Dufraisse, qui avaient songé à cette explication au début de leurs recherches, ont étudié en détail © son application au système acroléine-hydroquinone. Leur conclusion est qu’on ne peut invoquer dans ce cas, mi la désactivation des molécules d’acroléine par l’hydroquinone ni leur activation par la lumière. En effet, l’antioxygène devrait s'opposer aussi bien à l’oxydation qu’à la condensation en disacryle, tandis qu'il gêne la première beaucoup plus que la seconde. Inversement la lumière favorise peu l'oxydation et accélère énormément la condensation. Bien que ces expériences ne fournissent aucun argument pour ou contre l'activation de l’oxygène, les auteurs ont préféré revenir à la théorie des peroxydes, que leurs travaux ont rendue classique

3) La théorie des peroxydes : Si l’on suppose, comme nous l'avons vu plus haut, que l’autoxydation d’un corps A débute par la formation d’un peroxyde A(O?) —le symbole (0) désignant l'oxygène actif », à propriétés plus oxydantes que le gaz libre —, un antioxygène agira en catalysant la destruction de ce peroxyde

et cela très rapidement, puisque l'effet protecteur est très

puissant.

Ce sont là précisément les caractères des réactions entre

corps peroxydés, par exemple entre l’eau oxygénée et les iodates ou les periodates :

l'acide iodique décompose l’eau oxygénée et se retrouve intact.

l'acide periodique décompose l’eau oxygénée et se séduit en acide iodique.

Cela permet de supposer que la première réaction commence par la peroxydation de l’acide iodique par l’eau oxygénée, suivant :

EH?0? + IOSH = H?0 + 10H et s'achève par la décomposition mutuelle des deux peroxydes :

H?0? + IO‘H — H?0 + IOSH + O?

On expliquera de la même façon la destruction de l’eau oxygénée par les iodures en admettant la formation d’un peroxyde primaire :

H20(O) + MI — H?0 + MI(O) (0) = oxygène actif décomposé ensuite par l’eau oxygénée :

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