IMPRESSIONS ACADEMIQUES
La Lanterne vous l'a annoncé: « Un de ces jours Drumont vous dira lui-même son sentiment sur son échec à l'Académie. » La Lanterne avait raison.
Si j'avais dit mon sentiment le jour même, on aurait crié: « Cet homme exaspéré n'a pu retenir ses imprécations contre les juges. »
Si je ne disais rien, on s'écrierait: « Cet homme est tellement écrasé qu'il ne peut plus prononcer une parole. »
Si je parle, ceux qui ne m'aiment pas diront: « Il faut qu'à tout prix cet homme nous entretienne de son moi. »
Que voulez-vous que je fasse cependant ? Franchement, je ne puis pas ne pas parler de mon moi dans une question où ce qui est en cause c'est mon moi, le reflet et le grandissement de mon moi qui constitue mon œuvre, l'action exercée au dehors par mon œuvre, les haines et les sympathies inspirées par cette œuvre.
Ernest Judet m'a consacré un article un peu grognon. Je m'en étonne, car nous avons eu toujours des relations amicales ensemble et noiis avons souvent défendu les mêmes causes. Cela prouve tout simplement que, cette fois, nous ne voyons pas les choses de la même façon.
Il est permis de se demander, écrit M. Judet,
pourquoi, créateur d'un mouvement puissant d'opinion qui a remué la fin du dix-neuvième siècle et qui reste lié à son initiative, il a voulu par-dessus le marché obtenir la consécration de l'Institut. De telles campagnes, valant par l'action de l'homme sur les hommes de sa génération, portent avec elles leur sanction et leur récompense. Celui qui risque sa renommée et sa vie pour les faire triompher s'isole et renonce aux autres ambitions. On ne sert pas à la fois deux divinités qui s'excluent.
Je ne puis que vous répéter que nous ne voyons pas probablement de même sur ce sujet.
Tous ceux qui me connaissent savent que je n'ai pas la moindre ambition. J'ajoute que je ne considère pas tout à fait l'Académie comme une récompense.
Avec leur exagération d'Orientaux et le faux lyrisme des Sémites, les Juifs, dans la littérature boulevardière qui est leur instrument, excellent à la fois à dénaturer, à fausser, à corrompre certaines institutions et à leur prêter des proportions hyperboliques pour glorifier plus tard outre mesure les Juifs et les Métèques qui seront parvenus à entrer dans la place.
Comme je le disais plus haut, l'Académie est une des rares institutions qui restent debout au milieu de tant de ruines; elle a le caractère auguste de tout ce qui a duré, de tout ce qui a représenté le génie français, la culture française dans ses manifestations diverses.
Elle est grande parce que tout ce qui porte l'empreinte de l'ancienne France, est grand, mais enfin c'est simplement un corps d'Etat indépendant semblable à tous ceux qui ont fait la gloire du passé.
Comme le dit Maurras, qui a le sens de l'organisation d'autrefois, ces vieilles Compagnies, le Collège de France et l'Académie, ont pour caractère de se recruter par elles-mêmes et en dehors du gouvernement. Elles ne valent donc que par les choix qu'elles font.
Même aux veux des adversaires de bonne
foi, un écrivain qui appartient au journalisme depuis quarante ans et qui a derrière lui une œuvre littéraire considérable, avait tous les droits possibles à entrer à l'Académie.
L'Académie m'a préféré un écrivain qui, en dehors d'œuvres un peu obscènes, n'avait d'autres mérites que d'avoir insulté nos vieux généraux dans un journal étranger pour faire triompher la cause d'un traître.
En me présentant, j'ai démontré simiplement que les élites littéraires étaient sous la domination des Juifs comme les pouvoirs parlementaires, judiciaires et financiers. J'ai ajouté un chapitre à cette étude sur la dissolution de la France comme nation, qui sera aussi intéressante à consulter pour ceux qui viendront après nous que l'œuvre de Taine.
Cette œuvre, sans doute, est différente de l'œuvre de Taine en ce sens qu'elle n'est point l'autopsie d'un cadavre, mais l'auscultation d'un malade, un examen par les rayons X. Elle n'a point le témoignage de tous les documenis puisés dans les archives comme l'œuvre de Taine, quoique à notre époque, les documents ne restent pas longtemps enfouis dans les archives et qu'il soit bien rare qu'il s'écoule beaucoup de temps avant qu'ils ne soient mis à la disposition de tous par les journaux.
En tous cas, cette œuvre a cette supériorité sur l'œuvre de Taine d'être une histoire vivante, écrite sous le regard de tous et que chacun peut contrôler.
J'ajoute que cette œuvre pourrait éclairer le pays et le sauver peut-être en lui montrant sous quelle honteuse domination il est tombé. Je crois bien malheureusement que les peuples arrivés à un certain degré ne peuvent plus rien contre les forces de mort qui les entraînent à l'anéantissement définitif.
A ce point de vue, ma candidature est un document humain après tant d'autres, un apport de plus, une contribution à l'histoire de ce temps. Elle prouve que la Juiverie, l'esprit
juif, le Direyfusisme, ont pris possession des milieux intellectuels qui se sont longtemps préservés de la contagion. L'élection de Marcel Prévost n'est que la préface de l'élection de Reinach.
Il n'était pas inutile de restituer à ma caadidature sa véritable physionomie.
Ce serait une légende tout à fait puérile que de présenter un travailleur comme moi qui, personne ne l'ignore, vit fort retiré et ne fréquente pas les salons, sous les traits d'un ambitieux atteint tout à coup d'une vanité niaise et gravissant les escaliers pour solliciter des voix.
Croyez-moi, mon cher Judet, vous ne trouverez pas un académicien qui vous dise: « Drumont est venu solliciter ma voix ».
J'ai dit à tous les académiciens: « L'Académie a été fondée pour vous, puisque vous en êtes; elle a été fondée pour moi puisque j'ai tous les droits possibles à en être. Je crois accomplir un devoir en me présentant, en venant prendre ma place d'écrivain français dans une maison française. »