II. — Les méfaits des compagnies
Tandis que les Juifs saccageaient les forêts qui nous protégeaient contre l'inondation, la Compagnie de l'Orléans, la Compagnie de l'Ouest et le Nord-Sud entreprenaient des travaux qui ont failli amener l'écroulement des [plus magnifiques monuments de Paris.
M. Painlevé a, l'un des premiers, signalé la part de responsabilités qui revient à ces Compagnies dans ce désastre. M. Painlevé, nul ne l'ignore, a été un ardent défenseur du Traître. On reconnaîtra donc qu'en rappelant ce qu'il écrivait alors dans un article intitulé Les Leçons du désastre, mon impartialité est absolue.
Si le plan de Belgrand avait été respecté, les méfaits de l'inondation eussent été minimes. Tout se fut borné à quelques infiltrations lentes, restreintes, faciles à combattre. Mais dans la digue de Belgrand on a creusé des brèches, et c'est de là qu'est venu tout le mal. La ville gardait ses remparts, mais elle avait ouvert ses portes.
Ces brèches sont d'une part les ouvertures ménagées le long de la ligne des Moulineaux et surtout de la ligne d'Austerlitz-quai d'Orsay, .et d'autre part le tube Nord-Sud, inachevé et béant encore. Par ces ouvertures, les eaux se sont précipitées, tendant à établir dans les quartiers bas de Paris, sur la rive gauche comme sur la rive droite, le niveau même de la Seine. Les égoùts ont absorbé tout ce qu'ils ont pu; mais leur capacité d'absorption a été dépassée.
Le chemin de fer des Moulineaux, l'Esplanade des Invalides! J'ai fait au moins vingtcinq artides là-dessus. On n'a qu'à consulter la collection de la Libre Parole, on les trouvera. J'ai eu un moment l'impression que mes lecteurs trouvaient que je revenais bien souvent sur ce sujet et que cela tournait à la scie.
L'Esplanade des Invalides, avec ses arbres admirables, le dôme louis-quatorzien, le décor de palais un peu lointains, les Champs-Elysées en face et la place de la Concorde à quelques pas, constituait le plus beau paysage urbain de Paris.
La nécessité d'une ligne des Moulineaux ne se faisait nullement sentir, ou plutôt répondait à des intérêts privés que nous ne connaissons pas. En tous cas, comme je le disais souvent, on n'imagine pas les foules se précipitant vers les Moulineaux et de fait, la gare des Invalides est presque toujours déserte.
Les ingénieurs de la Compagnie de l'Ouest ne pouvaient avoir la moindre illusion sur le danger qu'un tel tracé offrait au point de vue des inondations. Ces ingénieurs sont, en effet, les grands ingénieurs, sortis des grandes Ecoles et que, d'après les journaux, l'Europe nous envie. Ils touchent de gros appointements dans les Compagnies et comptent en même temps sur les contrôles de l'Etat pour l'avancement, les décorations et la retraite.
Il en a été de même pour la gare d'Orsay.
Pendant près d'un demi-siècle, tous ceux qui ont voulu prendre le chemin de fer d'Orléans ont pu le faire librement. Il y avait même en face de la gare un restaurant où l'on mangeait fort bien et je me souviens d'avoir diné là souvent avec Henri Lasserre quand il partait pour le Périgord ou pour Lourdes.
Sans doute, la gare du quai d'Orsay est autrement monumentale. L'hôtel d'Orsay est fort bien fréquenté et la chère du restaurant est excellente; mais, encore une fois, cela ne valait pas qu'on courre les risques de détruire Paris
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par une inondation. Les Compagnies de chemin de fer n'accomplissent pas un service public quand elles installent un hôtel, fût-il chic, et un restaurant, fùt-il bien servi.
Ce qu'il faudrait dire, c'est le nombre de fraudes, de tromperies, de mensonges, de réclames, de pots-de-vin que cachent ces vastes opérations.
Les financiers affirment là, en toute occasion, qu'ils sont au-dessus de l'Etat.
Quelques malheureux comme moi qui ont eu' leur mobilier saccagé par l'inondation, leurs souvenirs de famille anéantis, leurs livres et leurs manuscrits détruits, ont intenté un procès aux administrateurs de l'ancien Ouest et de l'Orléans qui étaient responsables du désastre. Afin d'influencer le Conseil de préfecture qui devait juger ce procès, M. Millerand dit au Sénat beaucoup de choses qui étaient à proprement parleii des mensonges et que M. de Lubersac a soulignées dans une brochure très intéressante: La Seine à domicile.
Millerand partit de ce principe d'ailleurs contestable: Error commiinis facit jus et i)rétendit qu'en 1896, tout le monde avait approuvé la construction de la gare des Invalides et de la gare du quai d'Orsay.
Or ceci est absolument faux. La Chambre s'opposa nettement à la mutilation de l'Esplanade des Invalides. A la suite d'un discours de Denys Cochin, la Chambre vota un ordre du jour interdisant de couper les arbres. La nuit suivante, la Compagnie de l'Ouest faisait scier les arbres à la lumière électrique.
Il n'y avait plus à revenir sur la construction d'une gare au quai d'Orsay, puisque la Chambre et le Sénat avaient voté l'installation du Musée des Arts décoratifs sur l'emplacement de la Cour des comptes, ce qui n'aurait amené aucune inondation.
On est revenu tout de même sur ce qui avait été voté et je n'ai pas besoin de vous dire les
moyens qui ont été employés pour amener les députés à se déjuger.
Les ingénieurs trompent l'Etat; les hommes politiques touchent des pots-de-vin; les entrepreneurs, pour s'enrichir plus vite, ont recours aux malfaçons, et tout le monde tombe avec entrain sur le sabotage des ouvriers.
Voilà ce qu'il serait nécessaire de répéter tous les jours à cette malheureuse France, que menacent des catastrophes plus terribles encore que le désastre auquel nous avons assisté.
Hélas! la France, dont les Juifs ont faussé, abêti et troublé le cerveau, n'est plus en état d'entendre le langage de la Vérité 1
Lorsqu'il s'est agi de -trouver les fonds nécessaires pour secourir les malheureux sinistrés, Briand aurait eu une excellente occasion de faire un peu de justice socialle. Il aurait dû demander que les financiers qui ont déchaîné le sinistre qui a frappé si durement tant de pauvres gens, réparent, au moins dans une certaine mesure, les dommages qu'ils ont causés.
Le crédit de vingt millions que Briand a fait voter à la Chambre a prouvé que le gouvernement ne se désintéressait pas des souffrances de malheureux qui sont les maîtres des élections et qui peuvent accorder à ceux qu'ils daigneront nommer députés une prébende de quinze mille francs.
Quinze mille francs pendant quatre ans, cela vaut mieux que les maigres sulbsides qu'on accorda aux sinistrés après s'être assuré au préalable que, s'ils n'avaient pas une âme de sansculotte, comme disait Saint-Just, ils avaient tout au moins une âme biocarde.
Ces vingt millions, c'est l'Etat, c'est-à-dire nous tous qui les avons donnés. Il n'a pas été question de les faire donner par ceux qui étaient responsables des catastrophes.
Par une contradiction qu'il serait trop long
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d'expliquer dans toutes ses complexités, ce régime est un ennemi de la propriété, mais seulement d'une certaine propriété, de la propriété constituée par le travail et l'économie des générations successives.
Pour entretenir cette armée de budgétivores, qui sont comme des prétoriens civils, ce régime détruit en réalité l'héritage par des droits de succession véritablement monstrueux. IJ vole cyniquement le bien de religieux et de reiligïeuses auxquels on ne peut rien reprocher. Dès qu'il s'agit d'opérer dans ce qui touche au domaine financier, le gouvernement bat en retraite; il n'y a plus personne.
Sans doute, les conseils d'administration des compagnies de chemins de fer contiennent beaucoup d'hommes d'une incontestable honorabilité et, dans ces conseils, les Juifs sont relativement peu nombreux. N'impoi-te! ces grandes compagnies se rattachent au système juif et le gouvernement se garde bien d'intervenir.
Tous les légistes qu'on a interrogés à propos des responsabilités ont conclu de même: M. Berthélem}', professeur à la Faculté de Droit de Paris, " comme Tétréau, avocat au Conseil d'Etat, pour ne citer que les noms qui me reviennent.
L'Etat ne peut être rendu responsable d'un cas de force majeure. Il ne serait même pas responsable si c'était lui qui avait jugé utile à l'intérêt général de créer ce cas de force majeure.
Lorsque le prince d'Orange en lutte contre la France et l'Angleterre, fit rompre les digues et inonda le pays oour s'opposer à l'invasion des ennemis, il faisait ce que l'intérêt de sa patrie paraissait commander de faire. Rostopchine, lorsqu'il mettait le feu à Moscou, agissait de même. Aucun propriétaire de Moscou n'a jamais essayé d'actionner Rostopchine.
Comme je le disais plus haut, la Chambre, le Pouvoir souverain incarné dans la Chambre,
qui a commis toutes les infamies, pris l'initiative de toutes les stupidités malfaisantes, n'a jamais pensé à faire un chemin de fer de l'Esplanade des Invalides aux Moulineaux, c'est-à-dire à causer une inondation, en construisant dans une ville une ligne de chemin de fer à un niveau inférieur à celui du fleuve qu'elle côtoie.
C'est l'ancienne Compagnie de l'Ouest qui s'est entêtée, — pour des raisons à elle connues, à ce projet saugrenu. C'est elle qui m'a inondé; c'est elle qui devait me désinfecter; c'est elle qui devait réparer mes meubles cassés et saccagés.
Tel qu'il était composé avant le rachat de l'Ouest, le conseil d'administration comprenait beaucoup d'individualités très honoraides et très riches.
Voilà, du reste, quelle était sa composition:
Président: M. Gay.
Vice-présidents: baron Hély d'Oissel, Homiierg.
Membres: MM. Belmontet, Dailly, Blount, Bonnardel, René Brice, baron de Chabaud-Latour, Johannès Couvert, Robert Dufrcsne. baron Gérard, marquis du L au d'Allemans, A. Foulon, baron des Michels, G. Pankoucke, vicomte de ^■aul^eland, comte R. de Lasteyrie, L. Derode, Trillon.
Je suis bien convaincu que les membres du conseil d'administration n'ont pas pris part eux-mêmes aux manœuvres, aux tripotages, aux opérations équivoques qui ont été nécessaires pour faire accepter par la Chambre la mutilation de l'Esplanade des Invalides et la construction d'une ligne dont personne ne comprenait l'utilité.
Il est bien certain, cependant, que ces hommes vivant dans des milieux financiers, n'ignoraient pas comment les choses se passent en pareil cas.
Il n'y a rien dans ce que j'écris qui puisse porter atteinte à l'honorabilité personnelle des membres du conseil d'administration.
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M. Blount, qui faisait partie du conseil au moment de la construction du fameux chemin de fer des Moulineaux, est mort je crois. C'est son fils qui l'a remplacé. M. Blount père était, dit-on, un homme de bien et il a beaucoup contrii)ué à la création de l'oeuvre de l'hospitalité de nuit.
Quoi qu'il en soit, il était Anglais. J'aurais été mal reçu, très probaMement, si j'avais figuré en Angleterre dans l'état-major d'une Compagnie qui se serait avisée de faire déborder la Tamise après avoir au préalable ravagé une place historique rappelant les plus glorieux souvenirs aux Anglais.
Je n'ai pas demandé que M. Blount fils m'envoyât son tapissier pour raccommoder nies meubles démolis, dont les morceaux couraient les uns après les autres dans un cambouis marécageux. J'aurais trouvé tout naturel, néanmoins, que les anciens directeurs de la Compagnie de l'Ouest et les administrateurs qui, d'accord avec eux, ont entrepris et approuvé cette ligne des Moulineaux, qui a été la cause de si terribles ravages, réparent un peu de mal qu'ils ont causé.
Comme celui de l'ancienne Compagnie de l'Ouest, le conseil d'administration de la Compagnie d'Orléans comprend des personnalités fort honorables. En voici la composition:
Président: M. le baron de Courcel.
Vice-présidents: Vergé, comte de PejTonnet, le prince d'Arenberg.
Membres: MM. Etienne Mallet, Mirabaud. marquis de Montaigu, Léon Permezel, J.-B. Rivron, comte L. de Ségur, P. de Waru, Delaunay-Belleville, comte de Bellissen, Baudon de ^lony, marquis de Vogue, Bénac.
Au Nord-Sud, le principal responsable paraît être le Juif Bechmann, Ancien directeur des eaux, connaissant toute la canalisation souterraine de Paris, Bechmann pouvait mieux que
personne se rendre compte du danger de certains travaux.
Président: M. A. Laurans.
Vice-présidents: De Pellerin, de Latouche-Janicot.
Membres: J.-Ch. Roux, Duval, J. R. E. de Rilly, Chatel, Salles, Devise, Juillet-Saint-Lager, J. Pallain, général Delanne, Dutay-Harispe, Paul Chapuy, comte de LjtoI.
Secrétaire du Conseil: P. de Magnin.
Directeur général: Bechmann.
Secrétaire général: Simon.
Commissaires: Berrut, Lefèvre-Pontalis.
On peut s'étonner que Briand n'ait pas songé à des mesures réparatrices à prendre contre les véritables auteurs' de la catastrophe, mesures qui auraient pu lui permettre de concilier, d'adapter sa physionomie actuelle et sa physionomie d'autrefois, de prouver que, dans certaines questions de justice sociale, l'homme de gouvernement qu'il veut être aujourd'hui n'avait pas fait disparaître complètement le théoricien socialiste qu'il était il y a quelques années.
n semble qu'un homme, dans la situation que les événements créaient alors à Briand, aurait pu faire venir ces administrateurs dans son cabinet et leur dire:
« Je fais appel à vous. II ne s'agit pas d'une œuvre de charité. Nous ne voulons plus de ce mot-tlà, et d'ailleurs, il ne serait pas tout à fait exact en cette occasion. Il ne s'agit pas d'une œuvre de solidarité car personne n'a jamais su expliquer ce que signifiait ce mot vague, que Léon Bourgeois emploie à tout propos pour dissimuler le néant fumeux de son cerveau. Mettons qu'il s'agit d'une œuvre de justice sociale.
« Vous avez été trompés par des ingénieurs que nous décorons à tour de bras, mais qui, entre nous, sont des ânes. Vous avez une part de responsabilité dans le désastre. Réparez-le
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en formant un fonds de garantie pour les prêts aux sinistrés. Les financiers ont tant de chance que vous ne perdrez peut-être rien. Cela fera bon effet tout de même. »
Beaucoup auraient compris ce langage. Les Mallet sont des protestants ardents et c'est eux, je crois, qu'Alphonse Daudet a mis en scène dans VEvangéliste. Après tout, il vaut peut-être mieux être hérétique que de ne pas avoir de religion du tout. Une croyance, même fausse, indique un certain spiritualisme, l'effort d'une âme qui se trompe, mais qui cherche la Vérité. Le truc que Briand et Cochery ont employé, c'est le vieux truc de Bouvier, la pression sur les grands établissements de crédit. Les grands établissements de crédit ont continuellement besoin du gouvernement et réciproquement, le gouvernement les met en réquisition à certains moments.
Rien ne prouve mieux ce que nous avons dit si souvent de la connivence du régime actuel et de la Haute Finance.
Cette fois, parait-il, les Banquiers ont opposé une certaine résistance; ils ont récalcitré et rué dans les brancards.
« Nous n'avons pas le droit de disposer des fonds de nos clients, fût-ce pour des œuvres philanthropiques sans consulter nos clients. Le Petit Manteau bleu opérait avec son manteau à lui. «
En fait, l'objection était très vraie. Que les agents de change contribuent à constituer le fonds de garantie, ils ont bien le droit de le faire puisqu'ils le font avec de l'argent qui leur appartient et non avec de l'argent qui leur a été confié. Ce sont d'opulents et brillants seigneurs que le gouvernement tape; ils aimeraient peut-être mieux ne pas être tapés, mais ils se résignent avec bonne grâce.
Ce n'était pas le cas des directeurs des grands
établissements de crédit qui engageaient un peu leur responsabilité.
Notre ami Gaudin de Villaine, dans un très remarqualjile discours prononcé au mois de mars 1910, a insisté, avec une énergie qui lui fait grand honneur, sur les responsabilités encourues par les membres des conseils d'administration des Compagnies dont nous parlons.
Notre ami Dominique Delahaye a même eu l'obligeance de rappeler que j'avais écrit d'innombrables articles pour protester contre leurs travaux stupides.
Cela fait toujours plaisir, quand on a eu son mobilier saccagé, d'entendre proclamer qu'on a fait tout ce qu'on a pu pour avertir ses concitoyens.
M. Gaudin de Vh-laine. — Et ne doit-on pas se souvenir de tous les articles écrits jadis par la presse indépendante contre les dangers, l'inutilité, les absurdités de la gare des Invalides, de la ligne des Moulineaux, de cet énorme et affreux bazar de la gare d'Orléans défigurant le quai d'Orsay et la physionomie du faubourg Saint-Germain !
Et n'avez-vous pas gardé le souvenir de cette séance de la Chambre, où l'on interdisait par un ordre du jour la dévastation de l'esplanade des Invalides? La nuit suivante, la compagnie de l'Ouest faisait scier les arbres à la clarté de projecteurs électriques!
M. Dominique Delahaye. — Drumont l'a rappelé vingt fois dans ses articles.
l\i. Gaudin de Villaine. — Oui, les responsabilités des compagnies d'Orléans et de l'Ouest, et des services de l'Etat qui ont autorisé ces folies, sont inexcusables. (Très bien ! sur divers bancs.)
Le Sénat me pardonnera d'insister encore sur différents points, mais il faut bien que je dise tout ce qui est nécessaire pour éclairer la religion du Sénat.
M. Flaissières. — C'est très intéressant.
Delahaye, d'ailleurs, est un homme de bon conseil. Il disait à Millerand: « Lisez-donc la Libre Parole, monsieur le ministre, vous en tirerez profit. »
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Combien de gens depuis vingt-deux ans auraient tiré profit de lire la Libre Parole et surtout de comprendre ce qu'elle ne se lassait pas de répéter!
A tous les points de vue, l'interpellation de Gaudin de Villaine différait de tant d'interpellations complaisantes et vaines. Elle en différait par l'indépendance du langage comme par l'élévation de la pensée.
C'était une évocation sur des ruines que ce rappel d'une conversation que Gaudin de Villaine eut avec un ouvrier un jour de Premier Mai.
Gaudin de Villaine avait profité du 1" mai, où la circulation est possible sur les routes, pour aller faire un tour dans la banlieue; il rencontra un ouvrier fort intelligent qu'il avait connu quand il faisait son service militaire.
L'ouvrier causa avec le sénateur et lui dit: « Vous n'avez pas peur de vous promener un jour pareil? » Il ajouta:
Vous avez raison, d'ailleurs, le dessus de Paris est bien à vous et la République bourgeoise, M. Clemenceau en tète, peut y faire manœuvrer ses troupes et ses meilleurs généraux: c'est nous autres, ouvriers, qui tenons le sous-sol.
Oui, mes camarades, syndiqués révolutionnairement, tiennent le sous-sol; au jour, à l'heure qui nous plaira, nous saurons bien manifester notre présence.
Encore une fois, nous sommes bien les maîtres du sous-sol et au jour désigné nous saurons bien, même au sacrifice de notre vie, nous offrir un beau feu d'artifice pour le grand soir de la sociale !
Voilà une conversation que je recommande à tous les propriétaires d'immeubles dans Paris.
Là-dessus, le Juif Strauss interrompit Gaudin de Villaine et lui dit:
« Il vous a réellement fait monter à l'arbre, votre interlocuteur du 1^"^ Mai. »
Ce Juif est bien nature lui aussi. Israël triomphe; les Juifs sont les maîtres de tout et remuent des millions à la pelle. Tout va bien.
Ce Juif ne se doute pas de l'état d'esprit de ces prolétaires auxqueJs on a enlevé toutes leurs croyances et jusqu'à l'idéal patriotique sur lequel notre race a vécu pendant des siècles.
Des propos semblables m'ont été tenus dix fois par des ouvriers instruits, des ouvriers scientifiques ou des ouvriers d'art qui parlaient librement avec moi parce que je ne leur ai jamais caché mon opinion.
Paris finira dans un cataclysme de ce genre. C'est annoncé, d'ailleurs, dans la prophétie de Vatrin.
On peut en parler sans inquiéter personne. Il en est de cela comme des innombrables articles qu'on a faits, il y a quinze ans, sur le chemin de fer des Moulineaux. Ces avertissements ne servent à rien. L'eau était encore dans quelques rues que déjà la plupart des journaux commentant les paroles rassurantes de Millerand s'écriaient en choeur : « Maintenant amusons-nous ferme! »
C'est un thème à profondes réflexions, que de constater combien Satan est toujours le parodiste de Dieu, le singe de Dieu, similis Dei, disait Tertullien.
C'est dans les catacombes de Rome que s'est allumé le flambeau de Vérité qui a illuminé et transformé le monde. C'est dans les sous-sols de Paris que le Génie du Mal. représentant de la Science sans Dieu, mise au service de la Destruction, allumera la torche qui fera tout flamber...