‹ Sur le crâne remarquable d'une idiote de 21 ans avec des observations sur le basiotique, le squamosal, le quadratum, le quadrato-jugal, le jugal, le postfrontal postérieur et le postfrontal antérieur de l'hommeChapitre 5 sur 26 · OS DU CRANE · texte numérisé non relu

OS DU CRANE

Occipital.

a) Basioccîpital. — Le basioccipital est en synostose complète avec les exoccipitaux et nous montre une configuration particulière, qui a aussi, comme nous l’avons vu ci-dessus, frappé M. Ideler ; toutefois ce savant n’en a pu trouver l’explication. Voici d’abord la description exacte de l’état réel du basioccipital : il est extrêmement court dans son étendue caudo-crânienne, ne mesurant dans ce sens que 9 x/a millimètres au maximum; il se termine donc immédiatement au niveau des racines antérieures ou crâniennes des exoccipitaux, tandis qu’à l’état normal il se prolonge beaucoup plus en avant, les bords de la partie préexoccipitale (*) se juxtaposant aux rochers. Il manque donc au basioccipital de notre idiote toute la partie préexoccipitale, le basioccipital étant en effet réduit à sa partie exoccipitale.

L’explication de ce fait extraordinaire, vainement cherchée par M. Ideler, se trouve dans les conclusions que j’ai exposées dans le mémoire cité tout à l’heure, et dans lequel j’ai tâché de prouver que le basioccipital se développe primitivement par deux os différents, situés l’un devant l’autre dans le sens crânio-caudal. L’os postérieur est le vrai basioccipital, qui devient après la synostose avec l’os antérieur, la partie exoccipitale; l’os antérieur, au contraire, est un nouvel os de la base du crâne, que j’ai nommé le basiotique, parce qu’il sert de complexe de centres aux périotiques

p) J’ai proposé dans mon Mémoire sur le basiotique, un nouvel os de la base du crâne, situé entre l’occipital et le sphénoïde , Bruxelles, Mayolez, 1 883 , d’appeler la partie du basioccipital , qui est synostosée avec les exoccipitaux, la partie exoccipitale; celle qui est située en avant et qui se juxtapose aux rochers, la partie préexoccipitale. Comme la partie préexoccipitale se développe par un os particulier, que j’ai appelé basiotique, les noms de partie préexoccipitale et de partie basiotique du basioccipital sont synonymes.

(rochers) : cet os devient après la synostose avec l'os postérieur ou le véritable basioccipital la partie préexoccipitale ou basiotique du soi-disant « basioccipital (x). » Donc nous pouvons nous borner, en décrivant le basioccipital de notre idiote, à signaler l’absence de la partie basiotique ou préexoccipitale. Nous retrouverons plus tard cette partie en donnant la description du basipostsphénoïde, carie basiotique, chose importante, s’est soudé dans ce crâne avec le basipostsphénoïde, et non avec le basioccipital qui reste presque complètement séparé de ce dernier os.

Je dis presque complètement, parce que du milieu du bord antérieur de la partie exoccipitale du basioccipital une colonne osseuse très mince (pl. III, fig. 5, 7 et 8, n° 4), que M. Ideler a déjà signalée, se prolonge en avant et se continue jusqu’à l’os qui est situé antérieurement. Comme cet os n’est pas le basipostsphénoïde, mais le basiotique, soudé à lui, ce petit pont osseux, grêle, qui réunit le vrai basioccipital au basiotique, a la valeur morphologique d’un pont basioccipito-basiotique.

Il mesure 4 millimètres de largeur, 6 millimètres de hauteur ventro-dorsale (et non 2 millimètres, comme le dit M. Ideler), et 2 I/2 millimètres de longueur caudo-crânienne.

De chaque côté dupont basioccipito-basiotique il reste une échancrure basioccipito-basiotique profonde (pl. III, fig. 8, n° 7, voir aussi fig. 5 et 7), qui sépare les deux os qui lui ont procuré son nom, et dont la valeur morphologique sera immédiatement saisie, si nous nous souvenons, comme je l’ai exposé dans mon mémoire cité, que la partie centrale de l’axe spondylique du crâne est primitivement composée des os suivants : i° le basioccipital; 20 le basiotique ; 3° le basipostsphénoïde; 40 le basiprésphénoïde ; 5° le mésethmoïde auquel se joint 6° le cartilage quadrilatère de la cloison du nez.

Or primitivement nous avons deux synchondroses qui séparent le basiotique des os adjacents : i° la synchondrose basioccipitobasiotique et 20 la synchondrose basiotico-basipostsphénoïdale. Comme il n’y a aucun doute que les échancrures basioccipitobasiotiques, qui existent à côté du petit pont osseux signalé, ont été remplies par du cartilage, nous sommes autorisés à dire que

(I) Je dis « soi-disant » « basioccipital » puisque, comme nous l’avons vu, l’os, appelé tout bonnement le « basioccipital », est composé du véritable basioccipital, qui réunit les exoccipitaux, et du basiotique, qui réunit les périotiques ou rochers.

dans ces échancrures étaient les restes de la synchondrose basioccipito-basiotique qui eût été complète (x) si le petit pont basioccipito-basiotique n’avait pas existé.

Comme la corde dorsale traverse la synchondrose du basiotique avec le basioccipital, ce pont est certainement l’ossification de la corde dorsale et de sa gaine, ossification qui trouverait, dans un certain sens (2), une formation homodynamique dans une réunion osseuse de la dent de l’axis avec le basioccipital par ossification du ligament suspenseur de la dent.

Le fait dont nous signalons la présence dans notre crâne, n’est pas unique, puisque nous avons encore remarqué un pont basioccipito-basiotique dans un crâne normal d’un enfant nouveau-né de la collection de M. Virchow, dans un crâne de fœtus humain de huit mois et dans un crâne de fœtus de cochon cyclope, préparé par M. le professeur Hensen (3). Toutefois nous sommes heureux de constater, dans notre crâne d’idiote âgée de vingt et un ans, la persistance de cet état que nous avons signalé d’autre part chez un nouveau-né et chez un fœtus. Ce crâne présente donc une grande importance pour l’anatomie comparée et nous fournit un appui sérieux pour les théories que nous avons émises sur la partie préexoccipitale ou basiotique de la partie basilaire de l’occipital.

D’après cette théorie, que nous allons passer succinctement en revue, nous admettons six différents complexes de centres de vertèbres et quatre différents complexes de neur apophyses de vertèbres dans la partie spondylique du crâne. Les relations de ces complexes de centres et de neurapophyses entre eux sont exprimées d’une manière facile à saisir, dans le tableau ci-dessous emprunté, en ajoutant les complexes d’hypapophyses, à mon travail précité sur le basiotique.

Ç) Comme par exemple dans le crâne de fœtus humain cyclope hémicéphale d’environ huit mois, et dans le crâne d’un hémicéphale humain non cyclope de la collection pathologique de M. Virchow, à la Charité de Berlin, décrits dans mon travail sur le basiotique et figurés par les dessins nos 1 à 4.

(2) Je dis « dans un certain sens », parce que au milieu du ligament suspenseur de la dent il se peut encore trouver le dernier reste du centre du proatlas ou de la véritable première vertèbre cervicale des amniotes. Voir P Albrecht : Note sur le centre du proatlas che^ un Macacus arctoïdes, /. Geoffr. (Bulletin du Musée royal d’histoire naturelle de Belgique, t. II, 1 883.)

(J) Voir les figures 7, 8 et 5 de mon travail sur le basiotique.

Tableau des complexes centraux , des complexes neurapophy siens et des complexes

hypapophy siens du crâne spondylique.

Complexes

d’hypapophyses.

Vomer (I).

Parasphénoïde (2).

Complexes

de

neurapophyses gauches.

Complexes

de

centres de vertèbres-

Complexes

de

neurapophyses droites.

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