‹ Sur le Diagnostic de la SubmersionChapitre 19 sur 29 · VOIES AÉRIENNES ET POUMONS · texte numérisé non relu

VOIES AÉRIENNES ET POUMONS

L'examen de l'appareil respiratoire tient une place primordiale dans le diagnostic de mort par submersion.

On remarque dans les voies aériennes la présence de l’écume qui est considérée comme un des signes principaux de la submersion vitale. Cette spume, quiest blanche au début, devient rapidement rougeâtre ou brune sale par son mélange avec du sang transsudé.

Elle est formée d’une mousse fine, légère, à bulles très petites, innombrables, mobiles et très tenaces.

Celle écume se forme avec l’eau qui à pénétré dans les bronches, à la phase de dyspnée et qui est brassée avec l’air contenu dans les poumons. Certains comme Minck, Paltauf, Bergeron et Montano pensent que s’y joint également les sécrétions bronchiques et pulmonaires se produisant à la suite de l’irritation que provoque l’entrée du liquide de submersion.

Immédiatement après la mort, cette écume sort par la trachée, ainsi que nous l’avons constaté dans nos expériences exposées plus loin.

La présence de celle écume a été considérée comme très caractéristique par tous les autcurs, depuis Louis

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jusqu’à nos jours. Mais Engel, Bukner, puis Séveri ont signalé la présence de cette spume due aux mouvements de l’air des poumons dans l’eau pénétrée post morlem

dans les cadavres immergés, ces mouvements étant dus,

à la putréfaction ou imprimés au cadavre au moment de son extraction. Mais Wilmans, Wachholz et Horoskiewicz pensent qu’on peut la différencier de Pécume vitale car elle est moins serrée, les bulles étant plus volumineuses.

La putréfaction chasse peu à peu des voies respiratoires celle écume qui, après avoir formé le champignon de mousse devant la bouche et le nez, disparaît complètement après cinq ou douze jours suivant la saison, été ou hiver. Enfin, cette écume se rencontre encore dans d’autres cas de mort, ainsi on l’a signalée dans l'épilepsie, la rage, la strangulation et l’æœdème aigu du poumon. On peut, d’après certains auleurs, trouver des caractères différenciels suivant la place de l’écume, la grosseur et l'abondance des bulles. Martin à dit : « Cette écume se distingue d’un transsudat d'œdème par son point de congélation plus élevé intermédiaire entre celui de l’eau et celui du transsudat et du sérum sanguin ».

Mais, comme, pratiquement, on ne peut utiliser ces légères différences d’aspect, on doit conclure, avec Stockis, que la présence de cette écume « permet de poser avec la plus grande vraisemblance le diagnostic de submersion si l’on exclut la possibilité d’un œdème pulmonaire ».

Après l'ouverture du cadavre, l’ablation du plastron

S.à RE

Slerno-costal, les poumons augmentent de volume, sé précipitent hors de la cage thoracique, s'appliquant sur les parois de la cavité thoracique qu’ils remplissent entièrement, ils portent l’empreinte des côtes. Leurs bords antérieurs, mousses el arrondis « chevauchent Pan sur l’autre après la section du médiastin antérieur ». Comme le décrit Devergie, le tissu pulmonaire est blanchâtre, œdémateux, spongieux, la palpation donne par place la sensation d’un édredon gonflé d’air et en d’autres celle d’une éponge imbibée d’eau, gardant lPempreinte du doigt et laissant couler à la coupe une mousse comparable à celle trouvée dans les voies respiraloires supérieures, les premières donnant au contraire une coupe sèche. Brouardel a appelé cet état mixte du poumon : « l’emphysème aqueux ». La densité de ce parenchyme est augmentée passant à 0,6 au lieu de 0,5 comme normalement. Mais certaines affections : la pneumonie, Pædème aigu donnent le même résultat. - Ce signe ne peut servir au diagnostic.

Casper appelle cet état d’emphysème des poumons l’hyperaérie et l’explique par une accumulation de l'air retenu dans les alvéoles et dilatant le tissu alvéolaire élastique. Cet air est retenu dans le parenchyme, pour Lesser et Ceradini, par l'oblitération des bronchioles par une hypersécrétion des muqueuses. Strassmann invoque l’adhérence capillaire du liquide de submersion dans les fines bronchioles et, nommant cet état ballonnement sec, il explique l’affaissement des poumons chez les vieux noyés par la libération des bronchioles le liquide ayant transsudé,

Margulies propose une théorie semblable à celle de Casper, tout en faisant remarquer que l’hyperaérie est favorisée si les poumons sont en inspiration au moment de la submersion.

La phase expiraloire favorise, au contraire, l'æœdème dû à l’imbibition du parenchyme par le liquide de submersion, Cet œdème aqueux étant souvent accompagné d’une transsudation du sérum sanguin dans le tissu pulmonaire, par suite de la persistance de la circulation comme l'ont signalé Paltauf et Schœæffer.

Revenstorf envisage ces deux états comme deux degrés différents de la résorption par les voies lymphaliques et sanguines des poumons. Dominicis différencie trois types dans les poumons des noyés :

a) L'hyperhydrie confondue avec l’emphysème aqueux de Brouardel survenant après une expiration forcée, les poumons donnant l’impression d’une éponge pleine d'eau

b) L’hyperaérie après une submersion entrecoupée d'inspiralions ;

c) L’hyperaérohydrie, état intermédiaire très fréquent.

Mais cet état des poumons ne peut être retenu comme élément de diagnostic car il disparaît rapidement non seulement par la transsudation due à la pesanteur, mais aussi, Comme nous l’avons constaté dans nos expériences, par la pression exercée par l'air résiduel comprimé dans les alvéoles.

On remarque aussi, parfois, à la surface des poumons des ecchymoses sous-pleurales dont l'étendue dépend,

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d’après Sarda, de la durée de la lutte et de la quantité d’eau absorbée : une mort lente entraînant des ecchymoses larges, irrégulières et pâles, très différentes des taches petites, arrondies et rouges, très semblables aux « taches de Tardieu » qui se produisent si la mort est rapide Ces ecchymoses sous-pleurales qui, d’après Sarda, se produisent immédiatement après la mort sont inconstantes et ne peuvent servir au diagnostic.

Eafin on note souvent la présence de liquide dans les plèvres, nous en avons trouvé dans une autopsie 600 cc. dans chaque cavité pleurale. Revenstorf comme les autres auteurs pense qu'il s’agit d’une transsudation post mortem. Stockis signale la présence de 20 à 30 cc. de liquide de submersion avec quelques éléments figurés ayant traversé la plèvre immédiatement après la mort et y voit un signe de grande présomption pour la submersion vitale, la plèvre formant chez le cadavre une surface filtrante absolument parfaite, sauf dans certaines conditions expérimentales spéciales : introduction de liquide dans la trachée directement et sous pression. Dans nos expériences, nous n’avons jamais {rouvé de liquide dans la cavité pleurale immédiatement après la mort, mais après quelques jours le liquide abondant qui s’y trouve ne contenait jamais de grains d’encre de chine, la plèvre formant un filtre parfait, comme le dit Stockis.

La réunion de l’ensemble de ces signes macroscopiques, qui ont peu de valeur pris isolément, est capable d'orienter les recherches en faisant penser à la possibilité de la submersion vitale,

L'examen microscopique est au contraire très importantet permet souvent de trancher la question.

De nombreux auteurs ont fait des recherches sur ce sujet. |

Tourdes, écrasant des parcelies de poumons dit : « On voit le tissu pénétré de bulles d'écume, et ces bulles innombrables s’échappent des deux côtés de la préparation pressée entre deux verres ».

Paltauf remarque la constance des déchirures des “septa inter-alvéolaires.

Brouardel insiste sur la présence des plaques d’hémorragie et note des lésions des cellules endothéliales des -alvéoles pulmonaires.

Schmidt trouve un signe pathognomonique dans l’emphysème formé par les alvéoles rompues.

Serratrice, comme lindique Danger dans sa thèse,

“en cherchant les caractères différentiels des poumons de noyés, pendus et strangulés, insiste sur la dilatation ‘ desalvéoles et les lésions des fibres élastiques. Leers, et Horoskiewicz après lui, montrent que les : ruptures alvéolaires sont constituées par la déchirure des fibres élastiques de la cloison dénudée de leur revêtement endothélial.

Enfin Rasse trouve un signe absolu dans la présence des hémorragies à caractère vital et la diffusion des lésions.

Marchand, dans sa thèse de Lille en 1929, a étudié expérimentalement celte question d’anatomopathologie,

Comme lui,nousavons constaté dans nos expériences que la lésion la plus répandue est l’emphysème. Cet

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