RARE
emphysème est constant, siégeant surtout dans les régions qui avoisinent la plèvre viscérale. Il est irrégulier, -OCCupant par places de larges zones, tandis qu’en d’autres, il est fragmenté en petits foyers s'étendant sur quelques alvéoles.
Dans ces zones emphysémateuses, les cloisons interalvéolaires sont amincies, étirées et souvent même rompues par place, formant ainsi, par la réunion de RAGE alvéoles dilatées, de grandes cavités aériennes.
Les ruptures des sepla sont très caractéristiques et la coloralion élective au Weiggert permet de mettre en
évidence les lésions des fibres élastiques. |
Pellissier en a fait une description très détaillée dans les Annales de Médecine légale en 1923.
Les ruptures se présentent sous la forme de ponts interrompus, de crochets, le plus souvent de fil de fouet, lambeau de la paroi alvéolaire flottant dans une cavité aérienne dilatée ».
Ces images de cloisons rompues, formées par une espèce de languette membraniforme, avec une ou deux fibres élastiques effilochées, sans recouvrement épithélial, sont très différentes de celles des crêtes alvéolaires avec leurs extrémités libres, épaisses et souvent en massue avec des fibres musculaires lisses que Marchand a mis en évidence par la coloration élective d’azocarmin bleu d’aniline. Ê
Cet emphysème est aussi différent de l’emphysèmemaladie par l'absence de l’atrophie du tissu élastique et la présence de la congestion vasculaire générale du pou-
mon des noyés.
SE. Hoi
Marchand a noté aussi, en dehors des zones emphysémateuses des régions limitées d’alvéolite catarrhale, œdémaleuse, hémorragique ou fibrineuse, qu’il trouve constantes mais que nous n’avons pas ou très peu retrouvées dans nos expérieuces. Marchand ajoute d’ailleurs
que ces lésions sont surtout fréquentes quand il y a survie. Pellissicr etLeclercq em ont constaté dans toutes les asphyxies mécaniqnes en 1932.
A côté de ces plages d’emphysème nous avons remarqué des zones d’atélectasie où les alvéoles sont petites, déformées, allongées, les cloisons étant épaisses, dilatées par les capillaires gorgés de globules rouges.
L’épithélium pulmonaire lui-même présente aussi des modifications. Au lieu de trouver comme normalement des cellules polyédriques avec un noyau volumineux ou de grandes cellules en lamelles sans noyaux, on trouve des cellules qui sonten général déformées, boursouflées, sphéroïdales. L'épithélium desquamant par places se détache de la paroi anhiste et certaines cellules épithéliales sont dans la lumière alvéolaire accompagnées de cellules à poussières normales.
Brouardel avail trouvé des signes de dégénérescence graisseuse dans cerlaines de ces cellules sphéroïdales,
trouvant des granulalions colorées en noir par l’acide
esmique. Marchand n’a pu en trouver el pense que Brouardel avait remarqué des cellules à poussières bien décrites par Guieyse et Pellissier à la Société de Biologie en 1919. :
Marchand a signalé aussi des hémorragies péribronchiques qu’il trouve très fréquentes, le sang hémolysé
sibél
se répandant de proche en proche dans les alvéoles entourant les bronches, donnant des contours polycycliques à ces foyers « image en tête de serpent ».
Îl constate aussi la présence de foyers hémorragiques microscopiques, irréguliers, réparties irrégulierement, épousant la forme des alvéoles dus à des ruptures de l’endothélium des capillaires, laissant échapper des globules rouges.
Ces foyers sont constitués soit par des globules rouges bien conservés, soit par un magma de ces globules déformés, coalescents, laqués, où se détachent les noyaux foncés des leucocyles et parfois des grains de pigmentation brune jaunâtre.
Nous avons aussi constaté dans nos expériences ces hémorragies péribronchiques et microscopiques, mais pas en aussi grand nombre que le signale Marchand. Nous avons surlout noté des capillaires gorgés de globules rouges dilatés, sauf dans les régions emphysémateuses, épaississant tellement lé parois que les lumières alvéolaires sont réduites. Nous avons remarqué des hémorragies très abondantes seulement dans les cas de submersion avec du collodion qui, étant très visqueux, réalise plutôt une suffocalion, comme Pa montré Moskow, de Sofia, dans ses expériences à propos d’un suicide. Rasse insiste cependant sur l’abondance de ces bémorragies en indiquant le caractère vilal : « Le sang refoulé par les contractions du ventricule droit au cours de l’'agonie se fait jour à travers les fissures des parois du capillaire traumatisé par l’eau et va inonder l’alvéole »,
Enfin, l'examen des bronches montre la présence de cellules épithéliales desquamées par place, la lumière élant occupée soit par le liquide de submersion, soil par un léger transsudat œdémaleux.
Mais Pellissier et Leclercq ont montré en 1923, après une étude très détaillée des différentes asphyxies mécaniques, que l’on pouvait retrouver dans tous les cas ces lésions précédentes, d'ordre vasculaire ou d’ordre trabéculaire,
Enfin, malgré Wachholz et Horoskiewicz, puis Stoc-
kis, qui ont reproduit les déchirures alvéolaires et les hémorragies chez les cadavres immergés, dans des conditions spéciales (pression d’eau de 50 à 60 cc. et ligature des vaisseaux du hile) on peut conclure avec Marchand :
«On peut songer en effet à la submersion vitale devant la triade de signes ; emphysème abondant irrégulier avec nombreuses ruptures des cloisons et conservation du tissu élastique, réplélion vasculaire intense amenant des hémorragies .péri-bronchiques -et alvéolaires, œdème très rare, sans oublier que ce sont là des signes communs aux asphyxies mécaniques ».
Il y a intérêt à procéder à cet examen même lorsque le cadavre n’est pas rigoureusement frais ; les lésions de la putréfaction peuvent d’ailleurs se confondre difficilement avec celles de la submersion.
Mais un autre résullat de examen microscopique des poumons est la constatation dans les alvéoles de corps étrangers iuspirés à la phase dyspnéique, constatation qui permet d’être affirmatif,
Hoi
La pénétration des matières colorées dans les poumons fut montrée en premier par Portal en 1776 qui retrouva dans les voies aériennes des animaux une sérosité écumeuse de même couleur que celle du liquide de submersion,
Clément Alphant, dans sa thèse en 1865, pense que les corps étrangers ne peuvent pénétrer dans les voies aériennes que par « l'intervention d'une force vitale ». En 1884, Bougier, dans sa thèse, étudie complètement la question de la pénétration des corps étrangers, en utilisant de la fuschine, du ferrocyanure de potassium, de la sciure de bois. Il pense que l’eau et les matières étrangères pénètrent chez le noyé et chez les cadavres immergés, mais chez les premiers les corps étrangers vont jusque dans les petites bronchioles, tandis que chez les seconds, ils ne dépasseraient pas les cinquième et sixième bronches, le liquide pénétrant jusqu'aux bronches moyennes où il est arrêté par la colonne d’air comprimé. Hoffmann et Lesser sont de son avis pour les corps étrangers, mais pensent que le liquide pénètre jusque dans le parenchyme pulmonaire.
Malvoz, en 1890, éludiant les asphyxies fœtales, retrouve du liquide amniotique dans les alvéoles des fœtus ayant respiré et après une série d'expériences avec des rats blancs est conduit aux conclusions suivanles :
« Dans la submersion pendant la vie, les éléments microscopiques transportés par le liquide pénètrent Facilement et en grande quantité dans le Lissu pulmonaire el jusque dans le tissu interstitiel du poumon, par suite
de la rupture de certaines alvéoles pendant la submersion »,
« Chez les animaux immergés après la mort, on ne retrouve pas, en général, les petits corps étrangers du liquide submergeant dans les alvéoles, ni même dans les fines terminaisons bronchiques, dans les bronches plus importantes ils y sont incomparablement plus rares que chez les véritables noyés ».
« Chez les cadavres immergés après rupture des voies aériennes supérieures on peut retrouver les éléments du liquide submergeant jusque dans les alvéoles, mais en petites quantités et ces éléments ne pénètrent pas dans le tissu interstitiel du poumon ».
Wilmans cherche alors à faire le diagnostic par la recherche des bactéries passées dans le poumon des noyés, mais Borri montra que ces bactéries envahissent aussi le cadavre des immergés post-morlem.
Reinsberg recherche alors les débris végétaux et constate leur présence, dans 96 9% des cas, dans le parenchyme pulmonaire des noyés.
Revenstorf, après s'être assuré de la présence constante d’un planchton végétal dans les milieux aqualiques, étudie la répartition de ces liquides dans le parenchyme pulmonaire en se basant sur celle d’une-solution aqueuse de bismuth opaque aux Rayons X. Il trouve une réparlilion uniforme du liquide de submersion dans le poumon des noyés, la répartilion étant centrale et hilaire chez un cadavre immergé.
Ce principe sert de base à sa « Planchton Méthod » d’après laquelle il faut trouver du planchton dans les
parties «les plus superficielles du parenchyme » sous la plèvre, pour établir le diagnostic de submersion vitale.
Mais Margulies, Paltauf puis Stockis en noyant des animaux dans une émulsion de bleu de Prusse prouvent que, chez les noyés, la répartition du liquide est variable et que, chez le cadavre immergé, ce liquide imbibe aussi facilement tous les poumons.
Thoinot rapporte les expériences d'Haberda qui plaça des cadavres de nouveau-nés morts dans des égouts. Il dit avoir trouvé les impuretés des eaux vannes dans les voies respiraloires et, en général, jusque dans les alvéoles.
En 1920, MM. Balthazard et Piédelièvre étudiant la submersion intra utérine du fœtus trouvent un signe de vitalité dans la présence des éléments du liquide amniotique dans les alvéoles pulmonaires des fœtus.
Enfin, Marchand, en 1929, après de nombreuses expériences sur le sujet, écrit : € On peut affirmer la submersion vitale devant la présence des corps étrangers dans les alvéoles pulmonaires. Cette présence chez Panimal submergé est constante et peut être relevée en tous points du champ pulmonaire ».
Il montre d’ailleurs que le planchton se trouve en plus grande abondance à la base qu’au sommet.
Comme nous le verrons plus loin, nous sommes entièrement de l’avis de Marchand trouvant une pénétration apicale moindre que celle de la base. Nous avons aussi trouvé dans toutes les régions du poumon d’un animal submergé dans l’encre de Chine les grains de celte matière colorante lapissant les parois alvéolaires,
Pr. 7
Îls sont comme les grains de lycopodé de Marchand, plus abondants dans les régions non émphysémateuses, formant aussi des amas plus denses dans les angles ou sur les aspérités des cloisons. Ils sont aussi en plus grande quantité dans les alvéoles de la base que dans la région apicale, comme l’a bien montré Marchand par ses numéralions.
Il nous semble aussi en avoir trouvé enchässés dans la paroi et même pénétrés dans les cloisons surtout près des ruptures alvéolaires. Immédiatement après la mort, ces corps étrangers se trouvent répartis uniformément sous la plèvre el dans la région hilaire. Mais après la mort, comme nous le montrerons plus loin, ils s'amassent peu à peu sous la plèvre pour former une couche très dense à ce niveau.
On n’en trouve jamais, ou en quantité infime, dans les alvéoles des animaux Laés avarl la submersion.
© Malgré l’avis de quelques auteurs, nous voyons donc que l’on peut conclure, comme l'écrit M. le Professeur Balthazard dans tout sor traité de Médecine légale : « La constatation de la présence de corps étrangers dans les dernières ramifications bronchiques garde donc toute sa valeur diagnostique quel que soit l’état du cadavre ».
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