‹ Sur le Diagnostic de la SubmersionChapitre 21 sur 29 · EXPÉRIMENTATION · texte numérisé non relu

EXPÉRIMENTATION

Nous allons maintenant rapporter les comptes rendus de nos expériences et de nos observations, puis nous exposerons les conclusions que nous croyons pouvoir en tirer.

Expérience I

Après avoir fait une trachéotomie à un cobaye et fixé sa trachée sur une sonde mise en communication avec un entonnoir, nous avons versé une solution de collodion assez fluide colorée avec du bleu de Méthylène. Après quelques inspirations rapides, au début, suivies d'une période d’apnée prolongée, coupée de quelques inspirations saccadées, l'animal est mort n'ayant absorbé que 3 cc. de collodion, au début seulement. Après la mort, nous comprimons légèrement le thorax et constatons l’arrivée, dans la t:achée, d'une mousse très fine.

On laisse reposer le corps pendant deux jours dans la glacière à + 20. On ouvre ensuite le thorax, les poumons apparaissent petits, emphysémateux,avec de larges taches rouges sombres, semblables à de grands infarctus. Ils répandent une forte odeur d’éther. En examinant à la loupe la surface d'une coupe médiane, on voit sortir des bulles gazeuses des orifices des bronches.

PSN Se

Les échantillons de poumons fixés par un séjour de 48 heures dans le formol sont inclus dans la paraffine après déshydratation par l'alcool xylol. Les coupes colorées à l'hématéine-éosine montrent, au faible grossissement, un poumon présentant des plages d'emphysème contrastant avec des régions où les alvéoles sont aplaties, atélectasiées On remarque aussi des plages d'hémorragies étendues.

Au fort grossissement, on note des alvéoles dilatées dans les régions emphysémateuses, les parois alvéolaires sont. amincies, étirées et présentent par place des ruptures. Il se forme ainsi des cavités aériennes, à limites irrégulières, avec des vestiges de cloisons. Dans les régions atélectasiées, les alvéoles sont aplaties, déformées, les cloisons étant épaissies, sinueuses. Les vaisseaux sont dilatés, gorgés de globules rouges. Ils présentent de nombreuses ruptures accompagnées d’hémorragies, les globules rouges envahissant les parois et les cavilés de certaines alvéoles surtout au voisinage des bronches. On note dans la plupart des tumières alvéolaires et dans certaines bronches, une matière homogène, de coloralion rose pâle, adhérente aux parois.

Dans cette submersion dans le collodion, nous trouvons donc des lésions d'emphysème, avec rupture de cloisons et des hémorragies abondantes, intraalvéolaires ou parenchy mateuses.

Expérience II

Nous avons pris un chien de 29 kilogs que nous avons anesthésié par une injection intraveineuse de 2,9 gr. de chloralose dissout à chaud dans 145 cc. d'eau.

Dès l'anesthésie survenue nous avons fait une trachéotomie et fixé la trachée sur une sonde de gros calibre, la sonde étant reliée par un tuyau de caoutchouc à un réservoir gradué, placé au niveau de la trachée de l'animal. Ce réservoir

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contenait une suspension d'encre de Chine obtenue en ajoutant 360 cc. d'encre de chine à 3 litres d’eau.

MARCHE DES OPÉRATIONS. — Dès l'ouverture du robinet libérant le contenu du réservoir dans la sonde, l'animal est resté &5 secondes sans mouvements, n’absorbant que 200 ce. de liquide. Puis, pendant 1 minute surviennent de grands mouvements respiratoires, profonds, assez lents, accompagnés d’une absorption abondante de 2500 cc. et d’une grosse dilatation du thorax Puis, pendant 1 minute 1/4 est apparue une certaine agitation avec quelques inspirations saccadées, la dilatation thoracique augmente toujours, il ne pénètre que 200 cc.

Enfin, pendant 1 minute 1/2, l'animal est secoué de tressaillements musculaires, puis la mort survient après quelques inspirations profondes qui font pénétrer encore 300 cc.

L'animal est donc mort 4 minutes 1/2 après, ayant absorbé 3200 ce. de liquide. Dès la mort, il sort spontanément par la trachée 200 cc. d’une mousse très fine, aérée. On ouvre immédiatement le thorax.

Les poumons apparaissent gonflés, crépitant très peu sous le doigt pleins de liquide, très lourds, de coloration noire.

Si l'on fait une légère section superficielle, il s'écoule en abondance un liquide noir, fortement aéré. On ne trouve pas de liquide dans la cavité pleurale.

Le cœur contient un sang liquide, avec quelques caillots mous.

Les échantillons prélevés dans toutes les parties des poumons ont été fixés par un séjour de 48 heures dans le formol, puis inclus dans la paraffine après passages successifs dans l’alcool à 90, l'alcool absolu, l’alcool-xylol, le xylol et la paraffine. Les coupes sont colorées à l’hématéine-éosine.

Toutes ces préparations ont présenté les mêmes caractères. Au faible grossissement, une vue d'ensemble montre un tissu pulmonaire présentant des plaques d’atélectasie,

avec des alvéoles aplaties et des plages d'emphysème à

FouRAULT 5)

alvéoles dilatées, ces dernières siégeant surtout dans la plèvre.

On remarque des masses noires d'encre de Chine disséminés irrégulièrement dans tout l’ensemble de la coupe, se réunissant, par places, en des zones plus denses.

Au fort grossissement, les cellules du tissu pulmonaire paraissent intactes en général, mais elles sont boursouflées, tuméfiées dans certaines cloisons.

Dans les zones emphysémateuses, les alvéoles sont très dilatées, les cloisons interalvéolaires sont amincies, élirées, parfois rompues. Il se forme, après leur rupture, de grandes cavités aériennes, à contours irréguliers, polygonaux, avec des membranes effilées, vestiges des cloisons rompues, flottant à l’intérieur. En général, les lumières de ces alvéoles sont vides, surtout pour les plus volumineuses. Dans certaines se trouvent des cellules desquamées ou provenant de la rupture des cloisons.

Dans les régions atélectasiées, la lumière des alvéoles est étroite, sinueuse, déformée, les parois étant très épaissies, irrégulières, occupées par des capillaires gorgés de globules rouges.

L’encre de Chine apparaît nettement par masses plus ou moins volumineuses, réparties uniformément sur toute la surface de la préparation. Dans certaines alvéoles, surtout les plus petites, ces masses se trouvent au milieu de la lumière, mais généralement les grains d'encre de Chine tapissent les parois, s'amassant dans leurs angles ou sur leurs irrégularités, en particulier, les espaces vestiges de cloisons rompues. Enfin, par places, ces grains paraissent enchâssés dans la paroi et même avoir pénétré entre les cellules parenchymateuses, surtout au niveau des ruptures de cloisons.

L'épithélium des bronches est intact, il desquame cependant par place, leur lumière étant occupée parfois par des particules d'encre de Chine séparées de‘la paroi par un espace clair.

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