‹ Sur Le Mode De Végétation Du Corallorhiza InnataChapitre 2 sur 4 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

vent, comme racines adjuvantes, chez les plantes parasites. Enfin, toute la plante est décolorée ou d’un blanc rougeâtre et les feuilles sont réduites à des écailles, comme chez un grand nombre de plantes parasites : Lathrœa , Orobnnche , Cuscuta, ftîonotropa , etc. — Un de ces caractères isolés ne suffirait pas sans doute pour constituer une probabilité ; car, d’une part, le Neottia JSidus avis, qui est complètement décoloré et dont les feuilles sont squamiformes, ne paraît pas, du moins à l’état adulte, être une plante parasite, et, d'autre part, je n’ai pas trouvé de racines adventives sur la base hypogée du Malaxis paludosa, qui paraît se nourrir directement de l’humidité qu’il trouve dans les détritus de Sphagnum inondés dans lesquels il est plongé; mais le Malaxis possède, dans le renflement bulbiforme de sa tige, renflement qui se renouvelle chaque année à mesure que le précédent s'épuise, une réserve de sucs nutritifs tout préparés et analogues aux sucs qu’une plante parasite puise dans la substance d’une plante voisine.

Une autre espèce, plus remarquable encore, me paraît réunir ces deux sources d’alimentation ; je veux parler de I 'Epipogium Gmeliru. Cette belle plante, que j’ai étudiée en Thuringe, présente, dans de plus grandes proportions que le Malaxis, un renflement bulbiforme de la base de sa tige florifère. Ce renflement charnu, après la destruction de la partie fructifère de la tige, se vide au profit d’une ou de plusieurs nouvelles tiges, lesquelles tiges ne sont autre chose que le prolongement des bourgeons qui terminent les rameaux souterrains d’un rhizome coralliforme toutà fait semblable, par sa forme et sa structure, à celui du Corallorhiza. Sur le rhizome de VEpipogium comme sur celui du Corallorhiza, je n’ai trouvé aucune trace de racines adventives; la base était franchement brisée, et tout me porte a croire que, comme le Corallorhiza , Y Epipogium est parasite à la manière des Orobanches et des Lathrœa.

A la suite de cette communication, M. Prillieux présente les observations suivantes :

Après ce que vient de dire notre habile confrère, M. Germain de Saint-Pierre, sur un sujet traité déjà à fond et avec un véritable talent par M. Schacht (1) et surtout par M. Irmisch(2), il reste bien peu de choses neuves à ajouter touchant la structure du Corallorhiza.

T a nature de la portion souterraine de la plante, le manque de racines sont des faits parfaitement établis et sur lesquels il serait plus que supeifle de revenir encore une fois. Je désire seulement dire quelques mots au sujet

(1) H. Schacht, Beitrœge zur Anat. u. Physiol. der Gewœchse, 1854, P- 120 cl suiv., pl. Vif.

(2) Thilo Irmiscli, Beitrœge z. Biologie ru Morphologie d. Orchideen. M™,

p. 56-59, pl. VI.

Page 1