‹ Sur Le Mode De Végétation Du Corallorhiza InnataChapitre 3 sur 4 · SÉANCE DU 10 JUILLET · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 10 JUILLET

du parasitisme que M. Germain de Saint-Pierre semble attribuer au Corallorhiza.

Notre confrère se sert, pour étayer l’hypothèse du parasitisme du Corallorhiza , des deux arguments suivants : 1° la plante n'a pas de racines, donc elle doit vivre aux dépens d’autres plantes ; 2° tous les échantillons observés paraissent brisés par leur partie postérieure : il est probable que c’est par là que le rhizome était implanté sur un végétal étranger.

Je répondrai d’abord, à ce second argument, que j’ai été assez heureux pour observer des échantillons plus complets que ceux que M. Germain de Saint- Pierre a eus entre les mains. Je conserve encore dans l’alcool un pied de Corallorhiza où l’on peut parfaitement voir le rhizome se terminant en pointe comme le rhizome du Neottia Nid us avis que j’ai eu précédemment occasion de décrire dans une communication quej’ai faite à la Société (I). J’ai montré que cette pointe conique qui forme le bout du rhizome non-seulement du N. Nidus avis, mais des Epipactis, des Cephalanthera, etc., n’est autre chose que le rhizome de la plante germante; qu’elle conserve une structure

anatomique pareille à celle quej’ai observée dans V Angræcum maculatvm ,

au moment où la jeune plante n’est encore qu’une masse charnue en forme de toupie. — Ce que j’ai dit précédemment s’applique de tout point à la pointe qui termine le rhizome du Corallorhiza. Dans cette plante comme dans toutes les autres, cette partie, la première formée, est aussi la première qui se détruit; tandis que la plante pousse par la partie antérieure de son rhizome, la pourriture envahit sa partie postérieure; cela a lieu dans le Corallorhiza comme dans les Epipactis, les Cephalanthcra, les Goodi/era, etc.

Il me sera permis, je pense, de conclure de ce qui précède que le rhizome du Coi'allorhiza n’est pas implanté par son extrémité postérieure sur un végétal étranger, comme le suppose M. Germain de Saint-Pierre.

D’absence incontestable de racine peut-elle suffire pour établir qu'une plante est parasite? Je ne le pense pas. Je rappellerai à la Société qu’une Orchidée dont j’ai suivi attentivement le développement végète durant la première période de sa vie sans avoir de racines (2).

Sur le petit corps charnu de l’embryon poussent, dans VAngrœcwn maculatum, des bourgeons qui se développent en rameaux très courts et charnus ; sur ceux-ci en naissent d’autres également charnus, et leur ensemble forme une sorte de tubercule digité fort semblable au rhizome du Corallorhiza et formé comme celui-ci de rameaux d’ordre divers. Puis un des bourgeons

(1) Voyez Bull, de la Soc. Bot., t. IV, p. h\ ; et Ann. des sc. natur., A* série, »• V, p|. 17, fi g. 2.

(2) Voyez Bull, de la Sor. Bnf., t. III, p. 28; et Ann. des se. nalur., V série V, p|. 5, G et 7.

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