‹ Sur le nævus en général, et sur une modification particulière et non décrite, observée dans un nævus de la paupière supérieureChapitre 6 sur 14 · NæVÏ sans hypertrophie, NÆVl PIGMENTAIRES · texte numérisé non relu

NæVÏ sans hypertrophie, NÆVl PIGMENTAIRES

Les nœvi résultant d’une altération congénitale dans la production du pigment ont été connus, dès la plus haute antiquité, sous le nom de spUi (de , tache, macula), surtout quand leur étendue était peu considérable. Ces taches pigmentaires ont des caractères variables; elles sont parfois pourvues de poils, ainsi que nous le dirons dans un instant.

Les spili peuvent se montrer sur toute la surface^du corps ; cepen-

dànt nous les avons plus particulièrement observés à la face, au cou et aux mains , sur un grand nombre de malades examinés dans ce but. MM. Rayer et Cazenave ont fait la même remarque. On ne sait guère pourquoi les spili siègent de préférence sur le visage. Nous ne croyons pas que ce soit à cause de Fétat habituellement découvert de cette région , mais plutôt à cause de la grande vascularité de la peau qui la recouvre. Nous ne faisons ici qu’une conjecture; mais les taches hépatiques accidentelles formant le masque des femmes enceintes ne sembîeraient-elles pas nous donner raison, puisqu’elles siègent principalement à la face et au cou? La face n’est-elle pas le siège de prédilection des nœ^d vasculaires? Enfin , bien qu’il soit démontré aujourd’hui qu’il n’existe pas à' appareil chromatogène spécial, comme il est incontestable que la matière pigmentaire vient du sang , elle doit se déposer là surtout où les vaisseaux sont en grand nombre.

Les spili sont extrêmement variables dans leurs dimensions. Ils sont à peine visibles , ou bien ils peuvent occuper la plus grande partie d’un membre. Entre lés petites taches et ces colorations étendues, on trouve une foule d’intermédiaires. Nous citerons, comme très - remarquable par son volume , un nœvus occupant la partie interne et supérieure de la cuisse droite , observé sur un jeune homme; ce nœvus était couvert de poils (Rayer, loc. cit.). M. Cazenave mentionne des nœi^i occupant « la moitié de la figure , un membre tout entier, une grande partie du corps» {Abrégé pratique des maladies de la peau, p. 654).

Ils sont tantôt arrondis, tantôt étoilés, ou comme déchirés, anfractueux, découpés, ceux qui occupent de grandes dimensions sont irréguliers et offrent l’aspect de demi-cercles, décroissants, d’ovales allongés, etc.; quelquefois on les voit former des figures assez régulières.

Ils proéminent peu ou point à la surface de la peau , et ce n’est que dans les cas où des poils se sont développés qu’il existe à leur racine une saillie formée par les bulbes. Cette absence de proémi-

nence différencie , au premier coup d’œil , le nœms pigmentaire diL nceviis hypertrophique non vasculaire.

Le nœi^us pigmentaire offre toutes les nuances de colorations intermédiaires du jaune au noir foncé, en passant par les teintes roussâtres et brunâtres. Ces couleurs sont le plus souvent persistantes ; quelquefois elles peuvent diminuer d’intensité et devenir un peu plus claires , rarement elles deviennent plus foncées. La règle nous paraît être qu’ elles se rembrunissent chez les enfants , et se décolorent dans l’âge adulte ou la vieillesse, mais quelles disparaissent très-rarement, surtout si elles ont un certain volume.

On pourrait donner des noms aux nœvi^ suivant leur coloration, et appeler :

Næms chloasma seu luteus le nævus jaunâtre ou à peine brunâtre. M. Rayer en mentionne un de la grandeur d’une pièce de 5 fr., et d’un jaune brun (loc. cit.);

Nævus brunneus la macule brunâtre , variant du brun ou du châtain clair au brun foncé, au bistre;

Nævus niger, le nævus noirâtre ou noir, etc.

Une variété bien plus remarquable que les précédentes est celle du nævus pigmentaire pileux ^ ou nævus pilaris; mais il faut établir ici une distinction entre ces nævi pileux sans hypertrophie et les nævi pileux hypertrophiques.

Les premiers sont plus rarement couverts de poils que les seconds. Les poils présentent ordinairement une couleur peu foncée, un aspect soyeux (voy. fig. 1), et une longueur assez marquée; ils peuvent être très-fins , très-rapprochés. En parlant des nævi hypertrophiques ^ nous verrons que les poils dont ils sont couverts sont habituellement bruns , gros , courts et roides.

Le nævus pigmentaire persiste le plus souvent pendant toute la vie. Nous avons, en parlant de la coloration, indiqué la possibilité de sa disparition complète: mais ce cas est très-rare et n’a guère lieu que pour les næw chloasma et brunneus. Les nævi pigmentaires ne font éprouver aucune douleur, aucune démangeaison.

Les pigmentaires se composent uniquement d’une couche de fines ; granulations colorées en hrun ou en noir, très-abondantes, et située immédiatement au-dessous de l’épiderme et au-dessus du derme. Dans plusieurs 5p/// que nous avons examinés par la dissection de la peau fraîche ou par macération, nous avons constamment trouvé les granulations pigmentaires foncées ou noirâtres , ayant 0,001 à 0,002 et 3 millièmes de millimètre de diamètre; parfois les granulations étaient groupées sous forme de petites masses arrondies ; mais jamais nous n’avons rencontré nettement des cellules à parois incolores, comme dans la choroïde , ou bien la forme de grains groupés en étoiles qu’on observe dans la peau des grenouilles ou de certains poissons , etc.

- Ces granulations pigmentaires sont toujours agitées d’uq vif mouvement (brownien) ; elles sont mélangées de matière amorphe et de jeunes cellules épithéliales, arrondies, pourvues d’un noyau.

Nous nous réservons d’établir le diagnostic et d’établir le traitement des dwevs ncBi^i , (quand nous aurons parlé des liypertro-^ phiques vasculaires,

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