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Nous avons également rencontré quelques troupes de la Gazella subgutturosa, beaucoup plus rare que däns la région de l’Etsin Gol. Nous n'avons pas rencontré de Mouflon, mais il serait surprenant qu'il fasse défaut dans ces montagnes, spécialement dans la chaîne de Ming Chui et du Ma Tsung Chan.
VII) De Hami à Turfan (l°* au 5 juillet 1931)
A partir de Ming Shui, nous avons franchi la frontière du Sin Kiang et nous sommes entrés dans une unité nouvelle : celle des bassins fermés au sud de la chaîne des monts Célestes dans la grande dépression la plus centrale et la plus isolée de l'Ancien Monde, celle de la Serinde occupée entre le Kuen Lunet le Tian Chan par le bassin du Tarim et le désert des dunes de loess du Taklamakan. Notre route en direction de l'Ouest a emprunté la piste routière normale au Nord du bassin du Lob Nor par le chapelet des bassins fermés entre le Kurug Tag et du Barkul Chan; Bassin de Turfan ou du Luk Chun au sud du massif du Bogdo Ola. La piste directe par les glacis de base du Barkul Chan entre Hami et Pichan est rendue très difficile par le manque d’eau, l’ensablement et surtout l'érosion qui a creusé de gorges à murs abrupts les terres rouges des glacis du Barkul Chan entre Pichan et Hami. Cette piste directe, ou piste des trois peurs : peur de l’eau, peur du vent, peur des fantômes, a été empruntée par Wladimir Petro qui l’a couverte en automobile lors de son évasion d'Hami assiégée au début d'octobre 1931, La route normale évite soigneusement de s'engager dans cette région et remonte les giacis du Barkul Chan jusqu’au bassin fermé de Chi Ku Ching, à 1.900 m. d'altitude entre les chaines du Barkul Chan et du Bogdo Ola, éréant dans ces montagnes un passage où bifurquent deux routes, l’une au Nord, gagnant directement la plaine de Dzoungarie vers Ku Cheng Tzu et Urumchi, l’autre au Sud redescendant les glacis du Bogdo Ola en direction de Pichan et Turfan, après avoir évité par ce passage en montagne, les difficultés du terrain des glacis de terre rouge creusés en mauvaises terres.
Nous quittons Hami le 1% juillet avant l'investissement de cette ville par l'insurrection musulmane gagnant de proche en proche comme un feu dans la paille et, laissant dans la ville notre compagnon W. Petro dont le dévouement assurait notre voie de retour qu'il négociait avec Ma Jong Hin, nous poursuivions notre route vers Kachgar.
Nous traversons d'abord l’oasis d'Hami, puis un bombement de terrain orienté E-W et qui sépare un bassin ensablé s'étendant vers le Sud où il
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devient rapidement désertique, d'une dépression située au Nord où le mouvement du terrain s’abaisse à la rencontre des grands cônes d'érosion du Barkul Chan créant à leur pied une zone déprimée occupée par des marécages, des lignes de peupliers et des roseaux, et au bord de laquelle s'étendent des cultures, des fermes isolées et de nombreux villages. C'est la partie cultivée et habitable du bassin d'Hami, en dehors de l’oasis qui entoure la ville.
La végétation de cette contrée s'apparente à celle de Sou Tchéou, en ce sens qu'il s’agit d'oasis et de cultures et que nous y retrouvons en abondance deux des éléments de la flore de Sou Tchéou : l'Apocynum grandiforum P. Daxcuy, dans les endroits humides en plants serrés les uns contre les autres de 1 à 2 m. de hauteur et dont les fleurs roses et les feuilles sont par endroits couvertes du Chrysocharis asialica, chrysomélide d’un vert métallique brillant. Sur le loess, qui couvre d'une faible épaisseur toute la partie occidentale du bassin d'Hami, nous retrouvons l’Alhagi camelorum Fiscu, l'épine de chameau ou Charagana abondant tout le long de la route entre Hami et Liao Toun. Voisinant avec lui deux nouveaux éléments floraux : la réglisse Glycyrhiza glabra L., en tapis généralement dense recouvrant le sol de ses rameaux traïînants sur le bord des chemins et au voisinage des cultures, et une plante spéciale à la région d'Hami, Rosa xanthina Linz. en buissons aux rameaux retombants et rampants sur le sol, parfois couvrant de plants, isolés les uns des autres de quelques dizaines de mètres, de larges étendues sur le flanc des coteaux et des glacis arides, entre les villages de Taran Chi et Liao Tun.
À partir de ce dernier village, nous commençons à rencontrer les puissants glacis descendant du Barkul Chan. Nous remontons un cône de torrent sillonné de plusieurs lits secs, encombrés de blocs roulés, et peuplés de buissons épais du Calligonum mongolicum Turc. C'est à ce point que nous récoltons pour la première fois sur cette plante un Asiates (Anoplistes) Francisci Reymoxn, Longicorne du groupe des Purpuricènes, décrit dans le numéro de mars 1933 du Bulletin de la Société Entomologique de France.
Ce glacis monte jusqu'aux environ de 2.000 m. où il atteint le pie des affleurements de roches vives et un banc de calcaire carbonifère où s'ouvrent par un défilé étroit et tortueux les passes de Chi Ku Ching, col déterminé par l'intersection de deux ravins torrentiels.
Nous quittons le torrent descendant vers le Sud et entrons dans le défilé de celui qui coule au Nord, défilé bientôt élargi en un nouveau cône d’éboulis qui plonge sur le village de Chi Ku Ching bâti à son pied. Le bassin de Chi Ku Ching est un bassin fermé en ellipse de 20 km. de développement Est-Ouest en longueur et de 19 km. de largeur nordsud. Le fond de ce bassin est occupé par un lac desséché à fond de
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marnes blanches, envahi par des dunes de sables fixées par les Tamarix et par le Sarcozygium xanthoxylum BUNGE.
Nous traversons ce bassin dans sa plus grande longueur, jusqu'à un nouveau lit de torrent que nous remontons rapidement par des gorges étroites, jusqu'à un col s'ouvrant sur un deuxième bassin lacustre de moindre importance, également fermé et dont le fond retient un lac faiblement salé. A l'Ouest de ce lac, nous traversons un nouveau défilé torrentiel puissamment creusé entre des falaises verticales de schistes et de calcaire de 80 m. à 100 m. de haut jusqu'à un plateau de blocs éboulés et roulés couverts des buissons épars distants de quelques dizaines de mètres les uns des autres du Calligonum mongolicum Turc. d'où plongent sur Pichan les énormes cônes d'éboulis de base de la partie orientale de la chaîne du Bogdo. C’est presque en ligne droite que la piste s'enfonce vers la plaine dans le soleil couchant du 3 juillet tandis que le brouillard du soir envahit la dépression de Turfan, et que surgit derrière lui la barre montagneuse du Kuruk Tag.
La descente vers Turfan se fait en deux paliers, le premier est la traversée du petit plateau occupé par l’oasis de Pichan où les cultures de céréales alternent avec celle du chanvre (Cannabis indica Lau. — sativa L. Urticacée). La deuxième marche de cet escalier naturel est la descente sur la dépression du Lukchun. L'oasis de Pichan est traversé par une rivière d'eau courante descendant par une gorge rapide au pied de l’énorme banc ensablé du Kum Tag (Montagne de Sable), colline de près de 300 m. d'altitude au-dessus de la vallée de la rivière et couverte de dunes de sables roux, au pied de laquelle les gorges de la rivière de Pichan s'ouvrent largement un chemin vers la plaine jusqu’au village de Luk Chun où nous entrons dans la dépression fermée du bassin de Turfan.
À part les oasis de Luk Chun et de Kara Khodja cette dépression au nord du lac de Luk Chun est occupée par un véritable désert : plaine de loess couverts de graviers noirs et de cailloutis par endroits complètement nus, ailleurs couverts de peuplements très lâches de l’Alhagi camelorum FiscH., puis, aux abords des régions moins désertes, nous voyons réapparaître les tiges traïnantes de la réglisse (Glycyrhiza glabra L.) ou les buissons à rameaux armés d'épines recourbées et retombants du Caprier, Capparis spinosa L., remplaçant dans le bassin de Turfan les rosiers rampants (Rosa æanthina Linpc.) de la région d'Hami.
La faune entomologique de cette région du Sin Kiang s’est montrée assez riche et comprenant nombre d'espèces propres au Turkestan chinois méridional et bien distinctes dans l’ensemble de celle de Mongolie. Nous y avons récolté notamment :
Scarabeus (Ateuchus) sacer L. Turfan (8 et 14 juillet 1931).
Gymnopleurus mopsus Pazzas. Très abondant autour de Hami et Turfan (juillet 1931).
Aphodius punctipennis. Er. Turfan, espèce européenne signalée pour la première fois d'Asie centrale.
Pentodon corniculatus Har. Oasis d'Hami.
Sphenoptera Alexandri Oss8. Turfan et Pichan.
Melanophila picta Pauras. Sur les fleurs du rosier (Rosa plalyacantha) et les peupliers Hami et Pichan.
Melanophila acuminata Des. Chaîne du Barkul Chan, sur le Calligonum mongolicum, avec Asiales Francisci (2 juillet 1931). Espèce commune à l'Europe et à l'Asie Centrale.
Les Ténébrionides groupe comme toujours dominant :
Colposcelis Amanda Reirrer. Barkul Chan.
Trigonoscelis sublaevigata Rerrrer. Bassins désertiques de Turfan et Hami.
Trigonoscelis Holdereri Rerrrer. Bassins de loess ou de marnes lacustres. Oasis de Turfan et d'Hami (juillet 1931).
Sternoplax Szechenyi Friv. Marnes et loess. Oasis de Turfan (juillet 1931).
Cyphogenia humeralis Bares. Lieux habités. Turfan et Hami.
Blaps kashqarensis Bates. var. mongolica Sens. Turfan.
Asiales Francisci Rexmonn. Sur les Calligonum mongolicum passes de Chi Ku Ching. Barkul Chan. in copula (2 et 3 juillet 1931).
Chrysocharis asialica Parras. En grand nombre sur Apocynum grandiflorum, oasis d’Hami (juillet 1931).
VIII) De Turfan à Urumchi (17 au 19 juillet 1931).
À Turfan s'arrête notre voyage en direction de Kachgar. Sur l'invitation du gouverneur King, le lieutenant de vaisseau Victor Point se rend à Urumchi le 12 juillet avec le mécanicien Fernand Chauvet. Le reste de la Mission vient les rejoindre dans cette ville le 19 juillet 1931.
Le trajet de Turfan à Urumchi ne figure pas sur les levés de Sir Aurel Stein. Il comporte depuis Turfan la remontée des glacis méridionaux du Tian Chan, dont la végétation est absolument semblable à celle des glacis du Barkul Chan et du Bogdo Ola au Sud de Chi Ku Ching, et comme eux couverts de buissons espacés du Calligonum mongolicum TurY, jusqu'aux gorges de Hou Kou où nous rencontrons une première rivière s’écoulant vers le Sud et bordée de grand peupliers. Nous y récoltons une masselte de très petite fructification : Typha Lazmanni LePgcu., déjà récoltée de régions voisines par Chaffanjon et la Mission Pelhot- Vaillant. En quatre lacets en épingle la route s’échappant de cette vallée passe entre deux falaises au col de Dawanchi, d’où une descente rapide amène sur la rivière de Dawanchi bordée su champs d’ Épilobe (Epilobium angustifolium L.) aux environs du village, premier contact avec une flore septentrionale. Au delà de naar le route suit un grand fond de bassin que domine au Nord la masse énorme du Massif du
Bogdo Ola et ses trois pics en pyramide. Cette plaine est occupée par un chapelet de 3 lacs, le dernier important d'une trentaine de kilomètres de longueur et entouré d’une steppe de mottes de Sighis très semblable à la steppe entre Pei Ling Miao, près du Yang Cheng Tze Kou. Nous y récoltons en nombre un insecte de la faune steppique Dorcadion egregium, caractéristique de la faune dzoungare.
Rassemblé alors sous Urumchi, autour de son chef, le Groupe Chine séjournera autour de cette ville du 19 juillet au 30 novembre, et si cette partie du voyage fut perdue pour le travail d'ensemble de la Mission, elle fut utilisée à des récoltes aux environs immédiats de la ville, et à quelques excursions dans les massifs montagneux les plus voisins.
IX) Autour d'Urumchi (20 juillet, 30 novembre 1931).
La plaine de Dzoungarie et les Monts Célestes (Bogdo Ola et Tian Chan).
Il serait oiseux d'énumérer par le menu nos excursions dans l’oasis d'Urumchi, et d'entreprendre une étude de détail des environs de cette ville. Il paraîtra plus utile de tenter de dégager les faits les plus importants.
Nous diviserons nos observations en 3 parties :
1) le bassin d'Urumclhi, 2) les contreforts du Bogdo Üla, 3) La vallée de Bie Ango dans les Tian Chan.
Et d'abord, le bassin d'Urumchi :
Le site d’Urumchi, très heureusement choisi, pour des raisons économiques et militaires (abondance de l’eau, vaste oasis largement cuiltivable, intersection des routes traversant les Tian Chan aux cols de Dawanchi, et de Chi Ku Ching, position naturellement forte entre les contreforts du Bogdo et la puissante défense naturelle de la montagne à l'Ouest de la rivière, encore renforcée par une ligne de collines continues couvrant la ville vers la plaine du Nord, par la facilité d'interdire le passage des collines du Sud, entre la rivière et le Bogdo Ola) se définit comme une cuvette synclinale elliptique pincée entre l'anticlinal du Bogdo Ola et celui, beaucoup moins important, de la montagne d'Urumchi, au delà de la rivière. Cette cuvette est plus où moins écornée à l'Ouest par la rivière d'Urumchi, qui, descendant du Tian Chan à travers des glacis étagés en terrasse, qu'elle parcourt d'abord en direction
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SSW-NNE, vient s'infléchir par une large courbe dans le rebord occidental du bassin synclinal d'Urumchi, entre ce rebord et la montagne, pour contourner, sitôt traversée la ville d'Urumchi, l'éperon occidental de la ligne de collines formant le rebord septentrional de la cuvette, à partir duquel elle reprend sa direction primitive vers le NE, en direction de la grande dépression désertique de Ching Shui Cheng, que vont rejoindre les glacis septentrionaux du Tian Chan, et où se perdent, dans un fond de marécages salins, les rivières qui en descendent.
Au point de vue de la végétation, la cuvette d'Urumchi comprend deux parties qui s'opposent :
1) Le bord de la rivière, d'une part, et d'autre toutes les parties irrigables situées principalement dans la partie centrale du bassin sont envahies par les cultures, tandis qu'au contraire
2) les parties plus élevées des bords sont couvertes, soit de terrasses couvertes de cailloutis dénudés et de blocs cassés et roulés, voisins du type des « regs », ou par des banquettes de grès recouvertes d’une végétation des plus maigres et de caractère déjà très désertique. Ajoutons à cette description du bassin l'existence de quatre petits lacs, deux au Nord-Ouest, en chapelet, un à l'Est, le quatrième et le plus important au Sud, lacs en position structurales entre les affleurements marginaux des grès périclinalement redressés sur le pourtour de la cuvette. Ces lacs sont au pied d’une falaise de grès qui les surplombe en s’enfonçant vers le centre de la cuvette, et à l'émergence du banc inférieur se relevant régulièrement au delà d’eux.
La vase marécageuse et salée entourant ces lacs est peuplée par une végétation spéciale, constituée par l’association de deux plantes très caractéristiques : une Chenopodiacée à fleurs roses, Halogeton glomeratum C. A. Mey et un Haloxylon herbacé, à rameaux étalés, absolument différent du Saxaoul. Haloxylon multifiorum Bus (Chénopodiacée), couvrant de touffes serrées l’abord immédiat de ces lacs marginaux. A cette flore s'ajoute, dans les parties arides, une flore déjà grillée et mal déterminable au mois d'août, parmi laquelle nous noterons pourtant une Crassulacée spéciale à cette région de la Dzoungarie : le Cotyledon leucantha Lesenev, déjà récolté par Chaffanjon dans la même contrée, et des touffes nombreuses du Peganum Harmala L. (Rutacée), encore en fleurs à cette
époque (juillet-août).
Il n’est pas facile, par contre, de citer des plantes vraiment caractéristiques dans la partie cultivée de l'oasis, cette végétation semblant surtout marquée par de nombreux apports extérieurs de provenance les plus diverses, et qui montrerait à nos yeux la constante juxtaposition des plantes de Chine avec des plantes européennes.
Nous citerons parmi ces juxtapositions :
Achillea millefolium L., Hyoscyamus niger L., Lactuca perennis L.,
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Lycium barbarum L., à côté de peuplements subspontanés de Sophora alopecuroïdes L. et l'extension des buissons de la Clematis intricala Buxce, à fleurs d'or, déjà rencontrée par nous auprès de Sou Tchéou. Une de ces juxtapositions paraîtra plus particulièrement frappante, c’est celle qui fait voisiner en peuplements proches les uns des autres, et dans la ville même, l’Urtica dioïca L., et l'Urtica cannabina L., si facile à reconnaître avec ses feuilles laciniées comme celles du Chanvre, et qui est surtout caractéristique de la flore du Hoang Ho.
Il est naturellement impossible de faire, dans ces peuplements de la région des cultures, la part de ce qui est primitif et de ce qui est importé par l’homme et qui semble bien être la grande majorité.
Plus caractéristique, par exception, seront les peupliers : Populus Bolleana Masr., alba L. et balsamifera L., rencontrés tous trois en peuplements abondants dans la vallée de la rivière et le long des canaux d'irrigation serpentant tout autour et dans la région des cultures, et les Iris (en fruit à cette époque) également abondants sur les berges des ruisseaux d'irrigation. Nous en avons distingué deux, reconnaissables à leur fruit.
Iris ensata Tauns, à fruits minces et longs, répandu sur toutes les parties suffisamment humides de la plaine mongole, et l'Zris Gueldenstaedtiana Lepecx, récolté aussi par Chaffanjon en Dzoungarie et qui parait spécial à cette contrée.
Tout en faisant, dans ce rassemblement d'espèces d'origines diamétralement opposées entre les extrémités les plus éloignées du continent eurasiatique, la très large part des apports, cette réunion d'éléments divers rend cependant manifeste, dans cette frange occidentale de la Mongolie, l'apparition de conditions nouvelles, occidentales et septentrionales, et donnent à cette région un caractère de zone de transition et de mélange de flore, qui, même si elles n’en sont ni l’une ni l’autre originales, ont pu cependant s’y maintenir et s’y rencontrer.
Mais, la pénétration, si réduite füt-elle dans les chaines de montagnes voisines, aura pour nous un intérêt d’une toute autre valeur, nous mettant en contact, cette fois-ci avec des flores authentiquement naturelles et dont les enseignements seront autrement nets.
Une première apparition de la flore des hauteurs nous avait été révélée lors de la traversée du petit bassin lacustre qui suit celui de ChiKu Ching, par la vision, inaccessible et d'autant plus émouvante, des premières prairies alpines, suspendues au-dessus d’abrupts dénudés de schistes noirs, et dont la fraîcheur, rendue plus sensible encore par la désolation des rochers nus auxquelles elles faisaient suite, montait en longues trainées vers les crêtes, rappelant nos prairies de la Grande-Chartreuse, peuplées d’ombelles, d'aconits et de gentianes. Là sont les prairies sus-