‹ Sur le peuplement entomologique de l'Asie CentraleChapitre 23 sur 74 · DRE SN CL · texte numérisé non relu

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Dans ce travail, Semenow étudie très complètement ces diverses unités géographiques et publie une carte de synthèse de l’ensemble de la Région Paléarctique.

La synthèse de Semenow enrichit considérablement les vues biogéographiques de l'Eurasie. Ces apports particuliers sont spécialement :

La reconnaissance à l’état de sous-région de même valeur que la sousrégion méditerranéenne de Wallace, d'une sous-région mésasiatique comprenant l'Asie Centrale comme une unité biogéographique isolée ayant joué un rôle propre dans les peuplements de l’Eurasie.

Semenow, à l’opposé de Wallace et de Holdaus, intègre l'Iran dans cette unité mésasiatique, Il reconnaît la valabilité de l'unité mongole que nous avions proposée dans l’article de la Revue de Géographie Physique de janvier 1933, dans le compte rendu publié au retour de l'expédition Citroën Centre-Asie.

Se rangeant à l'avis de Wilkins, il unit les déserts méridionaux du Turkestan Chinois et du bassin du Tarira à la ‘région de Tachkent et au Turkestan Russe. Pour des raisons qui seront exposées dans le cours de ce travail, je pense que le bassin de la Sérinde, entre le Tian Chan et les Kouen-Lun, doit être tenu pour une unité distincte dans l’ensemble mésasiatique, à l'égal de la Mongolie et du Thibet. Ces raisons tiennent d’abord à l'isolement géographique et essentiellement à l’ancienneté de cet isolement, le détroit de Ferghana, entre Kachgar et Tachkent, constituant par de hauts seuils de 1.700 à 2.500 m. la seule voie de communication directe entre deux bassins déprimés de bien moindre altitude : 1.000 m. dans la région de Tachkent et 600 m. au Lob Nor.

La faune est également sensiblement différente entre ces deux régions, et, ainsi que nous le montrerons plus loin, les espèces et les genres de Ténébrionides, et spécialement parmi les Piméliens, diffèrent complètement entre les déserts du Turkestan Russe et les déserts du Turkestan Chinois méridional. Dans ces conditions, nous proposons de limiter le nom de province touranienne aux steppes méridionales du Turkestan Russe, telles qu'elles sont délimitées par A. Semenow, et de reconnaître comme unité indépendante le bassin du Tarim et le bassin fermé de la Serinde entre les Tian Chan, le Pamir, le Kuen Lun, l’Altyn Tag et les Pei Chan, comme province n° 6 de la sous-région mésasiatique sous le

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nom de province sérindienne ou de province tartare suivant que paraitra préférable le nom géologique d'Argand ou le nom dans lequel les géographes anglo-saxons aiment désigner encore le Turkestan Chinois du nom de Tartarie.

Une autre vue très large du travail de M. Semenow est la reconnaissance d'une sous-région « paléarchéaretique » comprenant l’ancien continent sinien et ses annexes et opposant le bloc géologique sinien à l’ancien bloc de l'Angara. C’est l'unité formée au sein de l'Eurasie par la Chine proprement dite et les régions immédiatement voisines. L'avenir dira si les limites et les subdivisions de cet ensemble seront acceptées par les biogéographes. Il n’en reste pas moins une des vues les plus neuves etles plus larges pour saisir dans leur ensemble les diverses unités principales du peuplement de l'Eurasie.

Il me semble spécialement nécessaire de signaler la reconnaissance, à l'état de province biogéographique indépendante, du Thibet si souvent annexé sans aucune réserve aux provinces mongoles ou tartares qui l’avoisinnent et qui en est plus différent encore au point de vue géographique, géologique, climatique et biogéographique que ces régions ne diffèrent entre elles. La province thibétaine est un môle isolé de haute montagne froide et cela suffit à en signaler les caractères dominants.

Nous devons mentionner également les vues des RR. PP. Licent et Teilhard de Chardin plaçant au Tsin Ling la frontière entre la Chine du Nord ou Chine du Hoang Ho et la Chine du Fleuve Bleu où se manifestent abondamment les influences tropicales, mais la limite entre la région paléarctique et la région indo-malaise serait cependant reportée aux zones frontières du Tonkin.

Une dernière région controversée reste le désert des Ordos dans la boucle du Fleuve Jaune que sa flore et sa faune apparentent à l'unité mongole dont il est distinct au point de vue géologique, étant entièrement extérieur au socle plissé de la Mongolie. Il constitue une zone de transiüon entre la province de Chine centrale et la province mongole et peut, suivant les auteurs, être relié presque indifféremment à l’une ou l’autre.

Dans ces fixations de frontière de province, il y a à tenir compte de faits de plusieurs ordres :

1) des constatations d'homogénéité qui sont essentiellement des constatations de continuité : continuité géographique et continuité climatique excluant l'existence d'une barrière majeure entre la Sibérie et l'Europe, telle que l'ouverture du détroit de Behring ou celle de l'Atlantique Nord ont créé entre l'Amérique du Nord et l’Ancien Monde, malgré des affinités climatiques actuelles et des communautés de flore et de faune encore conservées de nos jours (région holarctique) ;

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