AXES PRINCIPAUX DE PEUPLEMENT DE L'ASIE CENTRALE
Les grands axes de peuplements entomologiques ont fait l'objet d’un rapport au II Congrès International d'Entomologie (avec cartes) qui constatait les faits suivants :
1) Existence d’un axe majeur de continuité Est-Ouest de l'Europe à la Sibérie Orientale qu’on pourrait matérialiser par une ligne allant de Brest à Vladivostok, exprimant la continuité des peuplements de la zone tempérée de l'hémisphère Nord, axe le plus puissant et le plus étendu des distributions actuelles sur le globe.
2) Parallèlement à lui, emprunté par un moindre nombre d'espèces et plus précaire en continuité, serait l'axe mésogéen ou axe méditerranéen prolongé à travers les déserts de l'Ancien Monde, de Gibraltar à Pékin, par les zones littorales nord et sud de la Méditerranée actuelle, les déserts de l'Afrique du Nord, la Russie méridionale, l'Iran, le Turkestan Russe et la Mongolie.
3) Pour ne parler que des faits principaux, la remontée des faunes indomalaises jusqu'à la Mandchourie et à la Province Maritime le long du littoral pacifique, voie empruntée en sens inverse par les éléments boréaux, pour gagner plus ou moins vers le Sud en direction de la Chine du Fleuve Bleu.
4) La principale ligne de passage des éléments paléarctiques vers le Sud se fait par l'intérieur le long du Grand Khingan et par le bassin moyen du Fleuve Jaune pour envahir de là très largement le Thibet oriental, les montagnes du Sze Tchouen et du Yunnan et la partie Nord- Est des chaînes du Tonkin. Ces lignes de peuplements sont conditionnées l'une et l’autre par des considérations climatiques : été très chaud le long
de la côte du Pacifique, et été à température plus modérée dans les :
montagnes de la Chine intérieure (Khingan et Thibet oriental) de climat d'été analogue à celui des Alpes, conditions d'ordre général auxquelles il faut joindre la persistance de la forêt de feuillus sur la chaîne du Khingan, le Chan Si et le Kansu Oriental.
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Fig. 9. — Axes fossiles.
A ces axes principaux, s'ajoutent les axes secondaires que nous avons analysés plus haut :
1) axe dzoungare gagnant les Pei Chan par le Nord, en contournant le Karlyk Tag ;
2) axe de Bai, entre Hami et l'Etsin Gol ; 3) axe de Su Lo Ho du Lob Nor au Kan Su ;
4) l'axe de Su Lo Ho prolongeant le premier, établissant une ligne de communication entre le bassin du Fleuve Jaune et la Tartarie orientale ;
5) Détroit du Ferghana entre la Kachgarie et le Turkestan Russe;
6) Détroit de la passe de Dzoungarie amenant en Mongolie occidentale l'influence des Steppes Aralo-Caspiennes.
Des influences chinoises secondaires gagnent, vers le Nord, les bassins centraux de Gobi : Sophora alopecuroïdes L. à Cho Lun Hurre Gol. Thermopsis lanceolata R. Br. dans la rivière de Kuarto, au défilé des grenats.
Mais le Gobi reste essentiellement ce qu'il est, c’est-à-dire un obstacle et une aire de désagrégation des peuplements.