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hers de l’Asie Centrale doive son nom à l'explorateur russe qui le premier a parcouru les régions, jusqu’à lui interdites, de Mongolie, du Thibet et de Tartarie, d’oùil les a rapportés et fait connaître.
D'abord inclus par Reitter dans le genre Platyope, le Przewalskia a été distingué par Semenow. Il est remarquable par une physogastrie accusée et la dilatation de ses élytres constituant les 3/4 du volume du corps de cet insecte, la tête et le prothorax, dans lequel elle est fortement enchâssée, constituant un ensemble cubique encore plus accusé que chez les Platyope, les Homopsis et les Mantichorula.
Un caractère également particulier à Przewalskia est son dimorphisme sexuel très marqué, gigantisme de la femelle, et différence de pubescence et de coloration entre les deux sexes. Les caractères de l'espèce étant beaucoup plus accusés chez la femelle que chez le mâle, nous commencerons par décrire celle-ci.
La femelle de Przewalsktia dilatata SEM. est un insecte d'assez grande taille, 18 à 20 mm., reconnaissable à première vue par la dilatation de ses élytres couverts de lignes parallèles de poils longs et serrés. Le bord antérieur du pronotum déborde sur la tête en un lobe lamellaire étroitement appliqué, et celle-ci est ainsi profondément enchâssée dans l'ouverture antérieure du prothorax plus que chez aucun Platyopien. La face antérieure est presque verticale. Les yeux ronds et assez petits sont situés sur la partie supérieure et latérale de la tête mais plus dirigés vers l'avant que chez les formes que nous avons vues précédemment. Les antennes insérées à la base des mandibules sont grêles, les articles sensiblement de mêmes dimensions. Le pronotum rappelle celui de l’A0omopsis mais plus parfaitement cubique. La face supérieure présente un disque semi-cireulaire ouvert vers l’avant. Les calus latéraux triangulaires granuleux sont moins élevés que chez l’Homopsis. Le bord postérieur du pronotum est très fortement appliqué aux élytres. Ceux-ci sont très dilatés, atténués en pointe régulière vers l'arrière. Ils sont particulièrement intéressants du fait qu'ils portent 12 stries parallèles garnies d'une pubescence blanc argenté très longue, fine, soyeuse et couchée, de poils emmêlés et convergeant vers l’apex. Six de ces stries sont siluées supérieurement sur le disque de l’élytre, la septième suit la carène humérale non élevée en côte, mais nettement indiquée par un repli de l’élytre isolant les fausses épipleures sur lesquelles courent cinq des stries pubescentes. Les pattes sont longues, assez robustes, les hanches antérieures globuleuses, les tarses antérieurs très courts comme chez les Platyope, les tibias et les tarses moyens et postérieurs longuement ciliés de poils clairs.
Le mâle se caractérise par sa taille de moitié plus brève que celle de sa femelle, 8 à 10 mm. ; par ses élytres beaucoup moins velus laissant paraître le test d’un roux rouge, physogastre et comme transparent rappelant beaucoup l'Habrobates. Le pli latéral de l'élytre est marqué mais moins nettement que chez la femelle, les pattes d’un roux rouge sont moins robustes et moins ciliées que celles de la femelle. Le Przewalskia
se rapproche beaucoup par sa forme générale d'un Habrobates, mais la partie antérieure est d’un Platyope et la carène humérale tend à apparaître, ce qui tendrait à montrer que cette carène si caractéristique des Platyopine est un phénomène d'apparition secondaire dans cette lignée.
Ajoutons que les Apatopsis, les Habrobates et les Habrochiton présentent une adaptation curieuse à la vie dans les déserts brûlants l'été de l'Asie Centrale. Ils apparaissent en effet, surtout au printemps, d'où les noms de primae veris, vernalis, vernus qui nomment diverses espèces et qui indiquent mal le fait d'apparition de ces formes en janvier et en février dans les dunes de Nya et Kerya, aux environs de Chotan.
PIMELIINAE
Après l'étude des Platyopinae, nous abordons les Pimeliinae s. str. qui peuvent se répartir ainsi.
1) Une petite lignée indépendante du Turkestan Russe comprenant les Diesia, Meladiesia et Argyrophana, caractérisés entre autres par la forme commune du prothorax et de la tête, l’évolution des pattes et le développement des fausses épipleures généralement séparées du disque de l’élytre par une carène humérale particulièrement marquée.
2) Un certain nombre de genres d'Asie Centrale constitués principalement par les Lasiostola, les Pterocoma, les Sternoplax et les Trigonoscelis, dont nous chercherons à étudier les rapports entre eux.
3) Les genres [rano-méditerranéens non représentés à l'Est du Pamir, ce est-à-dire le triple phyllum : Ocnera, Triptera, Pimelia et les genres satellites, Pachyscelis et Stalagmoptera.
Nous étudierons d’abord la lignée des Diesia pour en rechercher l’apparentement.
Nous trouvons d’abord dans ce groupe des Diesites, deux genres primi-
tits : Idiesa Rerrrer et Meladiesia Rerrr, formés d'espèces peu différenciées du Turkestan Russe et que nous comparerons aux Sternoplax du Turkestan Chinois. L’/diesa Fischeri MeNerrer est un insecte de petite taille, 10 à 12 mm., plus élargi et déprimé que les Platyopinae et d'une forme que nous trouverons fréquemment réalisée chez les Sternoplax et les Trigonolescelis. La tête est absolument différente de celle des Platyopines, subhorizontale, à vertex bombé et le clypeus distinct, élargi et déprimé. Les yeux sont gros, ovalaires, situés latéralement près de l'insertion des antennes. Celles-ci sont remarquables par la longueur du 2° article, très développé chez les Diesites, la longueur des articles intermédiaires à angles distaux saillants, la brièveté de l'article terminal, réduit à l'apparence d'une petite apophyse sur le précédent. Le pronotum est aussi large que long, subquadratique mais d’une structure très différente de celui des Platyopines, ni aplati ni granuJeux, mais régulièrement et légèrement bombé. Les carènes latérales sont indiquées sous la forme d’un bombement latéral, marqué par deux saillies aux angles antérieurs et postérieurs du pronotum. Les élytres sont plus larges et plus aplanis que chez les Platyopes, le disque est plat sur la plus grande partie de la face supérieure et brièvement atténué vers l'arrière où l’apex se termine en angle aigu légèrement retroussé. La carène humérale est marquée par une côte crénelée allant de l'épaule à l’apex, et l'angle huméral est lobé et retroussé vers l'avant, caractère qui s’accusera encore davantage dans le genre Diesia. Les fausses épipleures sont plus longues, moins hautes que chez les Platyopes, plus infléchies vers le dessous du corps et portent une côte bien marquée qui les divise en deux surfaces distinctes, une supérieure grenue de même texture que le disque de l’élytre, la 2° pleurale lisse. Les pattes sont robustes et non grêles comme chez les Platyopines. Les tibias antérieurs triangulaires portent à la face externe quatre épines acérées. Les tarses sont plus larges et non plus filiformes comme chez les Platyopiens. Les tarses postérieurs notamment ont les articles basaux triangulaires élargis, très fortement ciliés de longs cils noirs. L'insecte, par son aspect général, se rapproche beaucoup de l'aspect présenté par les Sternoplax d'Asie Centrale. Il s’en distingue surtout par la structure des membres et notamment les tarses, beaucoup plus filiformes chez les Sternoplax qui semblent être des formes plus primitives que les Diésiens. Comparé à Idiesa Fischeri, le Meladiesia se distingue par des caractères plus accusés. Le Meladiesia miritarsis RetTTER, remarquable précisément par l'apparition d’une anomalie très curieuse dans la structure du 3° article des tarses qui atteindra son plus haut point chez Argyrophana, est représenté par un type unique de la collection Reïtter au Musée de Budapest dont je dois la communication au D" Cekeshy, que je tiens à remercier pour ce document et pour son accueil. Le Meladiesia miritarsis ressemble beaucoup à /diesa Fischeri. I] s'en distingue par la tête légèrement plus courte, plus large, les yeux globuleux, plus saillants sur les côtés de la tête. Le pronotum au disque plus renflé, globuleux, tendance qui s accen-
tuera chez les Piméliens vrais et que nous rencontrons pour la première fois dans ce genre. Le disque des. élytres est plus lisse, et ne présente pas de côtes saillantes, mais la crête latérale et la côte pleurale sont bien marquées. Les caractères les plus remarquables du Meladiesia sont dans les membres. Les pattes antérieures d’abord sont caractérisées par la saillie des hanches antérieures qui sont très grosses, sphériques et débordent beaucoup hors de l'articulation coxale. Les trochanters sont au contraire extrêmement réduits et à peine visible dans la large échancrure triangulaire de la base du fémur, ceux-ci, larges et robustes, sont assez courts et portent les tibias, qui, très minces à leur base, sont arqués, dilatés en triangle et très fortement dentés sur leur bord externe de six épines acérées élargies en forme de dents. Les tarses antérieurs sont courts. Les tarses moyens et postérieurs filiformes sont remarquables par un léger renflement du 3° article qui porte en dessous une bosse épaisse de poils roux très longs, en forme de houppe, aussi ciliés que le dernier article portant des ongles fins et robustes.
Ce caractère, que nous verrons encore plus accusé chez Argyrophana, ne se retrouve pas chez les Diesia Fiscx., insectes de l’ran et du Turkestan Russe. Ces insectes sont déjà nettement plus développés que les deux genres précédents et montrent des formes plus élancées, plus robustes, aux membres plus longs et plus fins. Le Diesia sexdentata Fiscn. de Transcapienne ressemble beaucoup à /diesa Fischeri. Il s'en distingue notamment par les antennes plus longues, aux articles plus longs, plus fins aux angles plus allongés, et presque réniforme. Le dernier article des antennes est très gros, plus du double de celui qui le précède, pyramidal et cilié de poils jaunes. Les yeux sont gros, ovales, légèrement saillants sur les côtés de la tête. Les hanches antérieures sont sphériques non saillantes, les fémurs sont longs, robustes, les tibias plus longs, moins arqués, élargis en triangle et portent latéralement six dents épineuses d’où le nom de l'espèce. Les tarses antérieurs sont courts, les moyens et les postérieurs plus longs, les larses et la face externe des tibias portent de longs cils roux dressés, très longs et serrés les uns contre les autres.
Tous ces caractères s'accusent encore chez Diesia quadridentata, Fiscu., plus élancée, de taille plus grande, 15 à 16 mm., et dont le corps est plus élevé par le développement des fausses épipleures. La tête, allongée, est de forme triangulaire par l'allongement du clypeus que prolonge un labre quadrangulaire rebordé latéralement. Les antennes ont le deuxième article très long, et les articles 3, 4,5, 6, assez allongés, les quatre suivants de plus en plus courts et triangulaires, le onzième terminal est étiré en pointe de lance et couvert de poils d'un roux doré. Les yeux sont ronds, gros, très saillants sur les côtés de la tête. Le pronotum en anneau renflé, subquadrangulaire, est bordé en avant et en arrière de poils jaune d'or. Le disque de Pélytre est absolument plat sur les deux tiers de sa longueur, et orné de quatre lignes longitudinales de grains très fins. Le repli humé-
ral est très net, saillant vers l'avant et la côte humérale est fortement marquée de l'épaule jusqu’au voisinage de l'apex terminé en ogive atténuée vers l'arrière.
Les fausses épipleures sont hautes, très développées et parcourues par une côte tranchante et sinueuse partant de l'épaule jusqu’au voisinage de l’apex. Les hanches antérieures sont très grosses, sphériques, non saillantes et l'apophyse intercoxale fait entre elles une forte pointe lancéolée, les fémurs antérieurs sont longs et robustes, les tibias antérieurs longs, élargis triangulairement vers l'avant et portent latéralement quelques pointes en dent de scie très peu visibles, les tarses antérieurs sont grêles et assez longs, les fémurs et tibias des paires moyennes et postérieures très longs, surtout les tibias postérieurs, les tarses très longs, robustes d'un roux rouge, et fortement ciliés latéralement de poils roux couchés vers l'arrière. Le corps est couvert par en dessous d'une fine pubescence d'un jaune d'or.
C’est à ce groupe qu'il faut rapporter le genre très différencié des Argyrophana SEMEN de Transcaspienne et des déserts du Kyzil Kum. Elles s'apparentent aux Diesia par la forme générale du corps, le développement de la carène humérale et l’explanation du disque des élytres, aux Diesia également par la structure des antennes, tandis que la déformation du troisième article des tarses reproduit en l’exagérant l’anomalie offerte par les tarses remarquables du Meladiesia mirilarsis. Le professeur Hauser m'a communiqué un couple de l’Argyrophana deserti, étiqueté Buchara et provenant de la collection Hauser. Ils sont très remarquables et très aberrants des autres Diesiites par la coloration des téguments, non pas noirs comme dans le cas général mais roux testacé et par un dimorphisme sexuel considérable analogue à celui présenté par le Przewals tia dilatata. C'est ici encore la femelle qui offre à la fois la taille la plus grande et les caractères les plus accusés, tandis que le mâle, réduit aux proportions d’un nain, réalise par la minceur de ses téguments translucides et la minceur de ses membres une extrême réduction des caractères accusés chez l'autre sexe. La femelle est un insecte de grande taille, 25 à 26 mm. La tête est transverse, très abrégée, le labre rectangulaire très visible, débordant largement les mandibules, les antennes ont la structure de celles des Diesia, c'est-à-dire la grande longueur du 2° article et la réduction des derniers, triangulaires, supportent le dernier article pyramidal très petit. Le pronotum est élargi, globuleux, très bombé sur le disque avec deux angles antérieurs aigus etun repli latéral marqué mais nullement caréné. Les élytres sont particulièrement caractéristiques, le disque est plan, lisse, mais la suture est saillante et créée comme une carène sur le dos de l’insecte. La carène humérale est fortement marquée, légèrement sinueuse, entourant le corps subogival de l’insecte et se termine brusquement tout près de l'apex. Les fausses épipleures sont longues, assez élevées, très fortement bombées et portent en leur milieu une côte pleurale fine et tranchante. Les angles huméraux sont bien marqués, à angles
droits, non rebroussés vers l'avant. Les membres sont robustes, notamment les fémurs postérieurs. Les tibias antérieurs sont droits, minces, à peine élargis à l'extrémité antérieure portant deux épines acérées, à peine dentés à leur bord externe.
Les tarses sont, comme nous l'avons vu, particulièrement remarquables chez cet insecte par la déformation des 2° et 3° articles des trois paires de pattes qui sont très courts, noueux et comme déviés de la ligne générale du tarse qui apparaît tordu en son milieu. Ces articles, renflés vers le dessous et vers l'extérieur, portent un chevelu abondant de poils roux serrés et formant une houppe plus abondante que celle qui accompagne, en les dissimulant, les griffes de l’onychium. Ces houppes sont grossièrement bifides au point que l'insecte apparaît avoir # paires d'ongles l’une au milieu, l’autre à l'extrémité des tarses. Le corps de l'insecte est entièrement roux foncé, plus clair sur l'élytre qui, vu par transparence apparaît nettement translucide et révèle un très large espace vide entre l'abdomen et les élytres, physogastrie très générale chez les Piméliens et qui apparaît comme une adaptation à la vie aridicole. Les hanches antérieures sont globuleuses non saillantes, l’apophyse prosternale lancéolée et aiguë les dépasse nettement vers l'arrière.
Le mâle apparaît comme une miniature de la femelle. Il est, en effet, presque trois fois moins long et mesure à peine 8 à 9 mm. Ilest près de vingt fois moins volumineux et tous ses organes traduisent par leur ténuité cette réduction de dimensions. La tête est transverse derrière les antennes mais le clypeus et le labre avancent nettement en lame à la partie antérieure. Les yeux sont ovales, plus saillants que ceux de la femelle et de couleur plus foncée que le disque céphalique, ce qui les rend très visibles. Le pronotum est globuleux, les hanches antérieures sphériques sont relativement beaucoup plus grosses que celles de la femelle et fortement saillantes hors de la cavité articulaire. Le disque élytral est non seulement plat mais déprimé et les carènes suburales et humérales saillent fortement au-dessus du disque élytral. Les membres sont extrêmement grêles et la minceur de leur chitine ajoute encore à leur ténuité. Leur structure, mise à part la grandeur des hanches antérieures, diffère peu de celle de la femelle mais les tarses sont absolument filiformes, et les houppes sont formées de poils beaucoup plus fins, extrêmeinent ténus mais longs el toujours nettement visibles. Les téguments de l’élytre sont vus de profil translucides et presque transparents et le corps recouvert, surtout à sa partie inférieure, d’un duvet gris soyeux et presque argenté d’où le nom générique d'Argyrophana, à apparence d'argent. Ajoutons un caractère très important et commun à tous les représentants de ce groupe que j'ai pu examiner. Une ligne fine, à apparence de suture, joint l'angle antérieur du corselet à la cavité cotyleile des hanches antérieures. Elle est bien visible chez Meladiesia miritarsis et Idiesa Fischeri, moins nette chez Diesia sexdentata et particulièrement nette chez Diesia quadridentata et Argyrophana deserti où elle prend l'aspect d'un sillon. Ce sillon isole
nettement le pronotum d'une pièce prosternale trapézoïdale située en avant et entre les hanches et comprenant l'apophyse intercoxale. C'est un rappel net de l'indépendance du sternite prothoracique et un caractère primitif remarquable dans un groupe par ailleurs sensiblement différencié.
LASIOSTOLES ET PTÉROCOMES
Il s'agit de deux genres localisés à l’Asie Centrale, et principalement des Turkestan Russe et Chinois et comprenant un certain nombre d’espèces de taille généralement petite ou tout au plus moyenne.
Le genre Pferocoma comprend actuellement 26 espèces assez homogènes, reconnaissables à leurs élytres discoïdes fréquemment costés et à la structure très particulière du pronotum globuleux, en forme d’anneau sphérique, très étroit et beaucoup moins large que les élytres aux épaules.
Les Lasiostoles, plus spécialement limités au Turkestan Russe constituent un groupement beaucoup plus artificiel et on y trouve des représentants de tendances morphologiques contradictoires et assez paradoxales. Sur un caractère tiré dans la présence d’une échancrure sur le bord antérieur du labium ont été groupées dans le genre Lasiostola de Solier des espèces dont les unes de petite taille, globuleuses, offrent le caractère commun d’une tête assez large et ronde, des antennes à articles courts et d'aspect moniliforme, les élytres glabres et grossièrement granuleux, cependant que d’autres pour lesquelles a été depuis créé par Kraatz le genre Centrocnemis sont de forme très allongée, de taille tou-
jours notablement plus grande, les élytres costés et revêtus d'une pilosité
souvent forte et dressée, les antennes aux articles intermédiaires assez longs, dentés et presque réniformes. Les tarses antérieurs des Lasiostoles sont courts, ceux des Centrocnemis longs et filiformes. Pour ces raisons, il ne paraît pas que le groupement en un seul genre des Lasiostoles et des Centrocnemis puisse être maintenu, ni surtout que ces formes puissent d'aucune façon dériver les unes des autres mais ressortent plus vraisemblablement d'origine peut-être voisine mais sensiblement différente. Nous
allons les passer rapidement en revue en notant les tendances divergentes de leur évolution. 3
Un premier groupe est celui constitué par les Lasiostola sensu stricto de Solier constitué par un certain nombre d'espèces de Boukharie et de Transcaspienne, de petites tailles, condensées, globuleuses et vraiment difficiles à distinguer les unes des autres.
Elles diffèrent entre elles par des détails dans la forme générale, celle des élytres en particulier, et dans la tégumentation élytrale plus ou moins irrégulièrement grenue. Il s'agit là d’un groupe d'insectes visiblement apparentés et qui ont probablement évolué sur place sans dépasser les limites de la région aralocaspienne. Elles ont entre elles de nombreux caractères communs et notamment la brièveté des tarses antérieurs, la structure des antennes moniliformes formées d’articles triangulaires emboftés les uns dans les autres, la tête globuleuse, presque aussi large que le prothorax, celui-ci subsphérique o régulièrement bombé à la face supérieure, l’élytre en ovale court, subparallèle chez Lasiostola nephelidis Rerrrer ou bombé chez les Tidostole grisescens KrAATz et L. nilens Rrr. Ces élytres sont toujours granuleux soit fins et dissimulés sous une pubescence très courte (Lasiostola grisescens), soit très fins et disposés en ligne régulière {Lasiostola nephelidis), soit plus saillants, plus grossiers et irrégulièrement disposés (Lasiostola grisescens).
Le Lasiostola nitens se distingue par sa taille plus grande, sa structure plus large et plus sphérique, sa granulation en ligne régulière plus effacée que chez les espèces précédentes. Les tibias antérieurs sont toujours droits, non dentés à leur face externe (distincts de Platyopinae et Diesites, les tibias moyens et postérieurs assez longs et grêles, les tarses postérieurs filiformes composés d'articles subégaux.
Le groupe des Centrocnemis de Kraatz nous montre des insectes beaucoup moins semblables les uns aux autres. Ce sont des insectes de taille plus grande, 12 à 16 mm., beaucoup plus allongés, aux antennes à articles plus longs, non moniliformes mais dentés en scie. Parmi ces coléoptères, les uns ont les élytres non costés et granuleux, les autres ont le disque des élytres nettement costé et caréné et paraît plus primitif du fait de la . présence d'une très forte pubescence noire dressée sur la partie supérieure des élytres, la tête et le corselet.
Une des formes les plus primitives est le Centrocnemis pubescens PAL.- LAS, de taille moyenne et remarquable par sa pubescence noire et le disque des élytres fortement caréné. La forme générale du corps n’est nullement globuleuse, mais allongée. La tête est courte, triangulaire, nettement plus étroite que l'échancrure du prothorax. Les yeux situés latéralement sont en ovale étroit, allongé, très près de l'insertion des antennes. Celles-ci sont fortement ciliées de longs cils noirs dressés répartis sur toute la surface des articles. Le troisième article est long, les autres subégaux. Le dernier article pyramidal très court. Le prothorax n’est pas globuleux mais beaucoup plus aplati à sa face supérieure, plus large à son bord antérieur
aux angles antérieurs marqués qu'au bord postérieur où ils sont mousses et arrondis. L'élytre, dont la forme générale rappelle celle des Platyopes est plus allongé et moins rapidement atténué en arrière. La carène humérale est bien marquée, de l'épaule arrondie jusqu'à l'apex et le disque élytral porte en plus deux fortes carènes saillantes partant du bord antérieur et se dirigeant parallèlement vers l'arrière sans rejoindre l'apex. En outre, une côte latérale se détache peu après l'épaule de la carène humérale et parcourt le repli pleural de l'élytre. Les hanches antérieures sont sphériques, extrêmement développées et saillantes en avant, l'apophyse prosternale formant entre elles une forte saillie lancéolée dirigée vers l’arrière. Cette saillie manque chez les Lasiostoles et les hanches globuleuses sont beaucoup moins saillantes. Les fémurs sont longs, larges, très robustes en lame épaisse, les tibias courts, les tarses antérieurs longs, subépaissis. Les pattes moyennes postérieures sont de structure normale, les tarses longs à articles subégaux. Toute la partie supérieure du corps est couverte de longs poils noirs dressés très fournis, particulièrement sur la tête et le pronotum donnant à l’insecte un aspect hirsute.
Un insecte voisin est le Centrocnemis interrupta Rrr., remarquable par sa forme parallèle et allongée, par l'interruption des carènes du disque élytral et la robustesse des fémurs des trois paires de pattes. Cet insecte présente en outre une coloration roussâtre des élytres due à une pubescence foncière couchée très caractéristique. La tête est robuste, très inclinée, aplatie sur le disque sans présenter en rien l'aspect propre aux Platyopinae. Les yeux ovales sont situés latéralement tout près de l'insertion antennaire. Ces antennes sont remarquables par la longueur relative des articles intermédiaires, portant chacun, deux longs cils dressés près de leur extrémité apicale, mais beaucoup moins ciliés que chez Centrocnemis pubescens. Le pronotum est régulièrement globuleux, beaucoup plus large que chez les Lasiostoles. L’élytre est très allongé, subparallèle. La carène humérale est fine et continue. Le disque élytral porte en outre deux carènes beaucoup plus.saillantes, l'une médiane, interrompue en son milieu d'une coupure assez brève, l’autre, à égale distance de celleci et de la suture, est absolument coupée en deux parties, l'une très brève partant da bord huméral, la seconde plus longue et plus saillante, parcourant la moitié postérieure du disque élytral et fusionnant avec la côte intermédiaire peu avant l’apex. Les fémurs du C. interrupta sont extrémement robustes, les hanches antérieures sphériques et le procès intercoxal est saillant vers l'arrière en pointe lancéolée recourbée vers le haut. Les tibias antérieurs sont courts, élargis antérieurement. Les tarses antérieurs robustes subdilatés. Tout le corps de l'insecte, la tête, le disque du corselet de façon subtile, et surtout le disque de l'élytre de façon dense, est couvert d’une fine pubescence d’un doré roussâtre, composée de poils courts et couchés, serrés les uns contre les autres sur l’élytre en une pubescence continue donnant à l'insecte un revêtement d'un roux soyeux tout à fait caractéristique.
Une autre tendance des Centrocnemis est la disparition des carènes jointe à l'élargissement des élytres. aboutissant à des insectes à corps épais, à élytres granuleux et dont l'allure générale rappelle beaucoup celle des Ocnera. Le début de cette évolution pourrait être marqué par exemple par Centrocnemis seminuda Rrr. où apparaissent à la fois le bombement du corselet et des élytres, ainsi que la tégumentation fortement grenue de ceux-ci, tandis que les carènes élytrales, sans disparaître tout à fait, sont réduites à de simples côtes à peine marquées, même la carène humérale non saillante mais continue de l'épaule effacée à l’apex arrondi. L’élytre prend ainsi un contour loiguement ovalaire rappelant : de loin celui des Ocnera. Les articles antennaires sont assez longs, fortement ciliés à leur extrémité distale, les yeux situés latéralement sont en ovale saillant, les hanches antérieures sont énormes, globuleuses, Paphophyse intercoxale saillante non prolongée en arrière, les torses longs et déliés, d'égale longueur aux trois paires.
Cette évolution aboutit au Centrocnemis mollis Kr. chez qui l'élytre est en ovale dilaté, fortement grenu et sans trace de côtes sur le disque, à part la côte humérale nullement en carène, plutôt indiquée par une ligne de grains continue de l'épaule à l’apex, rejetée latéralement par le bombement du disque élytral et les fausses épipleures, très long mais réduit en hauteur enserrant latéralement l'abdomen. Le pronotum extrémement et régulièrement bombé, presque sphérique et fortement cilié sur le disque de poils noirs dressés. L’apophyse intereoxale est fortement rebroussée au-dessus et en arrière des hanches antérieures globuleuses, les tarses des trois paires sont extrêmement longs et robustes. La tête est grosse, subtriangulaire, par le développement en rectangle du clypeus et du labre tous deux très développés. Les antennes ont les articles intermédiaires plus triangulaires et beaucoup plus courts que ceux du Centrocnemis seminuda. Les yeux sont ovales, légèrement saillants, presque réniformes autour de l'insertion de l'antenne.
Les Ptérocomes.
Par sa distribution géographique, par son homogénéité morphologique, le genre Pferocoma Soc. mérite d'être mis en parallèle avec lés Lasiostoles. Il s'agit également de formes isolées dans la série des Pimélines, formant un ensemble d'une homogénéité très grande par l’aplatissement discoïde des élytres et surtout la structure de la tête, du corselet et des pattes intérieures, le corselet notamment toujours globuleux presque sphérique et toujours beaucoup plus étroit que le bord antérieur des
élytres, caractère particulier au seul genre Pferocoma et qui l'isole complètement dans la série des Pimeliinae.
Les Plerocoma Soc. sont actuellement représentées par 26 espèces de taille petite en moyenne, 8 à 16 mm., et plus largement distribuées que les Lasiostoles et Centrocnemis, couvrant le Turkestan Russe, le Turkestan Chinois, la Mongolie méridionale jusque vers les régions septentrionales de la Chine et seuls de tous les Piméliens pénètrent dans les régions montagneuses, tels les Pferocoma semicarinata, P. serrimargo et P. tibialis rapportés par Bates des montagnes du Kachmir lors de sa deuxième mission dans la région de Yackand. Les P{erocoma sont des insectes de
tulle petite ou moyenne, dont les caractères les plus marquants et propres à tout ce genre sont :
1° La condensation très forte de l’avant-corps, tête et corselet, à la fois étroit et raccourci, condensation qui porte sur la plupart des éléments de cette partie de l’animal et se manifeste entre autres par la grande brièveté des tarses antérieurs.
2° Par la dilatation et l’aplatissement en forme de disque de l’élytre, à la fois élargi et subdéprimé, association de caractères qui font des Ptérocomes une des lignées indépendantes de la tribu des Piméliens.
Les Ptérocomes présentent d'autre part des variations importantes dans la structure de l’élytre nous montrant un certain nombre de formes à élytres fortement tricarénés, puis des types chez lesquels certaines de ces carènes tendent à s'atténuer et jusqu’à disparaître, tandis que d’autres, au contraire, s’accentuent plus particulièrement ; enfin quelques insectes à élytres absolument lisses et constituant un des termes actuels de l’évolution des Pferocoma.
Une des formes typiques du groupe à élytres carénés peut être le P{erocoma Ganglhaueri décrit par Reitter de Tachkent et dont l’aspect extérieur se rapproche grossièrement du ZLasiostola pubescens. Le Pterocoma Ganglhaueri Rrr. se signale parles caractères indiqués plus haut, à savoir : une têle extrêmement abrégée, élargie et transverse, fortement inclinée vers le bas, le clypeus et le labre extrêmement courts et cohérents avec l’ensemble du disque céphalique. Les antennes insérées dans une fossette située près de la base des antennes sont très courtes, le troisième article seul plus long que les autres, ceux-ci triangulaires, très courts et ciliés de poils noirs, courts et dressés. Les yeux sont en ovale court, situés latéralement près du bord antérieur du prothorax. Le prothorax, beaucoup plus large que long, est nettement transverse, le disque régulièrement bombé et présente le long du bord antérieur une bande blanchâtre de nature squamuléuse. Les élytres à leur base dépassent nettement les bords du pronotum et l'angle huméral est nettement proéminent vers l'avant. L'élytre est régulièrement élargi latéralement jusqu'aux deux
tiers de sa longueur et s'atténue progressivement de là vers l'apex. La carène humérale est continue, constituant la marge latérale de l'élytre de l’'humérus à l’apex. Elle est régulièrement crénelée et finement dentée en dents de scie, L'élytre porte en outre trois carènes, une juxta-marginale assez fine et surtout distincte vers l’arrière accompagnant la carène humérale, deux autres bien visibles, l’une discale absolument rectiligne et parallèle à ia suture, allant du bord antérieur aux deux tiers de l’élytre où elle disparaît, l’autre intermédiaire et arquée parallèle à la carène submarginale parcourant tout le disque de l’élytre jusqu'aux environs de l'angle apical où elle disparaît. Les fausses épipleures sont très caractéristiques ; elles sont en effet fortement réfléchies latéralement et rejoignent obliquement l'abdomen, et la carène humérale les déborde assez nettement surplombant la face inférieure de l’insecte. Les pattes sont particulièrement remarquables par le raccourcissement des tibias et des tarses atteignant les trois paires mais particulièrement les membres antérieurs. Ce caractère entre autres les éloigne assez nettement du Centrocnemis pubescens qui sont des insectes les plus proches d'aspect des Pterocomies. Un autre caractère important du Pterocoma Ganglbhaueri est la pilosité quiest de deux sortes :
1) Une pubescence squameuse, dense et couchée, visible surtout au bord antérieur du pronotum et dans les sillons entre les carènes, l'extrémité apicale de l’élytre.
2) Une pubescence de cils noirs dressés, très fournie notamment sur le disque céphalique qu’elle recouvre entièrement sur la partie supérieure du disque prothoracique, et sur tout le disque des élytres, devant particulièrement fournie et longue le long de la carène marginale.
De nombreux Ptérocomes sont extrêmement voisins du Pferocoma Ganglbhaueri tels par exemple le Plerocoma Suworowi Rerrr. du Turkestan Russe se distinguant notamment du précédent par un disque élvtral plus élargi et plus plat, et des carènes élytrales plus fines et moins élevées et réduites à deux par la disparition de la carène submarginale, ou le Péerocoma costata PaLLas des steppes de Kirghizie et de Russie méridionale, remarquable par son prothorax plus globuleux et moins transverse, par les carènes élytrales beaucoup plus marquées et: plus saillantes, notamment la carène interne parallèle à la suture extrêmement élevée surtout sur la partie antérieure du disque et prolongée du bord antérieur jusqu'aux environs immédiats de l’apex, ou le Pferocoma subarmata Morscn de Transcaspienne, aux élytres plus élargis et de taille plus grande, 14 à 15 mm., ou Pterocoma vittata Friv., du Nord de la Chine, de forme très abrégée et aux élytres de coupe presque hémi-circulaire.
Deux tendances apparaissent dans l'évolution des Ptérocomes, d'abord la réduction en nombre et l’atténuation des carènes élytrales, allant chez d'autres espèces Jusqu'à la disparition complète de celles-ci et l'apparition d'espèces à disque élytral absolument sans carènes. Cette diminution des
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carènes semble plus particulièrement réalisée chez les groupes du Turkestan chinois méridional et des régions centrales de la Chine. Elle semble constituer une lignée homogène dans l’évolution des Ptérocomes de ces contrées.
Un des exemples de cet évolution est représenté par exemple par le Pterocoma Loczyi Friv., espèce caractéristique de la faune de Kachgarie occidentale où elle a été récoltée pour la première fois par les explorateurs hongrois Loczy et Szecheny et où plus tard les Français Pelliot et Vaillant l'ont retrouvée en nombre, dans les mêmes régions. Ce sont ces derniers exemplaires que j'ai sous les yeux.
Le Pterocoma Loczyi Friv. est un des plus développés des représentants de ce genreet sa taille varie de 14 à 16 mm. Sa tête est triangulaire, oblique vers l’avant et d’un type très voisin de celle des Pimelia, en ce sens que le labre est plus proéminent que celui des autres Ptérocomes. Les articles intermédiaires des antennes sont plus longs. Les yeux assez gros, en ovale presque réniforme, situés tout contre la carène susantennaire. Le pronotum, moins transverse, est presque aussi long que large. Ses angles antérieurs forment un angle aigu très court sur les côtés de la tête. Les élytres forment un disque ovalaire assez court bordé latéralement par la carène humérale crénelée, mais des trois carènes de la face supérieure, il ne reste plus que la carène dorsale la plus interne, formant deux côtes dorsales élevées, parallèles à la suture et prolongées jusqu'aux deux tiers de la longueur, et déterminant entre elles une aire subdéprimée sur la partie supérieure du disque élytral, tandis que les parties latérales convexes descendent régulièrement vers le rebord de l'élytre. Les replis pleuraux sont étroits et rejoignent rapidement l'abdomen de l'insecte. Les hanches antérieures sont très peu saillantes. L'apophyse intercoxale assez longuement prolongée en arrière. Les tarses antérieurs sont particulièrement courts sans atteindre pourtant à la brièveté de ceux des Platyopiens. La tête, le prouotum et le disque élytral sont abondamment ciliés de poils noirs dressés, beaucoup moins longs que chez Pierocoma Ganglhaueri Cette structure montre l'importance particulièrement grande de la côte dorsale interne dans la structure de l’élytre des Ptérocromes, elle est la dernière à disparaître, et souvent montre un développement plus accusé que les autres, divisant en deux parties le disque de l’élytre. Tel est par exemple le cas chez Pterocoma Reitteri Friv., insecte caractéristique de la faune des Peï Chan. C’est un insecte de petite taille, 8 à 10 mm., beaucoup plus contracté que Pterocoma Loczyi et dont en particulier la tête et le prothorax sont très fortement transverses ; les pattes, et surtout les pattes antérieures, plus ténues et plus courtes. Cet insecte est particulièrement remarquable par la structure élytrale en ovale très court, et où la carène dorsale très fortement marquée isole de chaque côté de la suture une large plage lisse et luisante, très aplanie, tandis que les parties latérales du disque sont grenues et portent la carène intermédiaire plus fine et beaucoup moins élevée que la carène dorsale. II n’y pas de trace de la
carène marginale si développée chez Pterocoma Ganglhaueriet P. costala.
Cette évolution dans le sens de la disposition des côtes élytrales se poursuit chez les Plerocoma jusqu’à donner des disques lisses et globuleux tels que ceux que nous montrent, par exemple, les Pferocoma amandana et P. autumnalis de Dzoungarie chinoise et de la Chine Centrale.
Les côtes élytrales, quoique très atténuées, sont encore visibles chez Pterocoma amandana Rerrr. de la région du Lob Nor, c'est-à-dire d’une région très voisine des Pei Chan où se trouve Pterocoma Reitteri.
C'est un insecte de très petite taille, 8 mm. environ, et d'aspect plus arrondi que le Pferocoma Reitteri. La tête est large et transverse, le pronotum transverse à disque très bombé. Le disque élytral est ovale, très court, d'aspect lisse, c’est-à-dire très finement grenu, très fortement cilié de poils roussâtres serrés, et qui lui donnent un aspect poussiéreux. Les carènes élytrales sont réduites à deux, extrêmement atténuées, peu élevées et en outre extrêmement abrégées. La carène dorsale ne dépasse pas la première moitié du disque élytral et la carène intermédiaire, réduite à une ligne de points, se termine progressivement dans le dernier tiers de l’élytre. La carène humérale au contraire nettement marquée, va de l’angle arrondi de l'épaule jusqu’au voisinage de l'apex.
Cette atténuation des carènes dorsales de l’élytre va jusqu'à leur disparition chez Pferocoma autumnalis Sem. de Dzoungarie chinoise. Cette espèce, au disque presque régulièrement circulaire est une des plus évoluées du genre Perocoma. Elle est remarquable d’abord par sa tête courte et très fortement granuleuse, par ses antennes courtes, aux articles intermédiaires presque globuleux, le troisième article seul allongé et n'étant pas plus long que les deux suivants réunis, tous les articles très fortement ciliés de poils noirs dressés comme le corps entier et les membres de cet animal. Le pronotum, en anneau globuleux est particulièrement court et étroit, la partie antérieure du corps constituant moins du quart de la longueur totale de l’insecte et la base du prothorax beaucoup moins large que le bord antérieur des élytres, ce qui donne au Plerocoma autumnalis SEM. un aspect particulièrement contracté. Particulièrement large et bombé, le disque élytral de cet insecte est d’un beau noir luisant, parfaitement lisse et les côtes discales font complètement défaut. La carène humérale entoure complètement le disque de l'élytre depuis l'épaule avançant en lobe obtus et retroussé jusqu’à l'apex parfaitement arrondi et donnant à l’insecte un aspect globuleux. Toute la partie supérieure du corps de l’insecte et particulièrement le disque élÿtral sont recouverts de cils noirs, longs de plus d’un millimètre et extrêmement serrés, donnant à l’insecte un aspect villeux. Quoique beaucoup moins longs, ces poils ne font pas défaut à la partie inférieure du corps, surtout à la face inférieure du prothorax dont l'apophyse intercoxale dépasse nettement les hanches vers l'arrière. Les membres du Plerocoma autumnalis sonts courts, les fémurs dépassent à peine la lar-
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geur du corps, et les tibias des trois paires sont beaucoup plus courts qu'eux, surtout les tibias antérieurs élargis vers l'avant. Les tarses antérieurs sont très courts par la réduction des quatre premiers articles, extrêmement étroits et courts, l'onychium seul étant développé et aussi long que les trois articles précédents. Tous les membres, fémurs, tibias et tarses, fortement ciliés de poils noirs dressés.
STERNOPLAX ET TRIGONOSCELIS
Voici une des lignées les plus homogènes des Pimelinae, composés d'insectes de taille moyenne ou grande, de structure robuste, parallélipipédique ou allongée, habitant les déserts de Mongolie, des Turkestan Chinois et Russe où ils remplacent les Pimélies et les Ocnera des régions plus occidentales dont l’allure générale et les tailles les rapprochent sensiblement,
Nous arrivons aux genres de grande taille représentatifs des lignées ultimes de l’évolution des Piméliens. Le genre Sfernoplax a été créé en 1889 par Frivalsky pour le Sf. Szechenyi récolté dix ans auparavant par la mission hongroise Szecheny-Loczy dans la région de Cha-tchéou près du Lob Nor.
En 1907, Reitter a séparé les Sternoplax des Trigonoscelis par leur caractère tiré de l’apophyse intercoxale du prosternum qui est prolongée en arrière des hanches antérieures chez les Sfernoplax, processus qui n'existe pas chez les Trigonoscelis. Le Sternoplax Szechenyi; par sa structure compacte, et ses élytres aux carènes épaisses semble être une des espèces les plus primitives de cette lignée des Pimelinae.
Le Sternoplax Szechenyi Friv. est un insecte de taille moyenne, robuste, de forme à la fois allongée et large, non globuleux, à la tégumentation épaisse.
Il nous montre dans sa structure un certain nombre de caractères qui sont réalisés dans l’ensemble des genres Sternoplax et Trigonoscelis et des tendances qui ne feront que s’accuser chez les Ocnera et les Pimé-
A, Reymonn, 11
lies. Ces tendances sont d'abord la forme et la structure de la tête qui est volumineuse et beaucoup plus mobile que chez les groupes que nous venons de passer en revue. Cette mobilité vient de sa longueur plus grande, et de son moindre enfoncement dans l'échancrure antérieure du prothorax. Cette tête est large, subtransverse, le bord antérieur du clypeus continu et régulièrement arrondi, le labre trapézoïdal est très saillant sur l'avant de la tête et laisse apercevoir latéralement et par dessous la pointe robuste et bifurquée des mandibules coniques. Les antennes insérées sous une forte saillie latérale du clypeus sont plus allongées que chez les Ptérocomes et dépassent en arrière le bord postérieur du pronotum. Le premier article est court, épais, le deuxième très court et étroit, le troisième long, les suivants quadrangulaires, ciliés de longs poils noirs, dressés, le dernier est très court, non pyramidal mais globuleux et comme réduit à une apophyse sur le dixième. Les yeux situés latéralement tout contre le pli susantennaire sont gros, réniformes et leur lobe inférieur descend obliquement vers l'avant. Le pronotum est aussi long que large, le disque peu bombé présente un disque lisse et l’ensemble du prothorax a l'aspect d'un anneau aplati à sa partie supérieure, très différent de l'anneau globuleux des Lasiostoles ou des Ptérocomes, ou de la structure supérieure cubique des Platyopes. L’apophyse prosternale est en pointe aiguë dépassant les hanches vers l’arrière ce qui, nous l’avons vu, est un des caractères distinguant les Sfernoplax des Trigonoscelis. Les élytres sont larges, assez longs, d'allure rectangulaire, le disque plat, très faiblement bombé et l’ensemble de l’insecte, pronotum et élytres, présente une face supérieure subplane très différente de l'allure généralement globuleuse ou cylindrique des Pimeliinae. Cet aplanissement de la face supérieure du corps est général chez les Sfernoplax et les Trigonoscelis.
L'élytre présente en outre un certain nombre de caractères importants.
Le bord antérieur est profondément sinueux et l'épaule forme vers l’avant un large lobe largement arrondi. Outre la carène humérale nette, le disque élytral porte deux fortes carènes crénelées partant du bord antérieur Jusqu'à l'angle apical, et les bords suturaux des élytres sont nettement relevés l'un contre l’autre formant une cinquième carène médiane sur la surface dorsale de l’insecte. Les espaces intercarénaux sont nettement granuleux et trois lignes de grains élevées occupent le milieu de ces intervalles. Les replis pleuraux sont longs, mais assez étroits du fait du peu d’élévation du corps de l’insecte. Les pattes assez courtes sont extrêmement robustes et manifestent un certain nombre de tendances qui s'accuseront encore dans les autres genres de Pimelünae.
Le premier de ces caractères est l’épaississement des membres qui chez le S{ernoplax Szechenyi sont courts. Les fémurs en lame quadrangulaire robuste, les tibias antérieurs courts, élargis triangulairement vers
l'avant. Les tibias moyens et postérieurs ne sont plus parfaitement circulaires mais tendent vers une coupe triangulaire par apparition d'un bord externe, tranchant. Les tarses sonts courts, robustes, fortement cihés et beaucoup moins filiformes que chez les genres précédents. Le caractère le plus important des Séernoplax est la conservation de la suture du prosternum, suture nettement visible par dessous la cavité cotyloïde des hanches antérieures et qui situe les Sfernoplax comme un des groupes primitifs de la tribu des Pimélines.
Dans cette même région des déserts de la Serinde se rencontrent deux autres espèces de Séernoplax, les Siernoplax costatissima Rerrr. et S. lacerta Bates dont les élytres sont marqués de reliefs importants. Le fait est intéressant à signaler car 1l oppose les Sternoplaxz du Turkestan Chinois méridional aux élytres costés ou tuberculés, aux Sfernoplax de Mongolie dont le disque élytral est en général lisse, argument supplémentaire à l’individualité biogéographique de ces deux provinces. Le Sternoplax costalissima semble plus spécialement localisé à la partie orientale de Sin Kiang méridional, c’est-à-dire la région du Karlyk Tag et du Lob Nor. Il ressemble beaucoup au S. Szechenyi mais ses téguments sont beaucoup moins grossièrement rugueux et sa forme moins parallèle, et les élytres ovalaires sont plus élargis à leur partie moyenne. La tête est globuleuse et sa face supérieure lisse est d'aspect subcarré prolongée par le labre fortement proéminent vers l'avant. Les antennes sont plus grêles. Les yeux ovalaires et non réniformes sont plus petits et situés latéralement plus haut que chez S. Szechenyi. Le pronotum, cilié de jaune clair à sa partie antérieure et largement échancré à son bord postérieur est de forme carrée, aussi large que long, au disque lisse légèrement bombé à la face supérieure. Les élytres, fortement sinués au bord antérieur avec des épaules en lobes arrondis bien marqués, sont très aplanis à leur face supérieure et marqués sur leur disque de deux carènes saillantes, continues, régulières et fines se terminant dans l'angle apical de l'élytre. Les bords suturaux de l’élytre sont élevés, formant sur le dos de l'insecle une cinquième carène médiane très forte. La carène humérale très fine et bien marquée court de l'épaule à l’apex. Les fausses épipleures bombées et réfléchies sont parcourues par une carène pleurale nette et très fine, partant de l'épaule et terminée au voisinage de l'apex. Tout le disque élytral est recouvert d’une fine poussière squameuse d’un gris blanchâtre clair tranchant avec le noir de la tête et du corselet, les hanches antérieures sont globuleuses, l’apophyse prosternale forme une pointe derrière elles. Les tarses postérieurs sont très courts, les trois premiers articles des tarses postérieurs nettement subdilatés. Nous avons figuré un exemplaire de la collection Hauser du Musée de Vienne, et récolté au Karlyk Tag, qui présente une curieuse anomalie des côtes élytrales confusément et irrégulièrement anastomosées entre elles, ce qui donne au disque élytral un aspect réticulé. Les côtes moins élevées sont
beaucoup plus fines et cette anomalie révèle une tendance à la désorganisation des carènes de l'élytre.. su
Le Sternoplax lacerla, découvert par Bates dans la région du Yarkand, et récolté en DES .par la mission Pelliot- ane dans la région de Kachgar et Koutchar, semble propre aux régions occidentales du bassin du Tarim, c’est-à- ne le fond de la poche que la dépression serindienne creuse cntee le Tian chan et le Kouen Lun. Les côtes élytrales ont ici disparu et sont remplacées par des lignes de gros tubercules ronds, disposées régulièrement surle disque élytral. Ces tubercules semblent remplacer les carènes d’une part, et provenir du développement des lignes de grains situés entre les côtes discales du S{ernoplax Szechenyi. On compte six de ces lignes de tubercules sur chaque élytre. Les côtes humérales et pleurales restent fines et marquées. L'apparition de ces tubercules élevés et circulaires est intéressante car nous les retrouverons chez plusieurs espèces de Trigonoscelis.
Le Sternoplax lacerta Bares est plus grand et plus robuste que les espèces précédentes, sa tête globuleuse beaucoup plus large, son labre plus saillant en avant, ses antennes plus robustes aux articles # et 10 nettement triangulaires. Le pronotum est élargi latéralement et ses angles antérieurs aigus font saillie sur les côtés de la tête. Le disque du corselet est couvert de pubescences analogues à celles des élytres mais irrégulièrement dispersées. Les hanches antérieures sont très développées, sphériques et saillantes hors de la cavité cotyloïde, l’apophyse intercoxale les dépasse vers l'arrière.
Tout le dessous du corps de l'insecte est couvert d’une abondante pubescence de poils couchés, d'un gris jaunâtre, pubescence qui revêt également les fémurs et tibias et qui se retrouve également sous forme de taches éparses, sur les côtés de la tête, Le corselet, les angles huméraux et toute la partie apicale de l'élytre. Les tarses ‘sont filiformes longuement et finement ciliés de roux. Les tarses antérieurs sont moins courts que chez les espèces précédentes. Cette évolution des Sfernoplax se poursuit chez les espèces du Turkestan Russe et de Mongolie par des variations qui portent principalement vers l’atténuation progressive et la disparition des carènes élytrales, par la soudure et l’oblitération de la suture prothoracique entre le prosternum et le pronotum de l’anneau du corselet, et par un allongement des tarses postérieurs souvent très fortement ailes: Cette évolution se manifeste par exemple chez Sternoplar seriala Menerr. de Buchara et de Transcaspienne qui, par sa structure générale, sa taille et -sa forme parallèle ressemble absolument à un S. Szechenyi dont les carènes se seraient atténuées tandis que les granules intercostaux auraient augmenté de relief et par cette différence sensible à première vue le S. seriata se sépare du $. Szechenyi par sa tégumentation moins rugueuse, son disque céphalique plus bombé, son pronotum luisant, Bree nb. plus convexe à sa face supérieure, l'extrême drelion de l’apophyse intercoxale fortement sillonnée entre
les hanches antérieures globuleuses, caractère qui l’apparente aux Trigonoscelis dont le Trigonoscelis planiuscula Kr. des mêmes régions lui ressemble extrêmement au point que nous prendrons cette espèce comme point de comparaison entre ces deux genres si voisins au départ. L’élytre de Sternoplaz seriata Mengrrier est parallèle, d’un noir luisant, sinué au bord antérieur, l'épaule en lobe bien marqué et porte dix fines rangées de grains très fins en lignes longitudinales dont deux sont groupées en rangées plus cohérentes dessinant deux fines côtes indistinctes, homologues des carènes discales du S. Szechenyi. Les membres sont courts, robustes, les tibias antérieurs très dilatés à leur partie terminale, et l'angle externe développé en lobe aigu. Les tarses sont assez courts, robustes, les tarses postérieurs très fortement ciliés de poils longs.
Le plus grand nombre des espèces de Sfernoplax peuplent les déserts de Mongolie et de Chine centrale où nous les avons rencontrés en nombre. Ces espèces, plus où moins localisées, sont d’ailleurs extrêmement voisines les unes des autres et se distinguent par des caractères assez secondaires. Tels sont les Sfernoplax juvencus Retrr. de Kachgarie, récolté à Kutchar par MM. Pelliot et Vaillant en 1908, reconnaissable à sa structure très finement grenue, sa coloration d’un noir mat, ses élytres très finement granuleux, parcourus de stries nombreuses et serrées à peine visibles ; le S. Xraatzi FRiv. de la Mongolie Occidentale (Pei Chan- Etsin Gol. Turfan) aux élytres luisants, et dont la granulation est localisée le long d’une carène humérale particulièrement marquée ; le Sternoplax opaca RTr. de la Mongolie Orientale, plus particulièrement répandu dans le désert du nord de l’Ala Chan et du bassin d'Aberhu, et dont les élytres sont plus bombés, et plus ovalaires, très finement granuleux et apparaissant lisses avec la disparition totale des carènes discales, et le Sfernoplax mongolica RTT des mêmes régions, très voisin du Sternoplax Kraatzi et distinct de celui-ci seulement par l'absence des granulations sur les plages latérales de lélytre, et la disparition des côtes discales.
IL s’agit en tout état de cause d’espèces très voisines les unes des autres, et distinctes comme des localisations géographiques d’une même lignée séparées par des variations très faibles. Deux espèces d'Asie Centrale au contraire montrent des variations beaucoup plus importantes, révélant des tendances qui seront réalisées dans d’autres genres de séries voisines des Pimeliinae. Ce sont : Sternoplax niana Rrr. de l’oasis de Nya et Séernoplax affinis Zourk, d'Afghanistan et des steppes Kirghizes. Ces deux espèces réalisent des sens différents, deux types de condensation du genre Sfernoplax. Le Slernoplax niana manifeste une tendance que nous avons vu réalisée au plus haut point chez les Diesia et qui s'exprime par des épaules en lobe aigu vers l'avant, et non arrondi comme chez la généralité des Sternoplax, un corps rapidement atténué el aux élytres fortement et
brusquement déclives vers l'arrière, des fausses épipleures presque verticales et assez élevées, mais la brièveté des tibias et des tarses antérieurs, et le non allongement des tarses moyens et postérieurs, la structure du pronotum au disque beaucoup moins bombé que chez les Diesia, ainsi surtout que la structure de la tête aux antennes non différenciées, aux yeux ovalaires non saillants latéralement maintient cette espèce parmi les S{ernoplar, mais sans doute au voisinage des différenciations morphologiques ayant abouti au type des Diésiaires.
Chez le Sternoplax affinis la condensation morphologique réalise au contraire une forme globuleuse qui se développera au plus haut point chez les Pimélies et les genres immédiatement apparentés. Bien que nettement apparenté aux S{ernoplax par la structure du prothorax et la présence d'une forte apophyse intercoxale prolongée en épine derrière les hanches antérieures, le Sfernoplax affinis a subi sur tout le corps une évolution qui l’apparente à certains Ocnera. La tête, globuleuse, et prolongée en avant en triangle par la saillie du labre est fortement encastrée dans le prothorax. Les yeux, peu saillants, situés derrière l'insertion des antennes sont fortement réniformes. Les antennes grêles sont très longues par l'allongement relatif des articles quatre à dix qui sont filiformes et nullement triangulaires. Le dernier article pyramidal est long à peine renflé. Le pronotum en anneaux globuleux est sensiblement plus large vers le bord postérieur qu’au bord antérieur. Les angles antérieurs aigus sont très réduits. Les angles postérieurs sont effacés ainsi que le lobe huméral des élytres parfaitement effacé, le bord antérieur de l'élytre à peine sinué est fortement cohérent au prothorax. Ceux-ci sont parfaitement ovalaires, régulièrement arrondis vers l’apex et couverts d’une série de petits tubercules arrondis disposés en lignes régulières. Il y a douze de ces rangées de tubercules. Par contre la carène humérale n’est pas marquée et l’élytre forme vers les épipleures un cintre régulier, ce qui sera réalisé constamment chez les Ocnera. Les membres sont très longs, à toutes les paires, aussi bien les fémurs antérieurs sinueux que ceux des pattes moyennes et postérieures qui dépassent fortement le disque élytral sur les côtés. Les tibias sont longs et surtout les tibias postérieurs plus longs que les fémurs de cette paire. Les tarses des trois paires de pattes sont longs et filiformes. Cette forme générale atténuée vers l'avant, aux élytres globuleux, se retrouve particulièrement chez les S. Souvorowiana Rrr. de la Dzoungarie Russe, S. Reitteri Czx1 du Karlyk Tag, et S. laeviuscula Kr. des environs du Kuku Nor, distincts les uns des autres par des détails structuraux : élytres finement striés, prothorax globuleux au disque très renflé (S. Souvorowiana), prothorax plus long que large, aplani, quadrangulaire, élytres granuleux (S. Reitteri). Taille beaucoup plus grande (25 mm.), tête profondément enfoncée dans l'échancrure antérieure du pronotum, celui-ci nettement dilaté vers l'avant, élytres presque lisses, pattes robustes, aux tarses extrêmement vigoureux, densément ciliés de longs cils noirs (S. laeviuscula). Du type
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prinutif de Sfernoplax aux élytres costés et parallèles, Sternoplax seriata Menetrier, du Turkestan Russe, se détache donc une première lignée de Sternoplax aux élytres costés ou tuberculés (Szechenyi, costatissima, lacerta) propre aux déserts du Tarim et à la province Kachgarienne, puis un certain nombre de formes aux élytres aplanis, plus ou moins lisses, propres aux déserts du Kansu et de Mongolie Australe dont une des formes les plus contractées est le Sfernoplax niana, des oasis du Lob Nor, et une autre lignée aux formes globuleuses et ovalaires, aux membres allongés, au pronotum allongé vers l’avant, dont l'aire d'extension couvre les massifs montagneux désertiques du voisinage du Pamir, Karlyk Tag, Tian Chan et Nord du Thibet au voisinage du Kuku Nor.
Très voisin des S{ernoplax par la structure générale du corps, le genre Trigonoscelis So. s’en distingue surtout, comme nous l’avons vu, par la structure de l’apophyse intercoxale du prosternum qui n’est point étiré en pointe vers l’arrière mais forme entre les hanches une barre transverse échancrée en son milieu par un sillon visible.
L'évolution des Trigonoscelis est d’ailleurs beaucoup moins polymorphe que celle des Sfernoplax auxquels ils sont apparentés. Une des formes les plus primitives semble bien être le Trigonoscelis planiuscula KR. de la région de Margelan dont l'aspect général est si proche du Sternoplax seriala MENETRIER de régions très voisines, Tachkent et Transcaspienne.
Le Trigonoscelis planiuscula ne peut cependant aucunement être confondu avec le Sfernoplax. La tête est plus petite, à la fois plus courte et moins large, plus visiblement arrondie. Les yeux sont plus gros, en ovale court. Les antennes très courtes sont moniliformes, les articles de quatre à dix, très courts, triangulaires. Le pronotum, plus court, moins large, est plus transverse. Les élytres sinués au bord antérieur, aux épaules lobées, sont plans sur le disque et la striation élytrale est totalement différente. Plus de côtes marquées et continues comme chez le S. seriala, mais douze séries de granulations en ligne, serrées les unes contre les autres sur chaque élytre, donnant à celui-ci une apparence régulièrement grenue. Les épipleures sont lisses chez l’une ou l’autre espèce. Le prothorax dépourvu d’épine intercoxale chez Trigonoscelis planiuscula. Les pattes sont assez longues el peu différenciées. La taille est petite, une douzaine de millimètres environ, alors qu'elle arrive à dépasser trois centimètres chez les plus grosses espèces de Trigonoscelis. L'évolution de cette série apparaît linéaire réalisant surtout un notable accroissement de taille et de robustesse de tous les éléments sans y manifester de différences profondes. L'évolution des Trigonoscelis est avant tout une évolution par accroissement, celle des Sternoplax une évolution par simplification et condensation structurales.
Par leur port, leur taille, leur allure générale, les Trigonoscelis sont homologues des Ocnera et tiennent dans les peuplements la place que ceux-ci occupent dans les régions Iraniennes et circa-Méditerranéennes. Ils s’en différencient par de nombreux caractères structuraux.
La tête des Trigonoscelis est beaucoup plus large et plus courte que celle des Ocnera qui est plus allongée et beaucoup moins profondément enfoncée dans l’échancrure a he Le labre des Ocnera est quadrangulaire, celui des Trigonoscelis transverse, en forme de trapèze, la petite base vers l'avant. Le pronotum des Ocnera est étroit, globuleux ; celui des Trigonoscelis au moins aussi large que long est subquadratique, parfois transverse, fortement échancré en arrière et beaucoup plus cohérent avec les élytres. Ceux-ci ont chez les Trigonoscelis le bord antérieur droit, les épaules nettement marquées, le disque largement aplani et une forme générale de parallélépipède qui se distingue absolument de l’'ovale régulier des élytres d'Ocnera, atténué à l'avant et à l'arrière, aux épaules absolument effacées. La plus grande différence est sans doute dans les membres, courts et robustes chez Trigonoscelis aux tarses assez courts et fortement ciliés, alors qu'ils sont chez Ocnera allongés et glabres, et surtout que les tibias longs et grêles des Ocnera sont de formes tubulaires et en coupe arrondie, sans carène latérale, tandis qu'ils sont en lame triangulaire chez Trigonoscelis, toujours nettement élargis à la partie distale, et pour les tibias antérieurs aplatis en un long triangle, très notablement élargi vers l’avant, et au contraire longs et grêles, à peine épaissis vers l'extrémité chez les Ocnera et l'évolution de ces deux groupes sans doute nettement distincte à leur origine même.
L'évolution des Trigonoscelis est une orthogenèse assez simple qui porte d’abord sur un accroissement des dimensions, et sur la structure élytrale ornée de tubercules très fins, subaigus, en lignes régulières (Trigonoscelis muricata ParLAs des bords de la Caspienne et de Russie du Sud), lignes de tubercules qui peuvent s’exagérer comme chez le Trigonoscelis nodosa Fiscu., de Transcaspienne, formant sur l'élytre sept lignes de tubercules élevés, luisants. subépineux vers l'arrière de l’élytre, ou au contraire tendant à s’effacer chez les Trigonoscelis du Turkestan, tels que le Trigonoscelis fasciculitarsis Rerrrer de la région de Margelan, où il ne reste que quelques lignes de tubercules à peine distincts sur les côtés du disque élytralet remplacés par des lignes très fines dans la zone juxta suturale pour aboutir, au Turkestan Chinois et en Mongolie, à des formes beaucoup plus contractées et absolument lisses, tels que les Trigonoscelis sublaevigata Retrr., du Turkestan Chinois méridional (Turfan- Hami), le massif montagneux des Pei Chan et jusqu’à l’Etsin Gol où nous l'avons rencontré, ou le Trigonoscelis Holdereri Rerrr., aux élytres lisses beaucoup moins élargis et plus parallèles, des oasis d'Hami et de Turfan, particulièrement remarquable par sa forme rectangulaire.
Dans ce même ensemble des Sfernoplax et des Trigonoscelis il nous faut joindre deux genres : Sympiezocnemis et Pelerocnemis du Turkestan et de la Transcaspienne, qui en sont tous deux nettement parents.
Le Pelerocnemis Socsky a été rapproché des Ocnera par la structure de ses tibias postérieurs subarrondis en coupe et beaucoup moins triangulaires que chez les Trigonoscelis proprement dits et par ses tarses beaucoup
moins ciliés que ceux des espèces de ce genre. Mais la structure de ce genre l’apparente en fait aux Trigonoscelis et le sépare des Ocnera. La tête tout d’abord, extrêmement large et robuste, convexe sur le disque, le labre très large, transverse, largement développé sur le devant de la tête et non en lame étroite, saillant en avant comme chez Ocnera. Les yeux situés latéralement derrière l'insertion des antennes sont ovales allongés. Les antennes sont remarquables par le grand allongement du troisième article et par la très longue et robuste ciliation de leur bord antérieur, extrèmement visible et donnant à l’insecte un aspect très particulier. Le pronotum est globuleux, très renflé sur le disque mais plus large que long et fortement appliqué aux élytres lisses, rectangulaires, aux épaules largement arrondies et nettement marquées. Le disque de l'élytre est en outre impressionné de plusieurs lignes parallèles de points enfoncés, très fins. Les tibias antérieurs sont en lame triangulaire, caractère générique des Trigonoscelis, et les tibias des autres paires moins aplatis sont carénés latéralement. Les tarses sont assez courts, très robustes, et s'ils sont très brièvement ciliés au lieu d'être longuement velus comme chez Trigonoscelis, ils ne sont ni filiformes ni glabres comme chez les Ocnera.
Quant au genre Sympiezocnemis, il a été créé par Solsky pour deux espèces géantes de Trigonoscelis : S. Kessleri Sorsky et S. gigantea Fiscn. du Turkestan russe remarquables par leur très grande taille, plus de 30 millimètres, leurs élytres bombés et presque convexes, armés de très gros tubercules saillants et armés d’épines, et l’accentuation de l'élargissement en lames des tibias antérieurs très fortement triangulaires.
Il nous reste à étudier avec ce groupe une forme aberrante, remarquable à tous points de vue, et absolument caractéristique des déserts de la Cas-
pienne, Sfernodes caspicus PaLcas, dont les affinités ne sont pas évidentes à première vue.
Le Sternodes caspicus est un insecte remarquable avant tout par sa forme en disque aplati, aux élytres presque circulaires et par la coloration de ses élytres presque entièrement recouverts d'une pubescence d’un blanc pur tranchant avec le noir profond des autres parties du corps. Cet insecte est en outre d’une taille assez grande, 20 à 28 millimètres, qui ne lui permet pas de passer inaperçu, et caractérisé par l'élargissement et la condensation des parties du corps à quoi s'oppose l'allongement très grand des membres notamment des tibias, et la forte ciliation des tarses notamment postérieurs. La tête du Séernodes caspicus est extrêmement forte, large, au disque subcarré. Le clypeus est étroit, réduit à une bande sur la partie antérieure de la tête, et le labre rectangulaire le dépasse nettement vers l'avant. Les antennes sont insérées à la base des mandibules sous le rebord saillant du clypeus. Les antennes ont le 3° article long, très longuement cilié de noir, le 4° assez long, les suivants courts, le dernier petit, pyramidal. Les yeux sont gros, ovales, situés latéralement juste après la carène latérale de la tête. La tête est
très profondément enfoncée dans l’échancrure antérieure du prothorax. Celui-ci est extrêmement large, transvèrse, régulièrement bombé sur son disque, les angles antérieurs sont en lobe aigu et avancent fortement sur les côtés de la tête. Les angles postérieurs sont effacés et le bord postérieur du pronotum largement sinueux et échancré en sa partie moyenne (caractère de Trigonoscelis). Le bord antérieur des élytres accompagne exactement cette sinuation du pronotum et les angles huméraux avancent en épine saillante et aiguë le long des angles postérieurs du prothorax. Le disque élytral s’élargit régulièrement presque vers sa moitié en un are de cercle que décrit la carène humérale et se recourbe circulairement vers l'arrière jusqu'à l'angle apical faiblement allongé. Le disque élytral porte les vestiges de deux côtes noires n’atteignant ni en avant le bord antérieur, ni en arrière la zone apicale et courant sur les deux tiers de la longueur de l’élytre. Ces côtes noires et soyeuses tranchent avec la blancheur du disque de l'élytre, blancheur qui règne également sur les fausses épipleures et qui est due à une sécrétion d’aspect laqué, analogue à du vernis et qui recouvre le disque de l’élytre à l'exception des côtes discales et humérales. De cet enduit émerge en lignes régulières des granules élevées en forme de boutons et sétigères. La face inférieure du corps montre notamment un labium nettement échancré à son bord antérieur, un prosternum large aux sutures non soudées et surtout un extrême développement de l’apophyse intercoxale en forme de lame rectangulaire qui dépasse non seulement les hanches, mais le bord même du prothorax, et vient s'appuyer par une large plage terminale sur le mesosternum saillant et granuleux. Ce caractère rapproche indiscutablement le Sfernodes Fiscu. des Sfernoplax. Les membres sont très longs, notamment les fémurs des trois paires robustes et allongés, les tibias, surtout les tibias postérieurs aussi longs que l'abdomen, minces, subsinueux et dépassant largement le corps vers l'arrière durant la propulsion. Les tarses moyens et postérieurs sont robustes, légèrement déprimés, très fortement ciliés de noir comme chez les Sternoplax el Trigonoscelis. Les tibias antérieurs sont assez longs, élargis à l’extrémité distale, les tarses antérieurs très courts aux griffes longues, fines, fortement écartées. Par sa forme extrêmement contractée et discoïde, le Sternodes rappellerait un gros Ptérocome, il s'en distingue absolument par la structure de la tête et du prothorax, extrêmement réduit chez Plerocoma, ici élargi et muni d’une puissante apophyse prosternale, ce qui, ainsi que la structure de ses membres, le relie au genre Sfernoplax.