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INTRODUCTION
Si l'on consulte la direction des vents d'après les nuages, l’inspection de ce tableau met en évidence un maximum annuel bien prononcé, qui se manifeste particuliérement entre le SO. et l'OSO.: c'est le vent dominant à Bruxelles.
La direction opposée du ciel, entre le NE. et l'ENE.. offre un second maximum, mais beaucoup moins prononcé que le premier.
Les miliima se trouvent à peu prés à égale distance de ces deux maxima très-sensibles; ils offrent également une différence entre eux : celui du N. a une valeur plus grande que celui du SSE.
Si l'on prend la moitié du ciel comprise entre le NNE. et le SSO. d’une part; et, de l'autre, la partie opposée du ciel, compris»; entre le SSO. et le NNE., on trouve, pour la fréquence, que le nombre des vents de ces deux régions est à peu prés dans le rapport de 18535 è 8057. Les vents, soufflant de la région occidentale du ciel, sont par conséquent plus qu’en nombre double de eeux qui soufflent de la région opposée ; et le rapport est à peu prés le même pour deux vents quelconques opposés dans le ciel. Le nord et le sud semblent faire exception; le rapport est moins grand.
Si l’on considère les vents qui régnent dans la région inférieure, cl qui ont été constatés depuis 1842 au moyen de l'anémomètre d'Osler, on trouve, pour la fréquence, à peu près les mêmes valeurs que les précédentes : le maximum se présente encore entre les directions opposées de l’OSO. d'une part, et de l’ENE. de l’autre.
Les minima viennent du N. et du SE. ; les directions opposées, pour ce qui concerne la fréquence des vents, sont à peu près les mêmes ; il semblerait seulement qu'en se rapprochant de la terre, les courants changent un peu, et se dirigent, comme s'ils venaient de points plus rapprochés du sud.
P' aviations mensuelles. — En considérant l'influence des mois sur la direction des vents, on trouve quelques différencia dont il sera bon de tenir compte. Les directions des vents dans les régions supérieures de l'atmosphère ont été observées directement, depuis l'origine de l’Observatoire; et, dans la partie inférieure de l'atmosphère, comme nous l'avons fait remarquer déjà , elles n'ont été inscrites par l'anémomètre d'Osler que depuis
Or, on trouve que, dans le haut de l'atmosphère, le maximum, pendant le cours entier de l'année, s’est maintenu assez constamment au SO, en déviant un peu vers l'ouest pendant les mois d'été; aux mois d'avril et de mai . cependant, le courant passe vers la partie opposée du ciel et souffle plutôt du NE. (tableau n° 25V
La prépondérance du vent SO. se fait remarquer aussi dans les couches inférieures de l'atmosphère, d’après les indications de l'anémomètre, et l'on voit un petit écart vers l'OSO. aux mois de juin et de juillet; mais les vents de la partie opposée du ciel, quoique plus
itt SUR LA PHYSIQUE DU GLOBE.
nombreux au printemps, ne le sont jamais autant que les vents de sud-ouest: les minima aussi sont moins prononcés (tableau n° 2 i).
On peut donc conclure delà qu’en passant vers les régions inférieures, les mutations des vents restent à peu près les mêmes. Dans les régions supérieures, qui sont celles des nuages pour nos observations directes ( tableau n"23), le maximum annuel se trouve représenté par 5318, tandis que les deux minima voisins n'ont pour valeurs que 31 4 et 706 ; et le deuxième maximum op|>osé est rie 1678. le maximum SO et le minimum ESE. sont dans le rapport numérique de H à 1 environ.
Quand on prend l<» courants près de la terre, et qu'on les observe à l'aide des girouettes, on trouve, pour les deux maxima, 16357 et 6273 (tableau n» 24): et. pour les minima, 2661 et 2590 au SSE. et au NXO. Le rapport du plus grand de ces nombres au plus |>elit, est de 16537 à 25!H). ou de 6 à 1 à peu près, il n’est donc que la moitié de celui trouvé précédemment par les nuages.
L'anémomètre d'Osler donne le nioven d’estimer, avec assez d’exactitude, l'intensité relative des vents; à partir rie 1850, on a même pris la précaution d'en déterminer la valeur absolue par des expériences; M. l'ingénieur Beaufort. qui se trouvait alors comme aide à l’Observatoire, fit les expériences et les calculs. I)'une autre part, dans un mémoire sur la corrélation des hauteurs du baromètre et de la pression des vents, inséré dans le tome XXVI des Mémoires couronné* et des savants étrangers de l’Académie royale de Belgique, M. Montigny s’est servi des observations faites à l’Observatoire avant cette époque, et a réduit en kilogrammes les intensités relatives correspondantes aux années 1842-1849: nous donnerons plus loin ces deux séries de résultats. On remarquera, d'après les nombres que nous présentons, pour les seize années depuis 1842 jusqu'à la fin de 1857 (tableau n* 8), que le maximum s’est manifeste de décembre à janvier et le minimum six mois après, vers juin et juillet. Cependant un minimum exceptionnel se déclare en septembre, qui est un mois remarquable dans notre pays. Le rapport du maximum au minimum est de 238 à 1 31 , si l'on compare décembre à juin ; cl de 238 à 1 22 ou de 2 à 1 , si l'on compare décembre au mois tout exceptionnel de septembre.
Les variations annuelles de la force du vent sont très-sensibles aux différentes époques . aussi faut-il au moins seize années d'observations pour se faire une idée un peu exacte de leur marche pendant les différentes saisons (tableau n» 8). On pourra reconnaître également que les variations sont très-sensibles dans le jour, d'après les tableaux n“ 23 et 26 que nous donnons plus loin pour indiquer les variations diurnes de l’intensité du vent.
/ ariations horaires. — Le placement de l'anémomètre d'Osler, à la fin de 1841, permit de commencer, dès l'année suivante, des observations horaires sur la direction et la force du vent. Ces observations, qui s'inscrivent d’une manière continue, ont été recueillies.
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d après la valeur moyenne, d'heure en heure pendant cinq années: et, plus tard, de deux en deux heures seulement.
On pourra voir, à l'inspection de la première série d’observations, faites d'heure en heure pendant les cinq années de 1842 à 1846 (tableau 11 “ 25), que l'intensité a suivi une marehe périodique extrêmement régulière, en passant d'une année à l'autre. De minuit à 2 heures du malin, l'intensité du vent présente un minimum ; sa valeur croit très-légèrement jusqu'à 6 heures; puis elle augmente sensiblement, et à midi, elle atteint son maximum. Celle dernière quantité est au minimum dans le rapport de 0,58 à 0,32. L'intensité du vent diminue ensuite; et, à l'instant de la nuit tombante, il lui reste peu de chemin à parcourir pour arriver à son minimum, qui se présente, comme nous l’avons dit. de minuit à une heure.
D'après la seconde série, pendant les années de 1847 à 1852 inclusivement (tableau n« 26), les observations, avons-nous dit, n’étaient recueillies qui; de deux en deux heures. On voit encore que, de 8 heures du soir à 6 heures du matin, l'agitation de l'air était au point le plus faible, et à peu près uniforme: seulement vers le milieu de la nuit, la courbe avait plutôt un petit mouvement en sens inverse de celui que présentait la courbe dis cinq années précédentes: pour le reste, sa marche était la même et le maximum était atteint vers midi.
On peut donc avancer que, pendant la durée des nuits, le vent garde, toutes choses égales, une intensité à peu près uniforme et régulière: il s’élève ensuite et s’abaisse en même temps que le soleil.
Si nous considérons l'influence des mois sur les effets de la variation horaire, nous verrons que le maximum n'a pas une valeur tout à fait constante: pendant les mois les plus froids, il arrive un instant avant midi, et, au printemps, quelque temps après: mais plus généralement il arrive à midi même ( tableaux n“ 26 et 28;.
Le rapport pour la variation d'intensité des vents, entre minuit et midi, est à peu près de 2 à 3 en hiver; tandis qu'il est de I à 2, en été ( tableau n“ 28).
La durée des nuits d’été diminue la période des variations dans sa longueur et dans son amplitude.
L'effet de la période annuelle est surtout sensible |>endant l’hiver : l’air est plus agite pendant cette saison ( tableau n° 26); cependant il se présente deux maxima pour les deux mois placés à son commencement et à sa lin, c’est-à-dire pour novembre et mars. Le minimum semble tomber plutôt en septembre qu'en juin ou avril. Le nombre qui représente la somme des variations diurnes en septembre est 4145. tandis qu'il est 7235 et 72111 pour les mois de mars et de novembre. Du reste, la courbe qui indiquerait les variations diurnes de riutensilé du vent selon les mois, naurait pas une marche bien uniforme.
En prenant les résultats observés de 1847 à 1852, on trouve une courbe à peu prés analogue (tableau n° 26). L'air se montre également plus agite pendant l’biver que pendant toute autre saison ; on ne trouve ici qu'un seul maximum qui arrive en février. La courbe prend une forme plus régulière et semble exprimer mieux les résultats généraux qu'on ne pourrait l'attendre du nombre des observations; le minimum tombe en mars ou en septembre.
Les tableaux précédents montrent donc que des observations de cinq ou six années ne sont pas tout à fait suffisantes pour bien caractériser la nature de la courbe qui indique en général les variations de l'intensité du vent. On peut reconnaître cependant, d'après l'un et l'autre tableau, que la force du vent est plus grande en hiver qu'en été, et qu’en dehors du minimum annuel, il existe un minimum accidentel très-prononcé pour le mois de septembre, qui ne se lie pas à la ligne des variations annuelles.
Le tableau n" 27 nous montre aassi que, pendant les années de 1842 à 1846,1c maximum pour le vent dominant d’OSO au S , se présentait plutôt dans la matinée ; et que celui du nord et des régions voisines souillait dans l'après-midi.