‹ Sur le physique du globeChapitre 13 sur 169 · MAXIMUM · texte numérisé non relu

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Pendant vingt-cinq années, il ne s’est donc pas présenté un seul mois sans pluie : il est vrai qu’en 1833 la quantité d’enu tombée pendant le mois de mai a été extrêmement faible. Au contraire , au mois d’août 1830, elle s’élevait à 206»”>.39, et formait plus du quart

INTRODUCTION

de lu quantité qu'on peut recueillir en une année. La différence du maximum et du minimum de chaque mois s'accorde encore à montrer que la quantité d’eau tombée croit comme les ordonnées d'une espèce de sinusoïde jusqu'au mois dïioùt pour décroître ensuite jusqu'en février, placé six mois plus loin. La durée des pluies suit une loi totalement inverse comme nous l’avons montré dans le chapitre des pluies du Climat de la Belgique c'est en février et mars que les pluies continues sont les plus longues et en été qu'elles sont les plus courtes.

Quant & l'anomalie que présente septembre, elle se constate en jugeant des quantités de pluie soit par les moyennes mensuelles, soit par la différence des maxima et des minima de chaque mois.

Pour ce qui concerne les heures de pluie pendant le jour, on pourra consulter, dans l'ouvrage sur le Climat de la Belgique, tome II , ce qui a été dit & ce sujet. On verra que c’est de midi ù 3 heures que les pluies commencent le plus fréquemment , quelle que soit la saison. Cependant cette loi est plus prononcée pour l'été que pour l’hiver, et c’est à peu près à douze heures de distance, ou de minuit à 2 heures du matin, que se présente le minimum. De midi à minuit, la prépondérance des pluies est très-manifeste, tant pour le nombre que pour le produit.

Pendant l’hiver , la pluie élève la température normale de deux degrés ; elle l'abaisse d'un peu plus d’un demi-degré au printemps. L’abaissement subsiste encore, bien qu'un peu moindre, en été; puis la température normale est encore dépassée d'un demi-degré en automne. Les pluies en général ne produisent qu'une légère élévation de température qui, sur les résultats annuels, ne dépasse pas 0",43. C’est un point que nous avons examiné avec quelques details dans l'ouvrage susmentionné.

Il est remarquable que la quantité d'eau qui tombe sur la terrasse de l Observatoire , diffère assez sensiblement de celle qu’on obtient sur le sommet d’une des tourelles. Pour la comparaison qu'on se proposait de faire, l’eau est recueillie dans deux udomètres absolument semblables et de mêmes dimensions : elle tombe duns des entonnoirs surmontés d’un tube cylindrique vertical , afin d’éviter les pertes quand il neige ou qu'il grêle. La quantité d'eau qui tombe en plus, sur la plate-forme de l’Observatoire, est d'un cinquième, bien que la différence de hauteur ne soit que de 18 mètres. Malgré quelques écarts accidentels qu’on peut remarquer dans les nombres du tableau n° 50, on voit que la différence est plus grande en hiver cl plus petite en été. On recueille, sur la terrasse, près de la moitié en plus durant les mois froids; ce surplus n’atteint pas '/■ pendant les mois chauds. La différence peut tenir en partie à la lenteur avec laquelle tombent les pluies d'hiver, et â l'évaporation moins forte, qui se fait sur la terrasse. Il peut arriver aussi que, pendant les chutes de neige, les flocons soient enlevés avec plus de facilité par-dessus les bords du récipient

par les rouranls d'air, qui sont plus actifs au sommet des tourelles. Quoi qu'il en soit . les quantités d’eau sont très-inégales aux différentes époques de l’année, mais surtout pendant l’hiver.

7. stBKMI K 1IC CIEL. INDICATION DES NIAGE8, JOI'RS DE TONNERRE.

Depuis <834, on a indiqué soigneusement, quatre fois par jour, l’état des nuages et la sérénité totale du ciel (tableau n» 10'. L'on n’a pas eu égard à la partie plus ou moins découverte, comme dans un des tableaux suivants, où 0 répond à un ciel entièrement couvert, et ou le chilTre <0 représente, au contraire, un ciel entièrement serein (tableau n" 13). Les nombres compris entre 0 et 10 expriment, selon leurs valeurs, les portions plus ou moins grandes des éclaircies.

Par le premier tableau, on voit que sur 1000 observations, faites quatre fois par jour au moins, on en a compté 260 où le ciel était entièrement couvert, et 104 seulement où il était entièrement serein.

Mais si l'on estime de combien la surface du ciel était découverte, on trouve, d'après 16 années d’observations faites de 1842 à 1837 (tableau n" 13), qu’on a vu moyennement le tiers du ciel , c’est-à-dire 3,3 sur 10. Celte valeur est assez exacte, car depuis 1843 jusqu'en <837, le plus grand cl le plus petit nombre, en abandonnant la première année de 1842 comme moins sûre, ont donné 4,0 et 2,7 pour limites extrêmes. Les mois, pour la sérénité du ciel, se sont succédé dans Tordre suivant : septembre 4,3; mai, juin, août, 4,1 : juillet, 5,9; avril. 3,8: mars, 3,6; octobre, 3,3; décembre et février, 2,8; novembre 2.7 ; et janvier, 2.6 seulement. On voit donc que c'est en hiver que le eiel était le moins découvert, qu'il s’éclaircissait en se rapprochant de l’été; mais le mois de septembre se distinguait par sa sérénité plus grande , tandis que le mois de juillet était dans un état contraire. On peut voir, par ee tableau ainsi que par les précédents, que ces deux mois de septembre et de juillet font généralement exception ; l’un se trouve porté au-dessus de la moyenne tandis que l autre reste au-dessous.

Les jours d’orages, d’après les nombres constatés depuis un quart de siècle, ont été pour Bruxelles d’environ quinze par an. Ce nombre se trouve vérifié par l’observation des autres villes du royaume, telles que Louvain, Gand, Alost, Liège, Saint-Trond. Nninur, Slavelol, etc. Il parait cependant qu’il varie parfois d’une manière assez sensible; pendant l'année 1787, on lit qu’on a compté jusqu'à 36 jours d’orage : et , en 1852. le nombre a été tout à fait exceptionnel dans une partie du pays. A Saint-Trond, en effet, on a compté jusqu'à 64 orages : et les localités voisines . surtout vers N’amur . ont été également surchargées, bien que Bruxelles ait à peine ressenti celte anomalie.

INTRODUCTION

R. TABLEAUX CtSÉRAlX DE LA MÉTÉOBOI.OGIE.

La météorologie fait surtout connaître les changements que produisent dans l'atmosphère les v ariations des saisons et celles des heures du jour. Nous sommes loin de prétendre assurément que la science en soit venue au |toint de constater tous les phénomènes dépendants de la succession périodique des temps; mais nous possédons au moins les moyens de déterminer approximativement quelques-unes des variations principales. Nous avons essaye de montrer en quoi les notions actuelles sur la composition de l'atmosphère pourraient nous induire en erreur, si nous voulions les suivre trop exclusivement. Cependant, lorsqu'une science, telle que la météorologie, est près de son berceau, il vaux mieux se rattacher aux connaissances acquises que de rejeter le tout sans examen.

Considérons d’abord les modifications que les saisons font subir aux différents éléments que nous sommes habitués à observer dans l'atmosphère. Mais , pour nous en former une idée un peu précise, il sera bon de nous rappeler avant tout la marche de l'astre qui règle leur succession

Les jours de juin, dans nos climats, sont plus que doubles en longueur des jours de décembre: leur rapport est d'environ lli 1 ' 21»™ à T 1 53 m . Ainsi, vers le solstice d’été, le soleil est sur l’horizon pendant plus des deux tiers du jour; tandis que, vers le solstice opposé, il n’y parait pas même pendant la moitié de ce temps. D'une autre part, le soleil, à l'heure de midi et au solstice d'été , s’élève à une haulrur de plus de 74°; tandis qu'au solstice d'hiver, il n’atteint pas à plus de 27" '/,.

Si nous tenons compte de cette double inégalité, et si nous comparons la lem/téralure moyenne de juillet à celle de janvier, nous trouvons que dans nos climats, ces termes extrêmes sont dans le rapport de 18", 3 à 2“.3:cn les estimant à l'ombre, et dans leurs valeurs moyennes. Un retard d'un mois s'observe ici entre les deux hauteurs extrêmes du soleil et leurs effets thermomélriques; il provient de ce que la chaleur qu'accusent nos thermomètres ne nous provient pas directement du soleil, mais quelle est plutôt celle de l’atmosphère, qui a exigé un temps plus ou moins long pour s'échauffer.

Il faut pour obtenir la température directe, employer d’autres moyens plus précis: il faut s»! serv ir soit de l’aetinomètre d’Herschel , soit du périhéliomètre de Douillet, soit d'autres instruments qui puissent constater immédiatement la chaleur transmise par le soleil. Nous pourrons y recourir bientôt : bornons-nous à mesurer pour l'instant, au moyen du ther-

tij Ce sujet o été traité avec plus d'étendue et de développements , quant aux Variations périodiques et non périodiques de 1a température , dans un éerit que j‘oï iiwéré dans le tome XXVIII des Mémoire* de l'Académie de Belgique.

SUR l,A PHYSIQUE DU GUOBE.

mométre, les effets de la température à l’ombre. Nous verrons, dans la partie qui suivra, les effets produits immédiatement par l'action directe du soleil, comme aussi U» changements qu’y apportent les couleurs qui recouvrent la boule d'un thermomètre.

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